Conférences de l’Hôtel de Ville 2012-2013

Les Conférences de l’Hôtel de Ville sont organisées par l’association de philosophie Aussitôt Dit, en partenariat avec le Centre Max Weber- CNRS (ex Modys), et La Rotonde-Ecole des Mines, avec le soutien financier de la ville de Saint-Etienne. 

Conférence n° 5 :

ces gestes qui nous humanisent…

17 avril 2013, à 19 Heures, Hôtel de Ville, salle 119,

Yves Citton parlera de ses deux livres récents : « Renverser l’insoutenable » (éditions du Seuil) et « Gestes d’humanitésAnthropologie sauvage de nos expériences esthétiques »  (éditions Armand Colin).

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(photo copyright E. Marchadour)

Dictature des marchés, inégalités sociales, catastrophes environnementales : à ces pressions insoutenables qui nous assaillent de toutes parts, à cette politique du pire, Yves Citton esquisse une alternative qui prendrait la forme d’une politique du geste.

Nos gestes en effet en savent et en font plus que nous. Situés à l’interface entre nous et les autres, ils font émerger, à travers nous, des processus qui dépassent nos intentions et notre rationalité conscientes. Visibles pour autrui, ils insèrent leur mouvement dans une dynamique collective. Ils ouvrent des perspectives capables de repousser les limites de la réalité.

Dans une époque marquée par la prolifération incontrôlée des programmations déshumanisantes, ces gestes, et les inflexions qu’ils rendent possibles, préservent les chances de notre humanisation.

Yves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble III ; co-directeur de la revue Multitudes, il a notamment publié Mythocratie : storytelling et imaginaire de gauche (Editions Amsterdam, 2010), L’Avenir des humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ? (La Découverte, 2010), Zazirocratie. Très curieuse introduction à la biopolitique et à la critique de la croissance (Editions Amsterdam, 2011).  

Rencontre animée par Roland Boully, comédien.

Conférence n°4 : 

science et politique : une si longue histoire…

Jeudi 28 mars 2013, à 19 heuresHôtel de Ville, salle Aristide Briand :

Nicolas Witkowski, à propos de son livre : « Science infuse, dictionnaire politique de la science » (Éditions Don Quichotte, 2013)

Réchauffement climatique, scandale sanitaire, OGM, catastrophe nucléaire : la science et la technique sont devenues des questions pleinement politiques, tandis que la « technoscience » vient interroger les concepts moraux les mieux ancrés. Pourtant on se résigne souvent à « n’y rien comprendre » laissant par là le champ libre aux lobbies de la technologie et aux pires bluffs scientifiques.

Ce dictionnaire vise moins à « faire passer de l’information » qu’à donner des outils  pour dégonfler les prétentions excessives de la technoscience, et découvrir derrière le jargon savant des notions et des façons de penser d’une merveilleuse simplicité.

De «ADN» à «zéro absolu », tout le domaine de la science et de la technologie se révèle alors non seulement comme digne d’être exploré mais aussi comme un incomparable tremplin pour l’imagination, où l’on peut pénétrer sans crainte.

Nicolas Witkowski, physicien et journaliste, éditeur et écrivain, est l’auteur de nombreux ouvrages visant à une approche désacralisée et ludique des sciences. Entre autres : L’État des sciences et des techniques (La Découverte, 1991) ; (avec Sven Ortoli) La Baignoire d’Archimède. Petite mythologie de la science (Le Seuil, 1996) ; Dictionnaire culturel des sciences (Éditions du Regard, 2001) ; Une histoire sentimentale des sciences (Le Seuil, 2005) ; Petite métaphysique des jouets (La Martinière, 2011).

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Conférence n°3 :

oeuvres de la culture et formes de vie…

Jeudi 21 mars 2013, à 19 h  Hôtel-de-Ville, salle 119 :

Martine  de Gaudemar, à propos de son livre   » La voix des personnages »  (Éditions du Cerf ,2011)

Médée est plus qu’une mère infanticide, Don Juan plus qu’un grand seigneur méchant homme, Cléopâtre plus qu’une reine séductrice. Ces personnages donnent une voix particulière à des dispositions universelles (rebelles, séductrices, sacrificielles). En incarnant un monde possible ou désirable, ils nous posent la question : Quel monde voulons-nous ? Ils nous insufflent leur énergie, leur désir de vivre. À nous, comme l’ont fait naguère Mozart ou Shakespeare, d’entendre leur exigence de reconnaissance, de mesurer le poids de tradition qu’ils transmettent, mais aussi les possibilités d’existence qu’ils ouvrent en montrant diverses « formes de vie ». Les personnages vivent dans une aire transitionnelle, entre l’intime et le collectif. Virtualités agissantes qui prennent corps dans les songes, les œuvres d’art, les textes littéraires, au cinéma aujourd’hui, ces « individualités typiques », tissent notre imaginaire partagé ; ils nous offrent un nouveau « cogito » qui réhabilite la vie sensible et affective.

