Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°3

Mercredi 11 décembre 2019 à 19h, Médiathèque de Tarentaize (salle de la Cinémathèque)
En partenariat avec la Médiathèque de Saint-Etienne

Thomas BRISSON

à propos de son livre

« DÉCENTRER L’OCCIDENT. LES INTELLECTUELS POST-COLONIAUX, CHINOIS, INDIENS ET ARABES, ET LA CRITIQUE DE LA MODERNITÉ »

Aux Éditions La Découverte (2018)

Comment se sont construites les pensées postcoloniales ? Quel type de critique de l’Occident produisent-elles ? Et quel universalisme alternatif proposent-elles ? C’est à répondre à ces questions, si importantes pour comprendre le monde contemporain et le décentrement en cours de l’Occident, que s’attache ce livre très original.
Bien plus qu’une simple cartographie des pensées postcoloniales, cet ouvrage propose une sociologie de leurs principaux auteurs, en montrant notamment quel fut l’effet de l’exil sur leurs travaux. Décentrer l’Occident fait ainsi l’hypothèse que l’on gagne à appréhender la pensée postcoloniale à l’aune de la notion de « déplacement » : entre deux mondes, les intellectuels postcoloniaux sont déplacés aussi bien en Occident que par rapport à leur monde d’origine. Mais c’est précisément cette position décalée qui leur permet de voir et de penser les formes du pouvoir global.
Retraçant les déplacements d’intellectuels – ceux des postcolonial studies indiennes et arabes mais aussi du nouveau confucianisme chinois – entre les anciens mondes impériaux et l’Occident, Thomas Brisson cherche ainsi à comprendre comment s’y arme la critique, entendue comme art du déplacement de ce qui va habituellement de soi.

Thomas Brisson

 

 

La rencontre sera animée par Arnaud ZOHOU, directeur de l’atelier Canopée 42.

Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°2

Mercredi 20 novembre 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Betty ROJTMAN

à propos de son livre

« UNE FAIM D’ABÎME. LA FASCINATION DE LA MORT DANS L’ÉCRITURE CONTEMPORAINE »

Aux Éditions Odile Jacob (2018)

Le monde occidental s’interroge aujourd’hui sur la passion de la mort qui pousse de jeunes terroristes au suicide et au crime. Le présent essai traite d’une autre fascination, non moins troublante : celle qui travaille sourdement les grands textes de notre modernité. Après Alexandre Kojève, l’écriture de Georges Bataille, de Maurice Blanchot, de Jacques Derrida ou de Jacques Lacan, laisse transparaître un lyrisme de la destruction, un engouement pour l’abîme, qu’il faut savoir reconnaître sous la rigueur de la pensée.
D’où vient cette esthétique du malheur ? Quels enjeux recouvre-t-elle ? Au fil d’une minutieuse lecture, l’auteur s’attache à dénuder un complexe de valeurs et d’affects qui remontent aux origines symboliques de notre civilisation. On entrevoit peu à peu que cette revendication de la mort pourrait bien n’être que le signe inversé de la grande protestation humaine, de sa soif d’infini et de son désir d’être.

Betty Rojtman, a dirigé le département de littérature française à l’université hébraïque de Jérusalem. Elle situe sa recherche au carrefour de la pensée contemporaine et de l’exégèse juive traditionnelle. Parmi ses publications : Feu noir sur feu blanc. Essai sur l’herméneutique juive (1986) ; Une grave distraction (préface de Paul Ricoeur, 1991) ; Une rencontre improbable (2002) et Moïse, prophète des nostalgies (2007).

La rencontre sera animée par Mireille COULOMB, professeur de philosophie au Lycée Claude Fauriel.

Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°1

Mercredi 13 novembre 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Brand

Alain EHRENBERG

à propos de son livre

« LA MÉCANIQUE DES PASSIONS : CERVEAU, COMPORTEMENT, SOCIÉTÉ »

Aux Éditions Odile Jacob (2018)

De nouvelles sciences du comportement humain ne cessent de prendre de l’ampleur et de susciter l’engouement depuis le début des années 1990 : il s’agit des neurosciences cognitives. 
Leur ambition est de faire de l’exploration du cerveau le moyen de traiter les pathologies mentales (comme la dépression ou la schizophrénie) mais aussi de nombreux problèmes sociaux et éducatifs, comme l’apprentissage ou la maîtrise de ses émotions.
Ces sciences sont-elles devenues le baromètre de nos conduites et de nos vies, prenant la place autrefois occupée par la psychanalyse ? L’homme « neuronal » est-il en passe de remplacer l’homme « social » ? 
Alain Ehrenberg montre que l’autorité morale acquise par les neurosciences cognitives tient autant à leurs résultats scientifiques ou médicaux qu’à leur inscription dans un idéal social majeur : celui d’un individu capable de convertir ses handicaps en atouts en exploitant son « potentiel caché ». Elles sont la chambre d’écho de nos idéaux d’autonomie.

Alain Ehrenberg est sociologue, directeur de recherches émérite au CNRS (Cermes3). Il a créé, en 1994, un groupement de recherches du CNRS sur les drogues et les médicaments psychotropes et fondé, en 2001, le Centre de recherche Psychotropes, santé mentale, société (CNRS-Inserm-université Paris-Descartes). Il est notamment l’auteur de La Fatigue d’être soi et de La Société du malaise.

La rencontre sera animée par Jérôme MICHALON, chargé de recherches au CNRS

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°8

Lundi 23 septembre 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Brand

Alexandre GEFEN

à propos de son livre

« RÉPARER LE MONDE.
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE FACE AU XXIe SIECLE »

A la Librairie José Corti (2017)

Sauver, guérir ou du moins faire du bien, tels sont les mots d’ordre, souvent explicites, placés au cœur des projets littéraires contemporains. Refusant de devenir un jeu postmoderne ou une simple dilection d’arrière-garde, la littérature française d’aujourd’hui a l’ambition de prendre soin du moi, mais aussi des individus fragiles, des oubliés de la grande histoire, des communautés ravagées et de nos démocraties inquiètes. En s’intéressant de manière critique à cet imaginaire collectif thérapeutique où la culture, en place de la religion et d’un projet politique, veut réparer nos conditions de victimes, servir à notre « développement personnel », favoriser notre propension à l’empathie, corriger les traumatismes de la mémoire individuelle ou du tissu social, cet essai propose une réflexion inaugurale sur la littérature française du XXIe siècle.

Alexandre GEFEN est directeur de recherche au CNRS (Laboratoire THALIM – Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité, Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle). Membre des comités de rédaction de plusieurs revues et fondateur du site Internet Fabula, il a publié entre autres : La Mimèsis (Flammarion, 2002), Vies imaginaires. Anthologie de la biographie littéraire (Galllimard, 2014), Inventer une vie. La Fabrique littéraire de l’individu (Les impressions nouvelles, 2015).

La rencontre sera animée par Jean-Bernard VRAY, professeur émérite de Littérature contemporaine à l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°7

Mardi 5 mars 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Brand

Juliette GRANGE

à propos de son livre

« L’IDÉE DE RÉPUBLIQUE »

Aux Éditions Agora-Pocket (réédition 2018)

Cet ouvrage fait le point sur l’idée républicaine telle qu’elle s’est exprimée et incarnée du XVIIIe au XXe siècle. Il met à la portée d’un lecteur non spécialiste les références philosophiques sur la question, permet de s’interroger sur la séparation des pouvoirs, la présidentialisation du régime, la représentation démocratique. Avec la distance de la réflexion, l’ouvrage traverse toutes les thématiques contemporaines, l’individualisme, le socialisme, le rapport entre économie et politique. Si ce livre veut amener à réfléchir plutôt que proposer un programme ou des solutions, il s’inscrit en faux contre la mise au pilori de l’idéal républicain au nom du réalisme économique. Et en propose la traduction dans le monde d’aujourd’hui : une république européenne et une définition de l’environnement comme bien public.

Juliette GRANGE est philosophe, professeur des universités à l’Université François-Rabelais de Tours. Spécialiste de la pensée française du XIXe s., elle a publié notamment : La philosophie d’Auguste Comte (P.U.F, 1996), Auguste Comte. La politique et la science (Odile Jacob, 2000), Balzac. L’argent, la presse, les anges (Circé, 2008), Pour une philosophie de l’écologie (Agora Pocket, 2012), Les néo-conservateurs (Agora Pocket, 2017). Elle a également co-dirigé l’édition des œuvres complètes de Saint-Simon (PUF, 2012).

