Conférences de l’Hôtel de Ville 2009-2010/ n°1

Abdelwahad Meddeb co#5FDD75

Conférences organisées par Aussitôt Dit, en partenariat avec la Rotonde et le Modys, avec le soutien de la Ville de Saint-Etienne.

Mardi 20 octobre 2009, à 19 heures,  Hôtel de Ville de Saint-Etienne, salle Lamberton.

Abdelwahab Meddeb,

autour de son dernier livre Pari de civilisation(éd. du Seuil, août 2009).

Abdelwahab Meddeb : écrivain, poète et animateur de radio, né en 1946 à Tunis, d’une famille d’universitaires.  Après trois années  à l’université de Tunis, il entreprend des études d’histoire de l’art à la Sorbonne et vit à Paris depuis 1967.

1970-72 : il collabore au «Petit Robert des Noms Propres»

1974-87 : conseiller littéraire aux éditions Sindbad

1987-95 : professeur invité aux universités de Genève et de Yale

Depuis 1995,  A.Meddeb enseigne la littérature comparée (Europe-Monde islamique) à l’université de Paris X. Auteur de nombreux ouvrages, il a également publié divers articles dans Les Cahiers du Cinéma et dans la revue Les Temps Modernes. Co-directeur de la revue Intersignes de 1992 à 1995, il a fondé sa propre revue, Dédale, en 1995. En 1997 il crée l’émission Cultures d’Islam sur France Culture.

A. Meddeb s’engage contre «l’activisme intégriste et terroriste» qu’il qualifie de «maladie de l’Islam». Il propose de renouer le lien entre Islam et modernité tel qu’il existait dans les siècles passés. Rappelant la vitalité originelle de la culture islamique, sa capacité première à transmettre le legs spirituel des cultures de la Grèce antique, du monde arabe et persan, de la Chine et du Japon classiques, ainsi que les mutations scientifiques de la pensée occidentale du 17ème siècle, A.Meddeb considère que la spiritualité de l’Islam ne pourra être sauvée que par une rupture  avec toutes les formes de crispations identitaires dans lesquelles certaines politiques s’efforcent aujourd’hui de l’enfermer. C’est en retrouvant sa dimension culturelle et ses croisements avec d’autres civilisations que l’Islam pourra s’inscrire à nouveau dans la modernité, en  s’arrachant aux archaïsmes dans lesquels des Etats s’emploient aujourd’hui à le figer, au risque de la violence et au péril de la laïcité. Une véritable mutation consistant à intérioriser d’abord l’héritage culturel et spirituel de l’Islam afin de le dépasser, permettrait  à l’Islam  de contribuer à l’oeuvre cosmopolitique de Civilisation que l’esprit des Lumières entrevoyait comme l’horizon  d’un monde où la liberté aura pour condition le droit. C’est là le «pari de civilisation» que propose A.Meddeb.

Pour la suite du programme des conférences de l’Hôtel de Ville, consulter l’article saison 2009-2010.