Martine de Gaudemar, ancienne élève de l’École normale supérieure (Paris), est professeure de philosophie à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense ; elle est membre de l’Institut universitaire de France.

Elle a publié Leibniz. De la puissance au sujet (Vrin, 2002).

Rencontre animée par Serge Gaubert, professeur émérite de Lettres à l’université de Lyon II.

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Conférence n°2 :

le féminisme en débats…

Jeudi 7 février 2013, à 19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand :

 Martine Chaponnière et Silvia Ricci Lempen à propos de leur livre « Tu vois le genre ? Débats féministes contemporains »   (Éditions d’En bas, 2012)

De nos jours, se dire féministe et agir en conséquence implique de se positionner entre des tendances contradictoires et de s’attaquer à des problèmes qui peuvent paraître inextricables, parce qu’ils mettent en question la définition même de l’humain. Au-delà des revendications aux résultats tangibles (le droit de vote, le droit d’ouvrir un compte en banque, ou même l’interruption de grossesse), les auteures de ce livre entendent explorer les implications véritables de l’égalité dans un monde plus complexe, à travers en particulier les théories contemporaines de l’égalité, la différence sexuelle, la parité et les quotas, la division sexuelle du travail, le post-féminisme, la violence envers les femmes, le féminisme post-colonial, les sexualités non hétérosexuelles, l’amour …

Martine Chaponnière, docteure en sciences de l’éducation, est chargée de cours à l’Université de Genève. Elle a publié, entre autres, avec Corinne Chaponnière :La Mixité des hommes et des femmes,(In folio, 2006).

Silvia Ricci Lempen est journaliste, a publié de nombreux ouvrages  sur les questions féministes ; comme romancière, elle est aussi l’auteure de : Un homme tragique (L’Aire, 1991) ; Le sentier des éléphants (L’Aire, 1996) ; Avant  (L’Aire, 2000).

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Conférence n°1 :

Dans l’autoportrait…

25 janvier 2013, à 19 heures, hôtel de Ville de Saint-Etienne, salle Aristide Briand,

André Hirt , à propos de son livre sur l’autoportrait : « Ce rien que moi dur et glacial : Hélène Schjerfbeck »   (Éditions Les Belles Lettres (Encre marine) (2012)

Helène Schjerfbeck (1862-1946) a beaucoup peint, surtout une série d’autoportraits dans lesquels elle a étendu, en sa féminité, sa psychè, en ne cessant de la creuser, de la gratter jusqu’à l’os, jusqu’à la manifestation de ce que l’art est refus de la représentation, plutôt appel obstiné en soi de figures venues de rien. En parcourant la série, on songe inévitablement à la mort et à ses signes, alors qu’on doit voir aussi les couleurs tremblantes et toujours désirantes de la vie, par exemple sur les lèvres rouges. Cette peinture incomparable et radicale fait l’objet, dans ce livre – le premier essai consacré en français à Hélène Schjerfbeck -, d’une expérience du regard et d’une tentative de rencontre avec ce que les autoportraits manifestent d’une subjectivité en question jusqu’à la torture, qui a interpellé le spectateur stupéfait et étrangement concerné. Celui-ci s’engouffre à son tour, avec ses moyens philosophiques, dans la vérité inquiète du portrait réel et impossible.

André HIRT est professeur de philosophie en khâgne, aujourd’hui au lycée Faidherbe à Lille, après plusieurs années au lycée Claude Fauriel à Saint-Etienne.

Traducteur de Walter Benjamin, il a publié de nombreux ouvrages, dont : L’idiot musical : Glenn Gould, contrepoint et existence (Kimé, 2006) ; Le poème de la raison. Descartes (Kimé, 2006) ; Le Lied, la langue et l’histoire (Éditions de La Nuit, 2008) ; Un homme littéral : Philippe Lacoue-Labarthe (Kimé, 2009) ;  Baudelaire : le monde va finir (Kimé, 2010) ; L’Écholalie (Hermann, 2011).

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