La rencontre sera animée par Annie Léchenet, ancienne maîtresse de conférence en philosophie à l’Université de Lyon I-ESPE et membre du Laboratoire Triangle (CNRS)

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°6

Jeudi 7 février2019 à 19h, Hôtel de ville, salle 119

Serge AUDIER

à propos de son livre

« LA SOCIÉTÉ ÉCOLOGIQUE ET SES ENNEMIS. POUR UNE HISTOIRE ALTERNATIVE DE L’ÉMANCIPATION »

Aux Éditions La découverte (2017)

Alors que monte la prise de conscience du péril environnemental, les obstacles à une véritable mutation écologique des sociétés contemporaines restent massifs et les modèles alternatifs peinent à s’imposer. Les traditions intellectuelles de la gauche semblent souvent impuissantes à apporter des réponses. Pire, n’ont-elles pas contribué, par leur culte des « forces productives », à l’impasse actuelle ? Contre l’idée reçue que les mouvements émancipateurs n’auraient abordé que très tard les enjeux écologiques, Serge Audier propose une généalogie intellectuelle exhumant et reconstituant une pensée sociale de la nature et de l’émancipation, construite aux marges du « grand récit » socialiste et républicain : au-delà de voix minoritaires comme celles de Henry D.Thoreau ou William Morris, une nébuleuse beaucoup plus large et méconnue qui, entre socialisme et anarchisme, a esquissé les traits d’une « société écologique ». Une tendance ignorée, marginalisée, voire combattue par les courants hégémoniques, qui ont souvent vu dans l’écologie un conservatisme traditionaliste ou un romantisme réactionnaire.

Serge AUDIER, philosophe, est maître de conférences à l‘Université Paris IV Sorbonne. Il a publié en particulier : Le socialisme libéral (La Découverte, 2006), La Pensée anti-68. Essai sur les origines d’une restauration intellectuelle (La Découverte, 2008), La Pensée solidariste. Aux sources du modèle républicain (PUF, 2010), Néo-libéralisme. Une archéologie intellectuelle (Grasset, 2012), Penser le « néo-libéralisme ». Le moment néo-libéral, Foucault et la crise du socialisme (Le Bord de l’eau, 2015).

La rencontre sera animée par Mireille COULOMB, professeur de philosophie en Khâgne au Lycée Claude Fauriel.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°5

Mercredi 16 janvier 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Jean-Fabien SPITZ

à propos de son livre

« LA PROPRIÉTÉ DE SOI. ESSAI SUR LE SENS DE LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE. »

À la Librairie philosophique J.Vrin (2018)

Peut-on définir la liberté individuelle comme une propriété de soi ? Les libertariens l’affirment et concluent que la liberté des individus suppose le respect inconditionnel par la société et l’Etat du droit de chacun sur sa propre personne : contraignant les uns à mettre son travail, soit une partie de sa personne, à la disposition des autres, l’organisation sociale de la solidarité est donc un crime contre la liberté. À ce dogme, les progressistes ont eu tendance à opposer le refus d’appliquer à la personne le concept de propriété, ouvrant aussi par là la voie à un moralisme de la dignité qui n’est pas sans dangers. On peut échapper à ce dilemme en montrant que c’est la version libertarienne du concept de propriété qui est en cause, pas son application à la personne. Il est possible de reconstruire la notion de propriété comme une norme d’existence collective, rationnellement acceptable, en y intégrant des obligations envers les tiers.

Jean-Fabien SPITZ est professeur de philosophie politique à l’Université Paris 1- Panthéon-Sorbonne, spécialiste de l’œuvre de John Locke. Il est l’auteur entre autres de La liberté politique : essai de généalogie conceptuelle (PUF, 1995), L’amour de l’égalité : essai sur la critique de l’égalitarisme républicain en France (Vrin, 2000), Le moment républicain en France (Gallimard, 2005), Abolir le hasard ? Responsabilité individuelle et justice sociale (Vrin, 2008), Le Mythe de l’impartialité. Les mutations du concept de liberté individuelle dans la culture politique américaine (PUF, 2014).

