Conférences de l’Hôtel de Ville 2013-2014

 

 

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archives : conférences de la saison 2013-2014 :
CONFERENCE N° 1 :

Jeudi 14 novembre 2013

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

 Jean-Michel Besnier

Jean-Michel-Besnier 

 à propos de son livre :

 » L’HOMME SIMPLIFIE. LE SYNDROME DE LA TOUCHE ETOILE « 

aux  Éditions Fayard (2012)

« Appuyez sur la touche étoile », répète le serveur vocal qui contraint son interlocuteur à faire la bête pour être servi. Les machines prétendent nous simplifier la vie ; elles réduisent aussi nos comportements à la logique de leur fonctionnement dépourvu d’ambiguïté, d’ironie ou d’émotions. Cette déshumanisation est d’autant plus redoutable qu’elle est insidieuse. À « l’homme simplifié » que nous consentons à devenir, au gré des conceptions scientifiques et des innovations techniques, il convient d’opposer une révolte d’un nouveau style : la revendication que seule porte encore la littérature de la complexité et de l’intériorité de l’homme comme le signe de sa liberté.

Jean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), appartient au Centre de recherches en épistémologie appliquée (CREA) (laboratoire du CNRS et de l’École polytechnique axé sur les sciences cognitives), collabore à la revue Hermès et au magazine Sciences et Avenir.  Il a publié entre autres : Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (Grasset, 1993), L’humanisme déchiré (Descartes et Cie, 1993), Peut-on encore croire dans le progrès ? (avec Dominique Bourg, PUF, 2000), Demain, les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette-Littératures, 2009).

Débat animée par Christine Berton, CCSTI La Rotonde

CONFERENCE N° 2 :

jeudi 19 décembre 2013

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Yves Cohen

Yves Cohen
 
à propos de son livre :

« LE SIÈCLE DES CHEFS. UNE HISTOIRE TRANSNATIONALE DU COMMANDEMENT ET DE L’AUTORITÉ (1890-1940) »

aux Éditions Amsterdam (2013)

Pourquoi « le besoin de chef » a-t-il pris une telle ampleur à partir de la fin du XIXe siècle ? Comment la préoccupation pour le commandement a-t-elle circulé d’un domaine à l’autre, de la guerre à la politique et de la politique à l’industrie ? Comment les formes et le langage du commandement sont-ils devenus transnationaux ? Quel rôle ont joué dans ce phénomène les sciences sociales ? Yves Cohen aborde ces questions en articulant l’étude des littératures profanes et spécialisées sur le commandement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et une analyse des pratiques des chefs. En retraçant les actions des ingénieurs et directeurs d’usine et l’exercice du commandement par Roosevelt, Hitler et surtout Staline, il montre l’émergence d’une figure fondamentale pour l’histoire du XXe siècle.

Yves Cohen est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il a publié de nombreux articles et Organiser à l’aube du taylorisme. La pratique d’Ernest Mattern chez Peugeot, 1906-1919 (Presses universitaires de Franche-Comté, 2001).

Débat animé par Serge Proust, maître de conférences à l’Université de Saint-Etienne.

 

CONFERENCE N°3:

mercredi 26 février 2014

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Barbara Cassin

Photo Opale OKBarbara_Cassin - copie

à propos de son livre :   » LA NOSTALGIE. QUAND DONC EST-ON CHEZ SOI ? ULYSSE, ENEE, ARENDT. « 

aux éditions Autrement ( 2013)

Enracinement et déracinement : voilà la nostalgie. Contrairement aux apparences, le mot n’est pas grec : il a été forgé au XVIIe siècle pour nommer le mal dont souffraient les mercenaires suisses. La nostalgie, c’est aussi ce que Barbara Cassin éprouve chaque fois qu’elle revient en Corse, où elle n’a pas ses racines. Prenant appui tour à tour sur les  figures d’Ulysse et  d’Enée, puis sur l’expérience d’Hannah Arendt, elle s’interroge, dans le droit fil de ses précédents ouvrages,  sur ce que veut dire être chez soi et y revenir, sur l’exil et sur la patrie, sur ce qu’est une langue maternelle et  sur l’impossibilité de la réduire à la langue d’un peuple, sur la nécessaire pluralité des langues et sur le paradigme de la traduction.

