Les ateliers d’Aussitôt dit 2011-2012

Les ateliers de réflexion et de recherche d’Aussitôt dit, ont lieu à 18 h30 à la maison des Associations, 4 rue André Malraux, St-Etienne, aux dates indiquées ci-dessous (entrée libre et gratuite).

saison 2011-2012 :

–  Cycle d’étude suivie d’une oeuvre animé par Denys Barau, docteur en études politiques :

le Contrat Social, de Jean-Jacques Rousseau.

– mercredi 9 novembre 2011, 18h30

– exposé récapitulatif sur la lecture de l’an dernier : De la liberté des Anciens comparé à celle des Modernes (B.Constant)

– présentation générale du Contrat social et organisation du travail de l’année.

– lundi 12 décembre 2011, 18h30

– lecture du Contrat social, Livre I, préambule et chapitres 1 à 3

– lundi 16 janvier 2012, 18h30

– lecture du Contrat social, Livre I, chapitres 4 à 6

– lundi 27 février 2012, 18h30

– lecture du Contrat social, Livre I, chapitres 7 à 9

lundi 12 mars 2012, 18h30  

– lecture du Contrat social, Livre II, chapitres 1-5  

-lundi 2 avril 2012, 18h30  

– lecture du Contrat social, Livre II, chapitres 6-7

– lundi 14 mai 2012, 18h30

– lecture du Contrat social, Livre II, chapitres 8-12

– lundi 11 juin 2012,18h30

–  lecture du Contrat social, Livre III, chapitre 1

– Jeudi 26 janvier 2012, 18h30

Arnaud Zohou, directeur du CCSTI La Rotonde

L’Odeur d’âme. À propos du vaudou au Bénin.

« Oubliez.

Voilez les images qui vous hantent lorsque ce mot « vaudou / vodoun » est prononcé.
L’effort requis n’est pas donné : se déprendre d’un imaginaire dominant, constitué de sorcellerie, de bave et de sang, de poupées et de zombies. Mais c’est à ce type d’effort de la part de l’écoutant, que le vodoun dont nous allons parler nous convie.
Un vodoun envisagé comme un système ouvert et mouvant de pensée, une pensée organisée, pertinente, moderne et puissante. C’est-à-dire, non une pensée lointaine – ancienne et exotique – relevant de l’ethnologie principalement, mais une pensée vivace et effective, relevant d’abord de la philosophie. Avec la difficulté qu’il n’existe pour le vodoun ni texte fondateur ni canon liturgique, mais une expression quotidienne de cette pensée tenace. » Arnaud Zohou.

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archives :

saison 2010-2011 : PHILOSOPHIE POLITIQUE

Cycle d’étude de texte animé par Denys Barau, docteur en études politiques – autour du texte de Benjamin Constant – De la Liberté des Anciens comparée à celle des Modernes

Texte disponible en livre de poche : Benjamin Constant, Ecrits politiques, coll. Folio, ou De l’esprit de conquête et de l’usurpation, coll.Garnier-Flammarionou encore, sur Internet : Gallica (dans OEuvres politiques de Benjamin Constant, édition Louandre).

1e séance – 17 novembre 2010, à 18 h30, Maison des Associations, 4 rue André Malraux

– Présentation de l’oeuvre politique de Benjamin Constant

– Organisation des séances suivantes

2e séance – 14 décembre 2010, à 18h30, Maison des Associations, 4 rue André Malraux

– Thème : la différence entre liberté des anciens et liberté des modernes

– Référence dans le texte : depuis : « Demandez-vous d’abord, Messieurs, ce que, de nos jours… », jusqu’à « l’individu s’était en quelque sorte perdu dans la nation, le citoyen dans la cité. »

3e séance – 18 janvier 2011, à 18h30, Maison des Associations, 4 rue André Malraux

– Thème : les types de société qui y correspondent.

– Référence dans le texte : depuis : « Nous allons actuellement remonter …. » jusqu’à « … ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances »

4e séance – 22 février 2011, à 18h30, Maison des Associations, 4 rue André Malraux

– Thème : origine et effets de la confusion entre les deux libertés.

– Référence dans le texte : depuis : « J’ai dit en commençant… » à « … ce qui fit que, peu de temps après, on livra aux lions les premiers chrétiens »

5e séance – 5 avril 2011, à 18h30, Maison des Associations, 4 rue André Malraux

– Thème : liberté des modernes et gouvernement représentatif.