La rencontre sera animée par Philippe Foray, professeur de sciences de l’éducation à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°4

Jeudi 13 décembre 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Bruno KARSENTI, Cyrille LEMIEUX

à propos de leur livre

« SOCIALISME ET SOCIOLOGIE »

aux Éditions Fayard (2017)

Comment faire barrage au retour des nationalismes réactionnaires en Europe ? Inédite depuis la Seconde Guerre mondiale, leur poussée laisse les partis libéraux dans un état d’hébétude. Quant au socialisme, il connaît l’un des ébranlements les plus profonds de son histoire, lui qui, jusqu’à une date récente, fournissait son assise au camp des progressistes. Foyer de la critique, il est passé du côté de sa cible. Mais c’est alors la critique elle-même qui échoue à s’articuler. Les trois études réunies dans ce livre cherchent à reprendre à la racine le double problème de l’hégémonie nationaliste et de la crise du socialisme. Cette tâche impose d’abord de redéfinir le socialisme dans son irréductibilité aux autres doctrines politiques et courants idéologiques. Elle oblige ensuite à reprendre le dossier de la contribution des sciences sociales à la politique. Elle conduit enfin à envisager l’avenir de l’Europe à la lumière de deux questions majeures : l’éducation et l’écologie.

Bruno KARSENTI et Cyril LEMIEUX sont directeurs d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et membres du Laboratoire interdisciplinaire d’études sur les réflexivités (LIER) de l’Institut Marcel Mauss. Philosophe, Bruno Karsenti a publié entre autres : Marcel Mauss. Le fait social total (PUF, 1994), Politique de l’esprit. Auguste Comte et la naissance de la science sociale (Hermann, 2006), Moïse et l’idée de peuple. La vérité historique selon Freud (Le Cerf, 2012), D’une philosophie à l’autre. Les sciences sociales et la politique des modernes (Gallimard, 2013). Cyrille Lemieux est sociologue, il est l’auteur en particulier de : Mauvaise presse. Une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques (Métaillé, 2000), Le devoir et la grâce. Pour une analyse grammaticale de l’action (Economica, 2009), Un président élu par les médias ? Regard sociologique sir l’élection présidentielle de 2007 (Presses des Mines, 2010), La sociologie sur le vif (Presses des Mines, 2010).

Rencontre animée par Bruno Vennin, ancien élu de la République et ancien chercheur au CNRS.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°3

Jeudi 29 novembre 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Paul JORION

à propos de son livre

« SE DÉBARRASSER DU CAPITALISME EST UNE QUESTION DE SURVIE »

aux Éditions Fayard (2017)

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Une machine à concentrer la richesse, laissant une poignée de vainqueurs face à une armée de vaincus : voilà ce qu’est devenu le capitalisme. L’État-providence n’aura duré qu’une saison, la révolution technologique en cours réduit le marché de l’emploi.
Le court-termisme règne en maître, la défense de privilèges aussi exorbitants que médiocres bloque toute tentative de sauvetage.
La finance et l’économie pouvaient être réformées au lendemain de l’effondrement de 2008. Rien n’a été fait. Le verdict est sans appel : nous n’apprenons pas de nos erreurs ! Si bien qu’aujourd’hui, se débarrasser du capitalisme est devenu, pour l’humanité, une question de survie.
Paul Jorion propose une analyse sans concession et des pistes d’espoir : oui, la spéculation peut être interdite comme autrefois ; oui, l’État-providence doit être inscrit une fois pour toutes dans nos institutions ; oui, un projet européen ressuscité pourrait être le fer de lance d’un véritable redressement ! Seule la volonté fait défaut.

(c) Ferte, JLPPA

Anthropologue et sociologue de formation, Paul JORION est l’auteur de nombreux ouvrages, dont : La Crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard, 2008), Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard, 2009), Penser tout haut l’économie avec Keynes (Odile Jacob, 2015), Le dernier qui s’en va éteint la lumière (Fayard, 2016), Défense et illustration du genre humain (Fayard, 2018).