Barbara Cassin est philologue et philosophe, directrice de recherche au CNRS. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont : Si Parménide (PUL-MSH, 1980),  L’Effet sophistique (Gallimard, 1995), Google-moi, la deuxième mission de l’Amérique (Albin Michel, 2007), Jacques le Sophiste. Lacan, logos et psychanalyse (Epel, 2012) elle a dirigé le Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (Le Seuil-Le Robert, 2004) et participé à d’autres ouvrages collectifs comme Vérité, réconciliation, réparation (avec O.Cayla, P.J.Salazar) (Le Seuil, 2004) ou L’Appel des appels. Pour une insurrection des consciences (avec Roland Gori, Christian Laval) (Mille et une nuits, 2009)

Rencontre animée par Mireille Coulomb professeur de philosophie en khâgne au Lycée Claude Fauriel.

CONFERENCE N°4

Mercredi 26 mars 2014

19 heures,  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Jacques Ion

photo Ion

à propos de son livre   » S’ENGAGER DANS UNE SOCIÉTÉ D’INDIVIDUS »

aux Éditions Armand Colin (2012)

S’engager fait toujours sens, peut-être même plus encore qu’avant, dans notre « société d’individus ». Démenti aux discours convenus de dénonciation de la « montée des égoïsmes » et aux exhortations rhétoriques au « sursaut de citoyenneté », les individus sont en effet plus nombreux, notamment parmi les jeunes et surtout les femmes, à s’associer, à se mobiliser dans l’espace public. Mais ils le font selon de nouvelles modalités, qui s’écartent des schémas du militantisme d’antan. Plus autonomes par rapport à leurs milieux d’appartenance, plus soucieux de faire entendre leur parole propre, plus réflexifs, délivrés de toute révérence obligée envers les puissants et les experts, ces nouveaux militants déroutent parfois. Le fonctionnement de la vie associative, les pratiques protestataires et le citoyenneté s’en trouvent modifiés.

Jacques ION est sociologue, directeur de recherches au CNRS. Il a publié notamment : Les Travailleurs sociaux (avec J.P.Tricart) (La Découverte, 1984),  La Fin des militants (avec René Mouriaux, Pierre Héritier, Anne-Marie Grozelier) (L’Atelier, 1997) Le Travail social à l’épreuve du territoire (Dunod, 2000), Militer aujourd’hui (avec Spyro Franguiadakis, Pascal Viot) (Autrement, 2005), Politiques de l’individualisme : entre sociologie et philosophie (avec  Philippe Corcuff, François de Singly) et dirigé Le Travail social en débat(s) (La Découverte, 2005).

Rencontre animée par Pascale Pichon,  professeure de sociologie à l’Université Jean-Monnet de Saint-Etienne.

CONFERENCE N° 5 :

Mercredi 16 avril 2014

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

François Hartog

François HARTOG

à propos de son livre  » CROIRE EN L’HISTOIRE « 

aux  Éditions Flammarion (2013)

L‘Histoire fut la grande puissance et la grande croyance des temps modernes, qui organisait le monde et lui donnait sens. On se mit à son service, au point de s’aveugler, voire de commettre le pire en son nom. Juge suprême des conduites et des événements, elle enthousiasma et terrifia. Affaire des historiens, elle ambitionna d’être une science, tandis que les romanciers s’attachèrent à dire ce monde saisi par l’Histoire.

Depuis les années 1980, cette toute-puissance est mise en cause. Notre rapport au passé est désormais affaire de mémoire plus que d’histoire ; trop imprévisible ou trop prévisible, l’avenir semble avoir disparu de notre horizon, et l’historien est pris dans l’urgence du présent. Devenue justiciable plutôt que juge, l’histoire peine à remplir son rôle de trait d’union entre le passé, le présent et le futur. Quel sens donner aujourd’hui au mot « histoire » ?

François Hartog, historien, est directeur d’études à l’EHESS. Parmi ses nombreux ouvrages : Le Miroir d’Hérodote. Essai sur la représentation de l’autre (Gallimard, 1980), Le XIXe siècle et l’histoire. Le cas Fustel de Coulanges (PUF, 1988), Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps (Le Seuil, 2003), Anciens, modernes, sauvages (Galaad, 2005), Évidence de l’histoire. Historiographie ancienne et moderne (Éditions de l’EHESS, 2005), Vidal-Naquet, historien en personne. L’homme-mémoire et le moment mémoire (La Découverte, 2007), La Chambre de veille. Entretiens avec Felipe Brandi et Thomas Hirsch (Flammarion, 2013)

Rencontre animée par Denys Barau, docteur en Études politiques.

CONFERENCE N° 6 : 

Jeudi 24 avril 2014,

 

19 heures, salle Aristide Briand, Hôtel de Ville
 

Bernard Lahire

 


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autour de son livre : « DANS LES PLIS SINGULIERS DU SOCIAL. INDIVIDUS, INSTITUTIONS,SOCIALISATIONS »,

aux éditions La Découverte (2013).

Dans ce livre conçu pour rendre plus largement visible le sens général de son travail, Bernard Lahire soumet à la critique les discours sur la « montée de l’individualisme » et la figure de l’homme « libre et autonome », au cœur de nos mythologies contemporaines. Il y expose aussi les raisons de l’exclusion de l’individu du champ des sciences sociales et la manière dont il est possible de sortir de raisonnements erronés pour faire de l’individu singulier un véritable objet sociologique en tant qu’être en permanence socialisé. Il conclut par un dialogue avec les sciences cognitives : à la lumière des phénomènes de plasticité cérébrale, elles nous rappellent que les individus ne perçoivent, ne pensent ou n’agissent  qu’en tant que dépositaires de l’ensemble des formes d’expérience déterminées par leurs places et leurs situations dans le monde social.

Bernard Lahire est professeur de sociologie à l’École normale supérieure de Lyon. Il est l’auteur entre autres de L’Homme pluriel. Les ressorts de l’action (Nathan, 1998), La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi (La Découverte, 2004), Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (La Découverte, 2010), Monde pluriel. Penser l’unité des sciences sociales (Le Seuil, 2012).

Rencontre animée par Philippe Foray, professeur de sciences de l’éducation à l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne.

 

COMPLÉMENT AU PROGRAMME :

 Vendredi 28 février 2014, à  18 h15,

Opéra Théâtre de Saint-Étienne- Théâtre Copeau

(Jardin des Plantes- Saint-Etienne)

L’ Association  de philosophie  Aussitôt dit propose, en complément au  programme de conférences pour la saison 2013-2014, une  rencontre exceptionnelle :

 Pierre Rosanvallon,

professeur au Collège de France,

Sébastien Balibar,

directeur de recherches au Laboratoire de physique de l’École normale supérieure de Paris, membre de l’Académie des Sciences,

 Pauline Péretz,

directrice éditoriale aux Éditions du Seuil,

Présenteront le projet :

« Raconter la vie »

avec la participation (sous réserve), de

Robin Renucci,

comédien, directeur des « Tréteaux de France« , et Président de  L’ARIA.

Cette rencontre ne se fera pas comme d’habitude autour d’un auteur et d’un livre, mais autour d’une équipe et d’un projet.  Ce projet comporte deux aspects complémentaires : une collection de livres et un site Internet participatif.

Face à l’impression d’abandon éprouvée par de nombreux Français,  ce projet entendrait répondre au besoin de voir les vies ordinaires racontées, les voix de faible ampleur écoutées, les aspirations quotidiennes prises en compte, et réunir toutes ces demandes de reconnaissance en un mouvement d’ensemble cohérent.  Il  part de la conviction que sortir de l’ombre et de l’anonymat permet d’inscrire sa vie dans des éléments de récit collectif et de retrouver une capacité d’action, et aussi que la connaissance d’autrui, facteur de confiance, est indispensable à une action commune.

Pour les initiateurs de ce projet, raconter la vie pourrait s’entendre de toutes de sortes de façons : témoignages, enquêtes journalistiques, analyses sociologiques, ou même chansons, photographies ….

Ils espèrent enfin, en mettant ainsi en lumière des existences et des lieux ignorés, pouvoir contribuer à la formation de nouvelles catégories pour appréhender la société d’aujourd’hui et en comprendre plus efficacement les ressorts et les problèmes.

soirée présentée par Denys Barau  et animée par Isabelle Rabineau.