6e séance –19 avril 2011, à 18h30, Maison des Associations, 4 rue André Malraux

– Thème : solidarité des deux libertés et nécessité de les combiner

7e séance – 23 mai 2011, à 18h30, Maison des Associations, 4 rue André Malraux

– Thème : la destinée de l’humanité : non pas le bonheur, mais le perfectionnement.

les ateliers d’aussitôt dit 2010

Les ateliers de réflexion et de recherche se déroulent à la Maison des associations, 4 rue André Malraux à St-Etienne. Ils sont accessibles gratuitement,  ainsi que le cours  cours public et les conférences de l’hôtel de ville. Les séances ont lieu à 18 h30.

Jeudi 6 mai 2010 – à 18h30

Atelier animé par Damien TISSOT

INTRODUCTION  A L’OEUVRE   DE   JUDITH  BUTLER


programme de janvier à mai 2010 :

Approfondissement de la réflexion autour du Léviathan de Hobbes, atelier animé par Denys Barau, docteur en études politiques, président de l’association Aussitôt dit :


Calendrier des séances :

Mardi 26 janvier 2010 : l’introduction du Léviathan

Mardi 23 février 2010 :  textes sur la loi naturelle (ch.14 et 15)

Lundi 29 mars 2010  : textes sur l’institution de l’Etat (ch.16-17)

Lundi 26 avril 2010 : textes sur la liberté (ch.6 et 21)

Jeudi 27 mai 2010 : textes sur la religion (à définir)

Les références exactes des textes sur lesquels portera plus précisément la séance seront données ultérieurement.

On travaillera sur la traduction de Philippe Folliot, accessible sur Internet. Le texte anglais est également disponible sur Internet.

Les ateliers de réflexion et de recherche 2010

Atelier de lecture du Leviathan de Thomas Hobbes, animé par Denys Barau, docteur en Études  politiques

Mardi 26 janvier 2010, à 18h30 Maison des associations, 4 rue André Malraux – Saint-Étienne  –

1ère séance

– présentation du livre et de l’oeuvre de Hobbes

– établissement d’un programme de travail

– étude d’un premier texte (à déterminer)

Au cours de la 1e séance, le 26 janvier 2010 le calendrier suivant a été établi :

Mardi 23 février 2010   textes sur la loi naturelle (ch.14 et 15) (voir le programme de la séance ci-dessous)

Jeudi 18 mars 2010   textes sur l’institution de l’Etat (ch.16-17)

Lundi 26 avril 2010  textes sur la liberté (ch.6 et 21)

Jeudi 27 mai 2010  textes sur la religion (à définir)

Toutes les séances ont lieu à partir de 18h30  à la Maison des Associations, 4 rue André Malraux – 42 000 Saint-Etienne.

Les références exactes des textes sur lesquels portera plus précisément la séance seront données ultérieurement.

On travaillera sur la traduction de Philippe Folliot, accessible sur Internet. Le texte anglais est également disponible sur Internet.

Programme de la séance du 23 février

Elle portera sur les chapitres 14 et 15 ; ces deux chapitres étant très dépendants du chapitre 13 sur lequel a porté le cours de Franck Roche, il serait bon d’avoir relu également ce chapitre avant la séance.

L’étude portera plus spécialement sur :

–         chapitre 14 :

  1. Du début à  « Si bien que la loi et le droit diffèrent autant que l’obligation et la liberté qui, pour une seule et même chose, sont incompatibles ».
  2. De « De cette fondamentale loi de nature qui ordonne aux hommes de s’efforcer à la paix » à « de réduire d’autant les obstacles à l’usage de son propre droit originaire ».
  3. De « Toutes les fois qu’un homme transmet son droit » à « mais qu’il était ignorant de la façon dont de telles paroles et de telles actions seraient interprétées ».
  4. De « La force des mots étant (comme je l’ai précédemment noté) trop faible » à « même si elle est confirmée par un serment ».

–         chapitre 15

  1. Du début à « et c’est alors aussi que commence la propriété ».
  2. De « La question de savoir qui est le meilleur n’a pas sa place dans l’état de simple nature » à « c’est-à-dire un désir d’avoir plus que sa part ».
  3. De « Les lois de nature sont immuables et éternelles » à la fin.