Rencontre animée par Gérard Dubouchet, ancien professeur d’économie en classe préparatoire au lycée Claude Fauriel.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°2

Mercredi 7 novembre 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Jean-Paul DEMOULE

à propos de son livre

« Les dix millénaires oubliés qui ont fait l’histoire.
Quand on inventa l’agriculture, la guerre et les chefs. »

aux Éditions Fayard (2017)

Pendant 99 % de l’histoire de l’humanité, l’homme a été chasseur, pêcheur et cueilleur. Il n’y a que douze mille ans, les humains – quelques centaines de milliers – nomadisaient par petits groupes. Aujourd’hui, sept et bientôt neuf milliards d’humains, presque tous sédentaires, peuplent la terre. Leurs sociétés sont très inégalitaires : environ 1 % d’entre eux possèdent la moitié de la richesse mondiale.
Comment en est-on arrivé là ? Que s’est-il passé pendant ces dix millénaires trop souvent absents de notre culture ? L’invention décisive, en plusieurs endroits du globe de l’agriculture et de l’élevage. Grâce à elle, la population humaine, rapidement accrue, a pris le contrôle de la planète et éliminé nombre d’espèces biologiques. L’expansion démographique continue a débouché sur la création de villes, d’États et, enfin, de l’écriture et de l’histoire…
Avec cette « révolution néolithique » se sont mises en place des pratiques qui ont toujours cours aujourd’hui : le travail, la guerre ou encore la religion.

(c) Anne Fourest

Jean-Paul Demoule est archéologue, professeur émérite à l’Université Paris 1-Sorbonne et à l’Institut universitaire de France. Il a publié de nombreux ouvrages, dont : Les Gaulois (Hachette, 1995), L’archéologie : entre science et passion (Gallimard-Découvertes, 2005), On a retrouvé l’histoire de France : comment l’archéologie raconte notre passé (Robert Laffont, 2012), Mais où sont passés les indo-européens. Le mythe d’origine de l’Occident (Le Seuil, 2014), Naissance de la figure : l’art du paléolithique à l’âge du fer (Gallimard, 2017).

Rencontre animée par Denys Barau, docteur en Etudes politiques.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°1

Jeudi 25 octobre 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Pierre MUSSO

à propos de son livre

« LA RELIGION INDUSTRIELLE.
MONASTÈRE, MANUFACTURE, USINE.
UNE GÉNÉALOGIE DE L’ENTREPRISE. »

aux Éditions Fayard (2017)

L’industrie est une vision du monde : avant d’être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle, l’architecture culturelle de l’Occident. Nous vivons et nous croyons dans les « Révolutions industrielles » qui se multiplient depuis deux siècles. Cet ouvrage découvre d’un point de vue anthropologique et philosophique une religion industrielle, jamais vue comme telle, Une religion rationnelle, qui est désormais notre croyance universelle, dont Pierre Musso donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne. S’emparant de son plus grand mystère, celui de l’incarnation, l’esprit industriel l’a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l’Humanité et de l’Ordinateur. Cette généalogie met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (xie-xiiie siècles), la manufacture (xviie-xviiie) puis l’usine (xixe), avant de constituer l’entreprise (xxe-xxie). Son élaboration s’est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la « Révolution managériale », la cybernétique et la numérisation.

© Thierry Nectoux

Pierre MUSSO, est professeur émérite de science de l’information et de la communication à l’Université de Rennes 2 et à Télécom Paris Tech, et conseiller scientifique à l’Institut des Etudes avancées de Nantes. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Télécommunications et philosophie des réseaux (PUF, 1998), Saint-Simon et le saint-simonisme (PUF, 1999), Télé-politique. Le sarkoberlusconisme à l’écran (Editions de l’Aube, 2009), Yves Klein. Fin de représentation (Manucius, 2010), L’imaginaire industriel (Manucius, 2013). Il a aussi co-dirigé avec Juliette Grange, Philippe Régnier et Frank Yonnet l’édition des Œuvres complètes de Saint- Simon (PUF, 2012).

