[Audio] Jean-Michel Besnier

Enregistrement de la conférence du 14 novembre 2013

Jean-Michel Besnier à propos de son livre L’homme simplifié. Le syndrome de la touche étoile. (Éditions Fayard, 2012)

« Appuyez sur la touche étoile », répète le serveur vocal qui contraint son interlocuteur à faire la bête pour être servi. Les machines prétendent nous simplifier la vie ; elles réduisent aussi nos comportements à la logique de leur fonctionnement dépourvu d’ambiguïté, d’ironie ou d’émotions. Cette déshumanisation est d’autant plus redoutable qu’elle est insidieuse. À « l’homme simplifié » que nous consentons à devenir, au gré des conceptions scientifiques et des innovations techniques, il convient d’opposer une révolte d’un nouveau style : la revendication que seule porte encore la littérature de la complexité et de l’intériorité de l’homme comme le signe de sa liberté.

Jean-Michel-BesnierJean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), appartient au Centre de recherches en épistémologie appliquée (CREA) (laboratoire du CNRS et de l’École polytechnique axé sur les sciences cognitives), collabore à la revue Hermès et au magazine Sciences et Avenir.  Il a publié entre autres : Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (Grasset, 1993), L’humanisme déchiré (Descartes et Cie, 1993), Peut-on encore croire dans le progrès ? (avec Dominique Bourg, PUF, 2000), Demain, les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette-Littératures, 2009).

Débat animée par Christine Berton, CCSTI La Rotonde

[Audio] Yves Citton

Enregistrement de la conférence du 17 avril 2013

Yves CITTON à propos de ses livres Renverser l’insoutenable (ed. Seuil 2012), et Gestes d’humanité. Anthropologie sauvage de nos expériences esthétiques. (ed. Armand Colin, 2012)

Dictature des marchés, inégalités sociales, catastrophes environnementales : à ces pressions insoutenables qui nous assaillent de toutes parts, à cette politique du pire, Yves Citton esquisse une alternative qui prendrait la forme d’une politique du geste.

Nos gestes en effet en savent et en font plus que nous. Situés à l’interface entre nous et les autres, ils font émerger, à travers nous, des processus qui dépassent nos intentions et notre rationalité conscientes. Visibles pour autrui, ils insèrent leur mouvement dans une dynamique collective. Ils ouvrent des perspectives capables de repousser les limites de la réalité.

Dans une époque marquée par la prolifération incontrôlée des programmations déshumanisantes, ces gestes, et les inflexions qu’ils rendent possibles, préservent les chances de notre humanisation.

Yves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble III ; co-directeur de la revue Multitudes, il a notamment publié Mythocratie : storytelling et imaginaire de gauche (Editions Amsterdam, 2010), L’Avenir des humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ? (La Découverte, 2010), Zazirocratie. Très curieuse introduction à la biopolitique et à la critique de la croissance (Editions Amsterdam, 2011).  

Rencontre animée par Roland Boully, comédien.

[Audio] Bernard Lahire – Dans les plis singuliers du social. Individus, Institutions, Socialisations

Enregistrement de la conférence du Jeudi 24 avril 2014

Bernard Lahire autour de son livre : « DANS LES PLIS SINGULIERS DU SOCIAL. INDIVIDUS, INSTITUTIONS, SOCIALISATIONS » aux éditions La Découverte (2013).

Dans ce livre conçu pour rendre plus largement visible le sens général de son travail, Bernard Lahire soumet à la critique les discours sur la « montée de l’individualisme » et la figure de l’homme « libre et autonome », au cœur de nos mythologies contemporaines. Il y expose aussi les raisons de l’exclusion de l’individu du champ des sciences sociales et la manière dont il est possible de sortir de raisonnements erronés pour faire de l’individu singulier un véritable objet sociologique en tant qu’être en permanence socialisé. Il conclut par un dialogue avec les sciences cognitives : à la lumière des phénomènes de plasticité cérébrale, elles nous rappellent que les individus ne perçoivent, ne pensent ou n’agissent  qu’en tant que dépositaires de l’ensemble des formes d’expérience déterminées par leurs places et leurs situations dans le monde social.

Bernard Lahire est professeur de sociologie à l’École normale supérieure de Lyon. Il est l’auteur entre autres de L’Homme pluriel. Les ressorts de l’action (Nathan, 1998), La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi (La Découverte, 2004), Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (La Découverte, 2010), Monde pluriel. Penser l’unité des sciences sociales (Le Seuil, 2012).

Rencontre animée par Philippe Foray, professeur de sciences de l’éducation à l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne.

[Audio] Le féminisme en débats

Enregistrement de la conférence du Jeudi 7 février 2013

Martine Chaponnière et Silvia Ricci Lempen à propos de leur livre « Tu vois le genre ? Débats féministes contemporains »   (Éditions d’En bas, 2012)

De nos jours, se dire féministe et agir en conséquence implique de se positionner entre des tendances contradictoires et de s’attaquer à des problèmes qui peuvent paraître inextricables, parce qu’ils mettent en question la définition même de l’humain. Au-delà des revendications aux résultats tangibles (le droit de vote, le droit d’ouvrir un compte en banque, ou même l’interruption de grossesse), les auteures de ce livre entendent explorer les implications véritables de l’égalité dans un monde plus complexe, à travers en particulier les théories contemporaines de l’égalité, la différence sexuelle, la parité et les quotas, la division sexuelle du travail, le post-féminisme, la violence envers les femmes, le féminisme post-colonial, les sexualités non hétérosexuelles, l’amour …

Martine Chaponnière, docteure en sciences de l’éducation, est chargée de cours à l’Université de Genève. Elle a publié, entre autres, avec Corinne Chaponnière :La Mixité des hommes et des femmes,(In folio, 2006).

Silvia Ricci Lempen est journaliste, a publié de nombreux ouvrages  sur les questions féministes ; comme romancière, elle est aussi l’auteure de : Un homme tragique (L’Aire, 1991) ; Le sentier des éléphants (L’Aire, 1996) ; Avant  (L’Aire, 2000).