Toutes ces références, comme convenu, renvoient à la traduction de Philippe Folliot, disponible sur Internet.

De façon à situer ces passages dans leur contexte, j’essaierai de donner un aperçu synthétique du plan de ces deux chapitres.

Programme de la séance du 29 mars

Elle portera sur les chapitres 16 et 17, et plus particulièrement sur les extraits suivants :

chapitre 16 :  1) le début du chapitre juqu’à « avec l’autorisation de celui dont c’est le droit » (4 paragraphes) ; 2) à la fin du chapitre, depuis : « Une multitude d’hommes devient une seule personne… » jusqu’à « … de gouverner une multitude, surtout en temps de guerre ».

chapitre 17 :  1) 4e paragraphe : « Et aussi grande que soit jamais une multitude… » à « parce que la paix existerait sans sujétion » ; 2)  §6-12 : de « Il est vrai que certaines créatures vivantes … » à « …pour diriger leurs actions vers l’intérêt commun » ; 3) les 3 derniers paragraphes : depuis « La seule façon d’ériger un tel pouvoir commun… » jusqu’à la fin.

Toutes ces références, comme convenu, renvoient à la traduction de Philippe Folliot, disponible sur Internet.

Programme de la séance du 26 avril 2010

Première séance sur la théorie de la liberté : la liberté en général,

à partir de 3  extraits :

1) chap.21 : les 2 premiers paragraphes

2) chap.6 : de : « Quand, dans l’esprit de l’homme, des appétits et des aversions, des espoirs et des craintes concernant une seule et même chose se présentent alternativement » à « mais aussi celles qui ont leur commencement dans l’aversion, ou la crainte des conséquences qui suivent l’omission, sont des actions volontaires. » (6 paragraphes)

3) chap.21 : de : « La crainte et la liberté sont compatibles » à « Et cela suffira, quant à la question qui nous intéresse, sur cette liberté naturelle, qui seule est proprement appelée liberté » (2 paragraphes)

Toutes ces références, comme convenu, renvoient à la traduction de Philippe Folliot, disponible sur Internet.

Programme de la séance du 27 mai 2010

Seconde séance sur la théorie de la liberté : la liberté politique :

à partir de 4 extraits du chap.21

1) de : « La liberté qui est si fréquemment mentionnée et avec tant d’honneur » à « que rien n’a jamais été payé si cher que l’apprentissage par l’Occident des langues grecque et latine » (2 paragraphes)

2) de : « Mais de même que les hommes, pour parvenir à la paix et par là se conserver eux-mêmes, ont fabriqué un homme artificiel » à « d’éduquer leurs enfants comme ils le jugent bon, et ainsi de suite » (2 paragraphes)

3) de « Pour en venir maintenant aux détails de la véritable liberté d’un sujet » à « alors nous n’avons aucune liberté de refuser. Sinon, nous l’avons. » (6 paragraphes)

4) le paragraphe, commençant par : « Si un sujet a un litige avec son souverain. »

Toutes ces références, comme convenu, renvoient à la traduction de Philippe Folliot, disponible sur Internet.

 

Programme de la séance du 21 septembre 2010

Séance sur la théorie de la religion – à partir des chapitres 12 et 32.

On travaillera plus particulièrement sur les extraits suivants :

– chapitre 12

1) de :  » Etant donné qu’il n’y a de signes et de fruits de la religion que chez l’homme » à « et de ce fait donne occasion d’imaginer autant de dieux qu’il y a d’hom­mes qui les imaginent. »

2) de : « Et pour ce qui est de la matière ou substance des agents invisibles ainsi imaginés » à « des cérémonies si différentes que celles qu’un homme pratique sont pour l’essentiel ridicules aux yeux d’un autre. »

3) de : « Car ces germes ont été cultivés par deux sortes d’hommes » à « par qui les lois du royaume de Dieu nous sont parvenues. »

4) de : « Mais là où Dieu lui-même, par une révélation surnaturelle, implanta la religion » à  »

j’ai consacré un autre endroit [à ce sujet], dans la suite du discours (chapitre XXXV). »

5) de : « Car, vu que toute religion constituée est fondée en premier lieu sur la foi qu’une multitude a en une personne unique » à « avant qu’ils n’accordent intimement, du fond du cœur, leur assentiment. »

– chapitre 32

1) de : « Jusqu’ici, j’ai fait dériver les droits du pouvoir souverain » à « soit à notre ratiocination erronée. »

2) de : « Donc, quand quelque écrit de cette sorte est trop difficile pour que nous l’examinions » à « même si l’esprit est totalement incapable de produire une quelconque notion à partir des mots prononcés. »

Toutes ces références, comme convenu, renvoient à la traduction de Philippe Folliot, disponible sur Internet.


Ateliers de philosophie 2009

ATELIERS DE PHILOSOPHIE (accès libre et gratuit, Maison des associations, 4 rue André Malraux) : ATTENTION, les ateliers sont inversés par rapport aux dates prévues !!!

– Laurent Chapuis, professeur de philosophie, fera un cours d’introduction à la lecture du TRACTATUS LOGICO-PHILOSOPHICUS de Wittgenstein, le 7 mai à 18h30.

– Julie Ferron, doctorante en philosophie du droit, le 20 mai à 18h30, présentera sa thèse.

Les ateliers durent deux heures environ.

Atelier : LA CAUSE DES GRECS. Une histoire du mouvement philhellène (1821-1829)

Le 15 janvier 2008 à 18h30 Maison des associations

Denys BARAU, archiviste, docteur en études politiques (EHESS), présentera sa thèse

LA  CAUSE  DES  GRECS. Une histoire du mouvement philhellène (1821-1829)

En voici le résumé :

Mouvement de soutien aux Grecs soulevés contre l’occupation ottomane en 1821, le philhellénisme, qui s’est développé en Europe et aux Etats-Unis, a été la première intervention d’envergure des sociétés, ou des opinions publiques, dans une affaire de politique internationale. Foncièrement politique – il s’agissait de l’indépendance d’un pays –, il a mobilisé aussi des ressorts religieux, philanthropiques et culturels. Dans les insurgés grecs on pouvait voir tout ensemble des opprimés se libérant des chaînes du despotisme, des chrétiens défendant leur foi, des êtres humains luttant pour survivre et, ce qui n’était pas le moindre, les descendants des Grecs de l’Antiquité recouvrant leur héritage.

La thèse s’attache d’abord à décrire la dynamique d’ensemble du mouvement : les centres d’initiatives, les formes qu’a empruntées la mobilisation et les moyens qu’elle a mis en œuvre, les dimensions et les limites de son déploiement. Elle en analyse aussi la référence insistante à l’opinion publique, l’inscription dans les conjonctures politiques des différents pays et dans l’histoire des sociabilités politiques. Un second versant de l’enquête  met ensuite l’accent sur la portée d’expérience personnelle de la participation à cette mobilisation. Après avoir examiné les modes d’appartenance au mouvement (signes, rôles, visibilité), on distingue les investissements plus diffus des « philhellènes de l’arrière » de l’expérience plus radicale des « philhellènes du front ». Les premiers, de loin les plus nombreux, se sont contentés de donner, à distance, de leur argent ou de leur temps, de mettre au service de la cause leur notoriété ou leur talent. On s’est interrogé à leur sujet sur les rapports entre implications personnelles et injonctions collectives, sur les registres de la personnalité qui se sont trouvés engagés, et sur la manière dont la cause des Grecs a pu s’inscrire dans certaines trajectoires biographiques, comme celle de Jeremy Bentham ou de Louis-Philippe d’Orléans, de Chateaubriand et de Victor Hugo, de Claude Fauriel ou de l’homme d’affaire genevois Jean-Gabriel Eynard. Ceux qui ont voulu aller soutenir les Grecs sur le terrain, en personne, et dont Byron est évidemment le plus illustre, ont été beaucoup moins nombreux. Leur expérience est appréhendée à travers, d’une part, les deux moments critiques du départ et du retour, et, de l’autre, les deux aspects du voyage dans un pays en révolution et de la participation à la guerre. Sous ces deux rapports l’expérience a été rude : beaucoup y ont même laissé la vie, peu ont échappé à la déception devant une réalité grecque bien éloignée de l’image qu’ils s’en étaient faite et où ils peinaient à trouver leur place.

Expériences décevantes, mouvement enthousiaste. Le contraste est emblématique du romantisme qui a imprégné cette figure précoce d’un phénomène caractéristique de notre modernité, dont les avatars, depuis, ont été multiples : la volonté d’agir dans l’histoire, en personne et à l’échelle du monde.

Atelier d’Aussitôt dit : « le Je et le Nous » selon L. Binswanger.

Le lundi 14 mai, à 18H30, à la Maison des associations :

Mireille Coulomb, professeur de philosophie, présente un atelier,à partir de sa thèse :

« Subjectivité, intersubjectivité et nostrité selon L. Binswanger »
La nostrité est la traduction de la Wirheit allemande, le « Nous ».

Voici un résumé de la thèse :

Ce travail s’attache à la lecture des œuvres de Ludwig Binswanger, psychiatre clinicien, né en 1881 et mort en 1966. Nous nous référons particulièrement à la réédition depuis 1993 des usgewählte Vorträge und Aufsätze en allemand, ainsi qu’aux différentes œuvres traduites en français.

Une première partie aborde la relation intersubjective comme fondement du concept de subjectivité. La question de la folie oblige à repenser le « sujet » depuis Descartes. La conception de la subjectivité comme « substance pensante » puis comme « sujet transcendantal » au sens kantien peuvent apparaître comme des impasses, ne pouvant rendre compte de la pathologie de la psychose. La phénoménologie offre des outils théoriques au psychiatre, sans décrire pourtant l’essence de la maladie comme inflexion insigne de l’existence.

Binswanger dans ses premiers textes des années 1920, se réfère de manière privilégiée à Husserl, pour affirmer que la folie est un phénomène et non un symptôme et tenter de comprendre moins la maladie que le malade. Les concepts d' »histoire intérieure de la vie », de « style » et de « caractère » permettent la description phénoménologique du comportement psychotique, comme résultat d’une histoire individuelle qui ne parvient plus à constituer le moi dans son ipséïté. L’individualité psychotique conduit à reposer la question de la norme à la fois nécessaire pour penser l’anormalité et dangereuse si elle se réduit au diagnostique d’exclusion.
Binswanger permet de comprendre l’idios Kosmos de la pathologie comme retrait par rapport aux autres et place au centre de ses descriptions la relation avec autrui. Ainsi les références à Heidegger qui deviennent prégnantes dans les années 1930 (et pendant plus de vingt-cinq ans) lui font décrire l' »être-au-monde » du malade comme un être-au-monde solitaire, s’opposant au koïnos Kosmos de tous. Le monde quotidien de la préoccupation est lui-même infléchi dans le sens d’une incompréhension du familier.

Ainsi Binswanger peut décrire dans son œuvre maîtresse, les Grundformen und Erkenntnis menschlichen Daseins (1942), ce qu’il nomme la « nostrité » (Wirheit) et qu’il érige en existential. Une deuxième partie de notre travail traite ainsi du « je » par rapport au « nous » en se référant en priorité aux Grundformen und Erkenntnis menschlichen Daseins. Cette œuvre se présente comme une confrontation avec Heidegger qui décrit le Dasein en terme de « souci » et oublie le « Nous » de l’amour. Pour Binswanger il faut distinguer le Nous, non seulement du soi individuel, mais aussi du « on » heideggerien qui réduit l’être-ensemble réciproque au nivellement médiocre et inauthentique. Il entend montrer que le « Nous » de l’amour dépasse même le sens de la sollicitude authentique de Heidegger : il nourrit la possibilité d’une solitude et d’un être-pour-la-mort sans angoisse, de la sérénité au sein de l’absence de fondement, de la grâce d’un « surpassement du monde », de la retraite heureuse dans le silence. Binswanger construit ainsi le concept d’une « rencontre originaire » fondatrice de l’existence, la nostrité s’avérant la condition de possibilité de la subjectivité.

Mais la pathologie ne peut dès lors se comprendre que comme inflexion de la nostrité de l’amour. La description de l’emprise de l’autre qui ne peut être aimante mais tend à réduire l’autre à un instrument donne lieu au concept de « prendre-par » (prendre-par l’oreille) ou « prendre-au » (prendre-au collet, prendre-au-mot). Au contraire l’amour implique un participer ou un prendre-part qui est un partage. Il existe ainsi différents degrés d’inflexions de la rencontre dont la pathologie est le plus dramatique. Dans la fuite des idées maniaque, le malade échoue à répondre à l’autre mais aussi à répondre de l’autre, et réduit le dialogue à une adresse. Le sacrifice pathologique du passage à l’acte révèle un amour infléchi et perverti en son contraire là où le délire paranoïaque est transformation de l’autre authentique en une pluralisation du Tu, et une intrusion horrifiante de l’altérité multiple.

Au contraire la tonalité sereine de l’amour rend possible la description d’une temporalité qui échappe à la préoccupation, l’accueil de l’événement, mais aussi la grâce d’un temps qui devient éternité, comme dans le mouvement infini de la danse.

Mais le primat de la nostrité permet de repenser – c’est l’objet de notre troisième partie – le sens de la chair, de la spatialité et de la langue. La chair (Leib) tout d’abord, s’oppose au corps et se définit comme incarnation d’un existant. Mais elle devient avec Binswanger un existential qui se trouve traversé par le propre et l’impropre et qui doit surtout être articulé avec la rencontre d’une autre chair. Les dimensions charnelles de la danse, de la marche, mais aussi du comportement et de la perception par autrui sont décrites par Binswanger aussi bien lorsqu’elles permettent une véritable rencontre que lorsqu’elles s’infléchissent en rigidité corporelle et échec du contact. La spatialité prend un sens original, Binswanger distinguant espace orienté et espace thymique, en insistant sur ce dernier que Heidegger n’aurait pas décrit. Il met surtout au point le concept de « direction de sens » (Bedeutungsrichtung) particulièrement heuristique pour rendre compte des Stimmungen spatiales (verticalité, horizontalité, profondeur…) qui colorent toute existence. Et là encore, la spatialité trouve son sens le plus fécond dans l’articulation avec le Nous, puisque la pathologie est à la fois appauvrissement et manque de souplesse des directions de sens et impossibilité d’un Nous authentique. La langue enfin apparaît comme le fond commun et nostrique de toute rencontre possible. La poésie est pour Binswanger non seulement la langue de l’amour, mais la parole révélatrice de la rencontre originaire, à l’œuvre dans toute existence authentique. L’image ne peut ainsi s’opposer au récit, la métaphore racontant les origines au sein d’un parler commun reconnu par tous. Le poète dépasse l’angoisse par la confiance et retrouve dans les mots la proportion anthropologique de l’existence.

Les années 1960 voient toutefois les textes de Binswanger opérer un « retour » à Husserl sur lequel porte notre quatrième et dernière partie. Si déjà La Fuite des Idées (1933) et Schizophrénie (1957) annonçaient ce retour, ce sont surtout Mélancolie et Manie (1960), puis Délire (1965) qui l’accomplissent. Pourtant, il apparaît que ces œuvres marquent peut-être plus un retour à Kant qu’à Husserl. Et c’est la lecture du schématisme kantien, et l’influence de celle qu’en fait Heidegger qui inspirent Binswanger. Il importe pour lui de comprendre la genèse de la pathologie dès la perception, et d’insister sur l’imagination et son rôle de synthèse. Mais dès lors, on peut critiquer une reprise de concepts métaphysiques comme la perception, ou d’autres plus obscurs (comme le « désespoir de l’ego »), un retour à la subjectivité transcendantale et se demander ce que devient le Nous dans ce nouveau cadre théorique. Les mêmes cas de malades (comme Suzan Urban par exemple) ont pu donner lieu à une approche plus phénoménologique, et une plus transcendantale. C’est la relecture de la pensée de l’alter ego, que l’on trouve dans Délire, qui nous permet de comprendre les apports et les limites du « retour à Husserl ». La reprise du concept d’intentionnalité permet une pensée de l’intimité (Heimat) que Binswanger produit sans la rendre toujours explicite, articulant la question de l’alter ego à ce que nous nommons une « éthique » fondatrice de tout rapport à l’autre, et dont la psychose serait l’époché.
La prise en compte de ces limites nous conduit à une lecture privilégiée d’un des exégètes de Binswanger : Bin Kimura. Celui-ci en effet conceptualise ce qu’il nomme l’Entre et qui se rapproche du Nous de Binswanger, renouvelant et prolongeant une pensée du sens commun, de la nostalgie et de l’intimité.

TELECHARGER LE RESUME, LE PLAN, LA BIBLIOGRAPHIE :

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Théories contemporaines du sujet et de l’identité : Peer Gynt d’Ibsen.

Atelier de philosophie d’Aussitôt dit

« Une performance de la théorie de l’identité narrative : Peer Gynt d’Ibsen. » L.Chapuis

Séance du jeudi 19 avril 2007, 18h30 à la maison des associations, salle 17 :

On se propose d’introduire notre sujet par une synthèse, copieuse mais nécessaire, tant en suivant le fil des travaux eux-mêmes que pour préparer la lecture de Peer Gynt, des travaux majeurs de Paul Ricoeur, Stéphane Chauvier et de V.Descombes sur la notion de « sujet ». Nous présenterons une brève histoire de l’anti-cogito à partir de textes de Hume et de Nietzsche, puis nous verrons quels sont les arguments conduisant à abandonner une conception éidétique de la subjectivité. Le sujet n’est ni transcendantal, ni anté-prédicatif. Plus exactement, il est « aptitude à former des jugements égologiques », notamment des jugements réflexifs normatifs, et acte de détermination pratique de soi par injonction du soi, autrement dit, aptitude acquise à adopter, à l’égard de son action, le point de vue normatif.

Séance du jeudi 26 avril 2007, 18h30 à la maison des associations, salle 17 :

A partir d’extraits de la pièce d’Ibsen, nous montrerons que Peer Gynt proçède dès 1867 à la mise en place d’un récit qui coïncide presque point par point avec la définition de l’identité narrative présentée par Ricoeur en 1985, et esquivant les critiques contemporaines adressées aux théoriciens de l’identité. Peer Gynt serait l’acte narratif coïncidant avec la théorie de l’identité narrative : le sujet est « dehors », le sujet n’est nulle part ailleurs que dans le récit, et dans la disposition morale de ses relations avec les autres sujets.

Bibliographie :

  • A.Arendt, Condition de l’homme moderne, chapitre V, « L’action », 1ère partie, La révélation de l’agent dans la parole et l’action ». Paris, Calmann-Lévi, 1983. L’agent comme réponse à la question « qui ? ».
  • S.Chauvier, Dire « je », essai sur la subjectivité. Paris, Vrin, 2001. Le sujet comme « mode d’être selon des jugements égologiques » : être sujet, c’est parler à la première personne.
  • V.Descombes, Le complément de sujet. Paris, Gallimard, 2004. Synthèse aristotélico-wittgensteinienne, suite au tournant grammatical de la philosophie du sujet : il y a un « devenir sujet » purement pratique, un exercice à se diriger soi-même.
  • V.Descombes, La denrée mentale. Paris, Minuit, 1995, spécialement chapitre 2.3, 4.2 et 12.3. L’esprit est « dehors », à l’extérieur de l’individu.
  • H.Ibsen, Peer Gynt. Orléans, Éditions théâtrales, 1996.
  • F.Nietzsche, Par-delà bien et mal. Paris, Gallimard, 1971 §16 et §17.
  • F.Nietzsche, Fragments posthumes, t.XIII. Paris, Gallimard, 1977, p.248.
  • P.Ricoeur, Soi-même comme un autre, Préface, « La question de l’ipséité ». Paris, Seuil, 1990, p.11-30.
  • P.Ricoeur, Temps et récit I, « La triple mimésis ». Paris, Seuil, 1983. Le récit comme condition de l’existence temporelle.
  • P.Ricoeur, Temps et récit III, « L’identité narrative ». Paris, Seuil, 1983. « La vie est un tissu d’histoires racontées ».

Les ateliers : la situation du champ de l’argumentation.

Le 8 février 2007, à la maison des associations de St-Etienne :

« La situation actuelle du champ de l’argumentation
L’apport de Chaïm Perelman (1912-1984) « 

Cette séance sera organisée autour d’un auteur sans notoriété médiatique, mais qui a joué un rôle important dans l’essor des études de rhétorique et d’argumentation. Elle est destinée à fournir des informations sur une œuvre soucieuse de répondre aux défis de la modernité grâce aux outils, longtemps délaissés, d’une tradition multiséculaire d’étude des arts du langage. L’objectif n’est pas de fournir la monographie d’un auteur, mais de présenter, à cette occasion, les riches travaux menés, depuis un demi-siècle, dans le domaine de l’argumentation, travaux dont les retombées concernent le droit, les études littéraires, la philosophie, l’histoire, les sciences sociales. La question des rapports entre vérité et opinion, qui est souvent au centre de la démarche des chercheurs, sera abordée avec le souci de prendre en compte les usages courants du langage.

J.-C. Guerrini.

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Plan de l’intervention : plan-intervention-du-8-fevrier.doc

Bibliographie : bibliographie-argumentation.doc