Rencontre animée par Michel BELLET, professeur de sciences économiques à l’université de Saint-Etienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2017-2018 n°7

Mardi 15 mai 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Fethi BENSLAMA

à propos de son livre

« UN FURIEUX DESIR DE SACRIFICE. LE SURMUSULMAN »

et (avec Farhad Khosrokavar)

« LE JIHADISME DES FEMMES. POURQUOI ONT-ELLES CHOISI DAECH ? »

aux Éditions du Seuil (2016 et 2017)

Dans le premier de ces livres, Fethi Benslama propose d’interpréter le désir de sacrifice qui s’est emparé de tant de jeunes au nom de l’Islam, à partir de la figure du surmusulman, qu’il a décelée dans les discours et les prescriptions de l’islamisme, comme dans son expérience clinique. Explorant le phénomène de la
« radicalisation » à la fois comme un fait religieux devenu menaçant et comme un symptôme social psychique, il comprend la désignation de surmusulman comme un diagnostic sur le danger auquel sont exposés les musulmans et leur civilisation. Et achève son essai sur un dépassement de cette figure en vue d’un autre devenir pour les musulmans.

Dans le second livre, il décrit, avec le concours du sociologue Farhad Khosrokhavar, les caractères objectifs du phénomène du jihadisme au féminin – devenu presque aussi nombreux que celui des hommes – et éclaire les ressorts subjectifs de l’adhésion à un régime violemment oppressif, qui dénie aux jeunes femmes les acquis de l’émancipation, mais leur donne paradoxalement le sentiment d’exister comme épouse ou mère de combattants.

Fethi BENSLAMA est psychanalyste, professeur de psychopathologie clinique à l’université Paris-Diderot. Il a publié entre autres Rencontres de Rabat avec Jacques Derrida (Ed. de l’Aube, 1999), La psychanalyse à l‘épreuve de l’Islam (Flammarion, 2002), Déclaration d’insoumission. À l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas (Flammarion, 2005), Soudain la révolution ! De la Tunisie au monde arabe : la signification d’un soulèvement (Denoël, 2011), La guerre des subjectivités en Islam (Lignes, 2014), L’idéal et la cruauté, subjectivité et politique de la radicalisation (Lignes, 2014) .

La rencontre sera animée par Bernadette EPALLE, psychanalyste, membre de l’Association psychanalytique Rhône-Alpes.

Conférence de l’Hôtel de ville 2017-2018 n°6 (attention ! cette conférence est annulée !)

ATTENTION ! EN RAISON DE LA GRÈVE DES TRANSPORTS ANNONCÉE À PARTIR DU 3 AVRIL, (date initialement prévue pour cette conférence) CETTE CONFÉRENCE EST ANNULÉE. 

Laurence HANSEN-LØVE

à propos de son livre

« OUBLIER LE BIEN, NOMMER LE MAL »

aux Éditions Belin (2016)

La science du bien et du mal n’a jamais existé : Platon s’en désolait, nous avons cessé, nous, les Modernes, de nous en offusquer. Pourtant, des questions éthiques ne cessent de nous être posées aujourd’hui comme par le passé : quelles valeurs morales promouvoir à l’école ? Est-il acceptable d’abandonner à leur sort les familles de migrants fuyant la guerre ? Mon pays, la France, doit-il intervenir militairement contre tel ou tel État dit « terroriste » ? etc.

Face à de telles interrogations, nous ne pouvons nous contenter de suspendre notre jugement sous couvert de relativisme (« À chacun sa conception du bien et du mal »).
Prenant appui sur les réflexions de grands philosophes et théologiens face au défi du mal, tout en interrogeant la montée de nouvelles formes de violences au XXIe siècle, Laurence Hansen-Løve pose la question : le bien et le mal sont-ils vraiment des notions obsolètes ?

Une fois récusée la fausse évidence d’une symétrie entre le bien et le mal, il est possible de prendre acte de la préséance du mal sur le bien. Dès lors, la certitude du mal, posée comme un fait, cesse de contredire l’incertitude du bien, à laquelle il apparaît sage de se résoudre.

Laurence HANSEN- LØVE, professeur agrégée de philosophie à Paris, est l’auteur d’une anthologie philosophique (Cours particulier de philosophie, Belin, 2006 et 2016) et de La philosophie comme un roman (Hermann, 2014) et (avec Catfish Tomei) de Charlie, l’onde de choc. Une citoyenneté bousculée, un avenir à réinventer (Éditions Ovadia, 2015).

 

Conférence de l’Hôtel-de-Ville 2014-2015 n°7

Jeudi 21 mai 2015 à 19h, à la Comédie de Saint-Étienne (L’Usine)

Séverine KODJO-GRANDVAUX et Jean-Godefroy BIDIMA

à propos du livre de Séverine KODJO-GRANDVAUX

« Philosophies africaines »

aux éditions Présence africaine (2013)

Après le grand débat sur la philosophie africaine des années 1960-1970, il était nécessaire de faire le point sur les thématiques et les enjeux qui mobilisent les philosophes africains en ce début de XXIe siècle. Et ce d’autant plus que les enseignements en philosophie dite Africana se sont considérablement développés, dans les universités américaines principalement.

S’appuyant à la fois sur les études francophones et sur la riche production anglophone, Sévérine Kodjo-Grandvaux fait comprendre dans ce livre que la philosophie n’est pas enfermement dans la culture ou la langue, mais rencontre et traduction.

severine kodjo grandvaux (2)-2Séverine KODJO-GRANDVAUX, auteur d’une thèse de doctorat consacrée aux  » Constructions et déconstructions de l’idée de philosophie africaine « , est actuellement rédactrice en chef adjointe des pages « Culture & médias » de l’hebdomadaire Jeune Afrique. Elle a codirigé avec Geneviève Koubi l’ouvrage Droit et Colonisation (Bruylant, 2005).

Jean-Godefroy BIDIMA est un philosophe d’origine camerounaise, vivant aux États-Unis. Ancien directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris, il est aujourd’hui professeur titulaire à l’université Tulane (Nouvelle-Orléans). Il a publié notamment Philosophie négro-africaine (PUF, Que sais-je ?, 1995) et La palabre. Une juridiction de la parole (Éditions Michalon, 1997).

Rencontre animée par Arnaud Zohou, directeur du CCSTI La Rotonde.

Conférence de l’Hôtel-de-Ville 2014-2015 n°6

Jeudi 9 avril 2015 à 19h, Hôtel de Ville, salle 2000

Philippe DUJARDIN et André MICOUD,

à propos de leur livre

« Quels temps faisons-nous ? »

aux éditions La Passe du vent (2013)

Commémoration, patrimonialisation, muséification : autant de démarches qui manifestent, aux yeux de Philippe Dujardin et André Micoud que « nous sommes désormais entrés dans un temps neuf ». La conversation qu’ils mènent à ce propos s’organise autour de quatre mots-clés : terrain, sacré, temps et assemblage. Partant des sciences politiques et de la sociologie, elle n’hésite pas à braconner sur d’autres terres : anthropologie, philosophie, droit, biologie, voire psychanalyse ou théologie.

Portrait de Philippe DujardinPhilippe DUJARDIN, politologue, a enseigné aux Instituts d’Étude politique de Lyon et de Grenoble avant d’intégrer le corps des chercheurs du CNRS. Il enseigne aussi à l’université catholique de Lyon. Il a dirigé ou codirigé plusieurs ouvrages collectifs, dont : Le Secret (Éditions du CNRS, Presses universitaires de Lyon, 1987), Politique de la mémoire. Commémorer la Révolution (Presses universitaires de Lyon, 1993), L’Ordinaire. Modes d’accès et pertinence pour les sciences sociales (L’Harmattan, 2002).

Portrait d'André Micoud (2)André MICOUD, sociologue, ancien directeur du CRESAL, est directeur de recherche honoraire au CNRS. Il a dirigé ou codirigé plusieurs ouvrages collectifs, dont : Des hauts lieux, la construction sociale de l’exemplarité (Éditions du CNRS, 1991), Campagne de tous nos désirs : patrimoine et nouveaux usages (Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2000), Ce qui nous relie (Éditions de l’Aube, 2000), Des sciences citoyennes ? la question de l’amateur dans les sciences citoyennes (Éditions de l’Aube, 2000).

Rencontre animée par Georges Gay, professeur à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne.