Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°1

Jeudi 8 mars 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Pierre MUSSO

à propos de son livre

« LA RELIGION INDUSTRIELLE.
MONASTÈRE, MANUFACTURE, USINE.
UNE GÉNÉALOGIE DE L’ENTREPRISE. »

aux Éditions Fayard (2017)

L’industrie est une vision du monde : avant d’être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle, l’architecture culturelle de l’Occident. Nous vivons et nous croyons dans les « Révolutions industrielles » qui se multiplient depuis deux siècles. Cet ouvrage découvre d’un point de vue anthropologique et philosophique une religion industrielle, jamais vue comme telle, Une religion rationnelle, qui est désormais notre croyance universelle, dont Pierre Musso donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne. S’emparant de son plus grand mystère, celui de l’incarnation, l’esprit industriel l’a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l’Humanité et de l’Ordinateur. Cette généalogie met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (xie-xiiie siècles), la manufacture (xviie-xviiie) puis l’usine (xixe), avant de constituer l’entreprise (xxe-xxie). Son élaboration s’est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la « Révolution managériale », la cybernétique et la numérisation.

© Thierry Nectoux

Pierre MUSSO, est professeur émérite de science de l’information et de la communication à l’Université de Rennes 2 et à Télécom Paris Tech, et conseiller scientifique à l’Institut des Etudes avancées de Nantes. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Télécommunications et philosophie des réseaux (PUF, 1998), Saint-Simon et le saint-simonisme (PUF, 1999), Télé-politique. Le sarkoberlusconisme à l’écran (Editions de l’Aube, 2009), Yves Klein. Fin de représentation (Manucius, 2010), L’imaginaire industriel (Manucius, 2013). Il a aussi co-dirigé avec Juliette Grange, Philippe Régnier et Frank Yonnet l’édition des Œuvres complètes de Saint- Simon (PUF, 2012).

Rencontre animée par Michel BELLET, professeur de sciences économiques à l’université de Saint-Etienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2017-2018 n°7

Mardi 15 mai 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Fethi BENSLAMA

à propos de son livre

« UN FURIEUX DESIR DE SACRIFICE. LE SURMUSULMAN »

et (avec Farhad Khosrokavar)

« LE JIHADISME DES FEMMES. POURQUOI ONT-ELLES CHOISI DAECH ? »

aux Éditions du Seuil (2016 et 2017)

Dans le premier de ces livres, Fethi Benslama propose d’interpréter le désir de sacrifice qui s’est emparé de tant de jeunes au nom de l’Islam, à partir de la figure du surmusulman, qu’il a décelée dans les discours et les prescriptions de l’islamisme, comme dans son expérience clinique. Explorant le phénomène de la
« radicalisation » à la fois comme un fait religieux devenu menaçant et comme un symptôme social psychique, il comprend la désignation de surmusulman comme un diagnostic sur le danger auquel sont exposés les musulmans et leur civilisation. Et achève son essai sur un dépassement de cette figure en vue d’un autre devenir pour les musulmans.

Dans le second livre, il décrit, avec le concours du sociologue Farhad Khosrokhavar, les caractères objectifs du phénomène du jihadisme au féminin – devenu presque aussi nombreux que celui des hommes – et éclaire les ressorts subjectifs de l’adhésion à un régime violemment oppressif, qui dénie aux jeunes femmes les acquis de l’émancipation, mais leur donne paradoxalement le sentiment d’exister comme épouse ou mère de combattants.

Fethi BENSLAMA est psychanalyste, professeur de psychopathologie clinique à l’université Paris-Diderot. Il a publié entre autres Rencontres de Rabat avec Jacques Derrida (Ed. de l’Aube, 1999), La psychanalyse à l‘épreuve de l’Islam (Flammarion, 2002), Déclaration d’insoumission. À l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas (Flammarion, 2005), Soudain la révolution ! De la Tunisie au monde arabe : la signification d’un soulèvement (Denoël, 2011), La guerre des subjectivités en Islam (Lignes, 2014), L’idéal et la cruauté, subjectivité et politique de la radicalisation (Lignes, 2014) .

La rencontre sera animée par Bernadette EPALLE, psychanalyste, membre de l’Association psychanalytique Rhône-Alpes.

Conférence de l’Hôtel de ville 2017-2018 n°6 (attention ! cette conférence est annulée !)

ATTENTION ! EN RAISON DE LA GRÈVE DES TRANSPORTS ANNONCÉE À PARTIR DU 3 AVRIL, (date initialement prévue pour cette conférence) CETTE CONFÉRENCE EST ANNULÉE. 

Laurence HANSEN-LØVE

à propos de son livre

« OUBLIER LE BIEN, NOMMER LE MAL »

aux Éditions Belin (2016)

La science du bien et du mal n’a jamais existé : Platon s’en désolait, nous avons cessé, nous, les Modernes, de nous en offusquer. Pourtant, des questions éthiques ne cessent de nous être posées aujourd’hui comme par le passé : quelles valeurs morales promouvoir à l’école ? Est-il acceptable d’abandonner à leur sort les familles de migrants fuyant la guerre ? Mon pays, la France, doit-il intervenir militairement contre tel ou tel État dit « terroriste » ? etc.

Face à de telles interrogations, nous ne pouvons nous contenter de suspendre notre jugement sous couvert de relativisme (« À chacun sa conception du bien et du mal »).
Prenant appui sur les réflexions de grands philosophes et théologiens face au défi du mal, tout en interrogeant la montée de nouvelles formes de violences au XXIe siècle, Laurence Hansen-Løve pose la question : le bien et le mal sont-ils vraiment des notions obsolètes ?

Une fois récusée la fausse évidence d’une symétrie entre le bien et le mal, il est possible de prendre acte de la préséance du mal sur le bien. Dès lors, la certitude du mal, posée comme un fait, cesse de contredire l’incertitude du bien, à laquelle il apparaît sage de se résoudre.

Laurence HANSEN- LØVE, professeur agrégée de philosophie à Paris, est l’auteur d’une anthologie philosophique (Cours particulier de philosophie, Belin, 2006 et 2016) et de La philosophie comme un roman (Hermann, 2014) et (avec Catfish Tomei) de Charlie, l’onde de choc. Une citoyenneté bousculée, un avenir à réinventer (Éditions Ovadia, 2015).

 

Conférence de l’Hôtel-de-Ville 2014-2015 n°7

Jeudi 21 mai 2015 à 19h, à la Comédie de Saint-Étienne (L’Usine)

Séverine KODJO-GRANDVAUX et Jean-Godefroy BIDIMA

à propos du livre de Séverine KODJO-GRANDVAUX

« Philosophies africaines »

aux éditions Présence africaine (2013)

Après le grand débat sur la philosophie africaine des années 1960-1970, il était nécessaire de faire le point sur les thématiques et les enjeux qui mobilisent les philosophes africains en ce début de XXIe siècle. Et ce d’autant plus que les enseignements en philosophie dite Africana se sont considérablement développés, dans les universités américaines principalement.

S’appuyant à la fois sur les études francophones et sur la riche production anglophone, Sévérine Kodjo-Grandvaux fait comprendre dans ce livre que la philosophie n’est pas enfermement dans la culture ou la langue, mais rencontre et traduction.

severine kodjo grandvaux (2)-2Séverine KODJO-GRANDVAUX, auteur d’une thèse de doctorat consacrée aux  » Constructions et déconstructions de l’idée de philosophie africaine « , est actuellement rédactrice en chef adjointe des pages « Culture & médias » de l’hebdomadaire Jeune Afrique. Elle a codirigé avec Geneviève Koubi l’ouvrage Droit et Colonisation (Bruylant, 2005).

Jean-Godefroy BIDIMA est un philosophe d’origine camerounaise, vivant aux États-Unis. Ancien directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris, il est aujourd’hui professeur titulaire à l’université Tulane (Nouvelle-Orléans). Il a publié notamment Philosophie négro-africaine (PUF, Que sais-je ?, 1995) et La palabre. Une juridiction de la parole (Éditions Michalon, 1997).

Rencontre animée par Arnaud Zohou, directeur du CCSTI La Rotonde.

Conférence de l’Hôtel-de-Ville 2014-2015 n°6

Jeudi 9 avril 2015 à 19h, Hôtel de Ville, salle 2000

Philippe DUJARDIN et André MICOUD,

à propos de leur livre

« Quels temps faisons-nous ? »

aux éditions La Passe du vent (2013)

Commémoration, patrimonialisation, muséification : autant de démarches qui manifestent, aux yeux de Philippe Dujardin et André Micoud que « nous sommes désormais entrés dans un temps neuf ». La conversation qu’ils mènent à ce propos s’organise autour de quatre mots-clés : terrain, sacré, temps et assemblage. Partant des sciences politiques et de la sociologie, elle n’hésite pas à braconner sur d’autres terres : anthropologie, philosophie, droit, biologie, voire psychanalyse ou théologie.

Portrait de Philippe DujardinPhilippe DUJARDIN, politologue, a enseigné aux Instituts d’Étude politique de Lyon et de Grenoble avant d’intégrer le corps des chercheurs du CNRS. Il enseigne aussi à l’université catholique de Lyon. Il a dirigé ou codirigé plusieurs ouvrages collectifs, dont : Le Secret (Éditions du CNRS, Presses universitaires de Lyon, 1987), Politique de la mémoire. Commémorer la Révolution (Presses universitaires de Lyon, 1993), L’Ordinaire. Modes d’accès et pertinence pour les sciences sociales (L’Harmattan, 2002).

Portrait d'André Micoud (2)André MICOUD, sociologue, ancien directeur du CRESAL, est directeur de recherche honoraire au CNRS. Il a dirigé ou codirigé plusieurs ouvrages collectifs, dont : Des hauts lieux, la construction sociale de l’exemplarité (Éditions du CNRS, 1991), Campagne de tous nos désirs : patrimoine et nouveaux usages (Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2000), Ce qui nous relie (Éditions de l’Aube, 2000), Des sciences citoyennes ? la question de l’amateur dans les sciences citoyennes (Éditions de l’Aube, 2000).

Rencontre animée par Georges Gay, professeur à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne.

Conférence de l’Hôtel-de-Ville 2014-2015 n°5

25 mars 2015 à 19h, Hôtel de Ville, salle Aristide Briand

Colette BEC

à propos de son livre

« La sécurité sociale. Une institution de la démocratie. »

aux Éditions Gallimard (2014)

À distance des polémiques sur la Sécurité sociale, Colette Bec revient à l’intention de ses fondateurs pour saisir les principes à l’œuvre dans son évolution et ses problèmes actuels.

Dans le projet d’après-guerre, elle était vue comme une politique de protection globale, qui, contrairement aux assurances sociales ne se limitait pas à la protection des salariés. Conçue comme le socle de la solidarité, elle relevait de choix collectifs engageant le destin commun et l’organisation d’une société juste. C’était une institution de la démocratie à venir – une démocratie capable d’aménager un cadre permettant l’émancipation individuelle.

Dans cette perspective, Colette Bec comprend la crise de la Sécurité sociale comme celle d’un mode d’appartenance qu’elle a contribué à élaborer et contribue désormais à déconstruire. Elle montre aussi que cette ambition première n’a rien perdu de sa valeur dans un contexte actuel rendu en partie inintelligible par une approche technicienne et budgétaire.

C. BECColette BEC, professeur de sociologie à l’Université Paris-Descartes, est l’auteur notamment de Assistance et République (Éditions de l’Atelier, 1994), L’assistance en démocratie (Belin, 1998), De l’État social à l’État des droits de l’homme ? (Presses Universitaires de Rennes, 2007) et dirigé avec Giovanna Procacci, De la responsabilité solidaire. Mutations dans les politiques sociales d’aujourd’hui (Syllepse, 2003).

Rencontre animée par Christophe Beaudoin, directeur-adjoint de l’Ecole nationale supérieure de la Sécurité sociale.

Conférence de l’Hôtel-de-Ville 2014-2015 n°4

21 janvier 2015 à 19h, Hôtel de Ville, salle Aristide Briand

Catherine KINTZLER

à propos de son livre

« Penser la laïcité »

aux éditions Minerve,( 2014)

« Qu’est-ce que l’extrémisme laïque ? Pourquoi ajouter un adjectif au substantif « laïcité » ? Comment la laïcité a t-elle été offerte en cadeau à l’extrême droite ? Comment se justifie la laïcité scolaire ? Peut-on l’étendre à l’enseignement supérieur ? L’interdiction du masque intégral est-elle d’inspiration laïque ? La liberté des cultes requiert-elle un soutien public ? Une entreprise peut-elle revendiquer la laïcité, peut-elle l’imposer à son personnel ? La laïcité est-elle contraire à l’existence de communautés particulières ? L’appel à la distinction « public » et « privé » est-il pertinent et éclairant ? Y a t-il une « spiritualité laïque » ? Que veut-on dire lorsqu’on parle de « morale laïque » ? » 

La réflexion sur la laïcité entreprise depuis plusieurs années par Catherine Kintzler confronte dans cet ouvrage la pensée à l’épreuve de l’actualité, en distinguant « questions » et « fausses questions » laïques. Sans prétendre traiter ces questions de manière exhaustive, l’auteur propose de révéler leur pertinence et de montrer en quoi ces questions engagent la réflexion sur des interrogations plus vastes : nature du lien politique, concept de liberté, statut de la culture et de la morale.


C.KintzlerProfesseur honoraire à l’Université Charles de gaulle Lille 3, vice-présidente de la Société française de philosophie, Catherine Kintzler consacre la plupart de ses travaux à la philosophie de l’art et à la philosophie politique. Elle a notamment publié : Jean-Philippe Rameau, splendeur et naufrage de l’esthétique du plaisir à l’âge classique  (3ème édition, 2011- Minerve), Poétique de l’opéra français de Corneille à Rousseau (2006 ed. Minerve), Condorcet, l’instruction publique et la naissance du citoyen (ed. Gallimard, Folio essais, 1987), Qu’est-ce que la laïcité ? (ed. Vrin, 2008).

Présentation et discussion par Philippe Foray, professeur de philosophie et des sciences de l’éducation.

Conférence de l’Hôtel-de-Ville 2014-2015 n°3

Mardi 9 décembre 2014 à 19h, Hôtel de Ville, salle Aristide Briand

Jacques TESTART

à propos de son livre

« Faire des enfants demain »

aux Éditions du Seuil (2014)

Trente-cinq ans après le premier « bébé-éprouvette », près de 3 % des enfants sont conçus avec l’aide de la biomédecine dans les pays industrialisés. Qu’en sera-t-il dans les décennies à venir ?

S’il ne s’agit, selon la loi actuelle, que d’aider les couples stériles, l’assistance médicale à la procréation a désormais atteint ses buts avec l’optimisation des actes biologiques et médicaux. Mais la technique cherche toujours à agrandir son territoire et à régenter nos vies, même lorsque la nécessité ne s’impose pas… Aussi, puisqu’aujourd’hui la régulation bioéthique fait l’objet d’une permissivité croissante, la question se pose de savoir jusqu’où ira la médicalisation de la procréation, et comment la société pourra en maîtriser les dérives sociétales et eugéniques.

Jacques Testart, Chatenay Malabry - 30/11/2013

© Jérôme Panconi

Jacques TESTART est directeur de recherche honoraire à l’INSERM. Pionnier des méthodes de procréation assistée, il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : L’œuf transparent (Flammarion, 1986), Le Désir du gène (François Bourin, 1992), A qui profitent les OGM ? (CNRS Editions, 2013) ; il a également participé à des ouvrages collectifs, tels que Réflexions pour un monde vivable (Mille et une nuits, 2003) ou Altergouvernement (Le Muscadier, 2012).

Présentation et discussion par Christine Berton, (La Rotonde – Ecole des Mines de St-Etienne)

Conférence de l’Hôtel-de-Ville 2014-2015 n°2

Jeudi 27 novembre 2014 à 19h, Hôtel de Ville, salle Aristide Briand

Jean-Pierre MOUREY

à propos de son livre

« Relations paradoxales de l’art à la nature »

aux Publications de l’Université de Saint-Étienne (2013)

De nombreuses œuvres d’art se mesurent à la nature. Le végétal, la terre, l’animal, les éléments naturels sont une pierre de touche, un substrat incontournable pour l’homme moderne, technicisé.

De Cézanne à Penone et à d’autres artistes contemporains, l’expérience de la nature est fondatrice de leur démarche. Cependant cette quête est, en grande partie, utopique et paradoxale. Elle se double souvent d’une dimension mythologique. Le galet, le grain de sable, le brin d’herbe sont fragments de matière mais aussi symboles.

L’œuvre d’art est une construction, un artefact ; elle n’est pas un bloc de nature mais une production de signes. Elle donne à penser autant qu’à voir, à interpréter autant qu’à sentir. Une approche philosophique et esthétique des relations art/nature sera proposée ici à travers les notions de matière, fragment et sens.

J-P.MoureyJean-Pierre MOUREY est professeur émérite d’ Esthétique à l’Université Jean-Monnet de Saint-Étienne. Il est l’auteur de Borgès. Vérité et univers fictionnels (Mardaga, 1988), Le vif de la sensation (PUSE, 1993), Philosophie et pratiques du détail (Champ Vallon, 1996) ; il a dirigé ou codirigé aussi de nombreuses publications collectives, comme Figures du loufoque à la fin du XXe siècle. Arts et littératures (avec J.B.Vray, PUSE, 2003) ,ou Art et ville contemporaine. Rythmes et flux (avec B.Ramaut-Chevassus, PUSE, 2012).

Présentation et discussion par Michel de Gaudemar, Professeur émérite de philosophie en classes préparatoires.

Conférence de l’Hôtel-de-Ville 2014-2015 n°1

Jeudi 6 novembre 2014 à 19h, Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Christophe BOUTON

à propos de son livre

« Faire l’histoire. de la révolution française, au printemps arabe. » 

aux Éditions du Cerf (2013)

Les hommes font-ils l’histoire ? Qui sont les « sujets » censés la faire ? Les grands hommes, l’avant-garde, le peuple, les masses ? Quel est le degré de conscience des acteurs historiques ? Les crimes de masse du XXe siècle n’ont-ils pas révélé dans la volonté de faire l’histoire un projet dangereux, totalitaire ?

Christophe Bouton reconstitue la genèse de la thèse de la « faisabilité » de l’histoire et reprend les termes du débat qu’elle a suscité. Ses analyses font ressortir, en contrepoint d’une vision trop élitiste de l’histoire, le rôle irréductible des individus anonymes dans les grands événements collectifs. Elles débouchent sur une théorie de la responsabilité historique : ramifiée en une éthique de la mémoire (contre l’oubli des crimes de masse), une éthique de la démocratie (pour la défense active de ce régime) et une éthique de la nature (pour préserver la Terre, base de toute histoire future), elle vise à réhabiliter le rôle de l’homme comme acteur de son histoire.

Christophe BoutonChristophe BOUTON est professeur de philosophie à l’université de Bordeaux-Montaigne et membre de l’Institut Universitaire de France. Il est l’auteur entre autres de Temps et esprit dans la philosophie de Hegel (Vrin, 2000, Temps et liberté (Presses universitaires du Mirail, 2007), Le Temps de l’urgence (Le Bord de l’eau, 2013) ; Il a dirigé avec Bruce Bégout, Penser l’histoire. De Karl Marx aux siècles des catastrophes (Éditions de l’Éclat, 2011).

Présentation et discussion par Denys Barau, Docteur en Études Politiques.

Conférences de l’Hôtel de Ville 2013-2014

 

 

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archives : conférences de la saison 2013-2014 :
CONFERENCE N° 1 :

Jeudi 14 novembre 2013

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

 Jean-Michel Besnier

Jean-Michel-Besnier 

 à propos de son livre :

 » L’HOMME SIMPLIFIE. LE SYNDROME DE LA TOUCHE ETOILE « 

aux  Éditions Fayard (2012)

« Appuyez sur la touche étoile », répète le serveur vocal qui contraint son interlocuteur à faire la bête pour être servi. Les machines prétendent nous simplifier la vie ; elles réduisent aussi nos comportements à la logique de leur fonctionnement dépourvu d’ambiguïté, d’ironie ou d’émotions. Cette déshumanisation est d’autant plus redoutable qu’elle est insidieuse. À « l’homme simplifié » que nous consentons à devenir, au gré des conceptions scientifiques et des innovations techniques, il convient d’opposer une révolte d’un nouveau style : la revendication que seule porte encore la littérature de la complexité et de l’intériorité de l’homme comme le signe de sa liberté.

Jean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), appartient au Centre de recherches en épistémologie appliquée (CREA) (laboratoire du CNRS et de l’École polytechnique axé sur les sciences cognitives), collabore à la revue Hermès et au magazine Sciences et Avenir.  Il a publié entre autres : Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (Grasset, 1993), L’humanisme déchiré (Descartes et Cie, 1993), Peut-on encore croire dans le progrès ? (avec Dominique Bourg, PUF, 2000), Demain, les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette-Littératures, 2009).

Débat animée par Christine Berton, CCSTI La Rotonde

CONFERENCE N° 2 :

jeudi 19 décembre 2013

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Yves Cohen

Yves Cohen
 
à propos de son livre :

« LE SIÈCLE DES CHEFS. UNE HISTOIRE TRANSNATIONALE DU COMMANDEMENT ET DE L’AUTORITÉ (1890-1940) »

aux Éditions Amsterdam (2013)

Pourquoi « le besoin de chef » a-t-il pris une telle ampleur à partir de la fin du XIXe siècle ? Comment la préoccupation pour le commandement a-t-elle circulé d’un domaine à l’autre, de la guerre à la politique et de la politique à l’industrie ? Comment les formes et le langage du commandement sont-ils devenus transnationaux ? Quel rôle ont joué dans ce phénomène les sciences sociales ? Yves Cohen aborde ces questions en articulant l’étude des littératures profanes et spécialisées sur le commandement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et une analyse des pratiques des chefs. En retraçant les actions des ingénieurs et directeurs d’usine et l’exercice du commandement par Roosevelt, Hitler et surtout Staline, il montre l’émergence d’une figure fondamentale pour l’histoire du XXe siècle.

Yves Cohen est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il a publié de nombreux articles et Organiser à l’aube du taylorisme. La pratique d’Ernest Mattern chez Peugeot, 1906-1919 (Presses universitaires de Franche-Comté, 2001).

Débat animé par Serge Proust, maître de conférences à l’Université de Saint-Etienne.

 

CONFERENCE N°3:

mercredi 26 février 2014

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Barbara Cassin

Photo Opale OKBarbara_Cassin - copie

à propos de son livre :   » LA NOSTALGIE. QUAND DONC EST-ON CHEZ SOI ? ULYSSE, ENEE, ARENDT. « 

aux éditions Autrement ( 2013)

Enracinement et déracinement : voilà la nostalgie. Contrairement aux apparences, le mot n’est pas grec : il a été forgé au XVIIe siècle pour nommer le mal dont souffraient les mercenaires suisses. La nostalgie, c’est aussi ce que Barbara Cassin éprouve chaque fois qu’elle revient en Corse, où elle n’a pas ses racines. Prenant appui tour à tour sur les  figures d’Ulysse et  d’Enée, puis sur l’expérience d’Hannah Arendt, elle s’interroge, dans le droit fil de ses précédents ouvrages,  sur ce que veut dire être chez soi et y revenir, sur l’exil et sur la patrie, sur ce qu’est une langue maternelle et  sur l’impossibilité de la réduire à la langue d’un peuple, sur la nécessaire pluralité des langues et sur le paradigme de la traduction.

Barbara Cassin est philologue et philosophe, directrice de recherche au CNRS. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont : Si Parménide (PUL-MSH, 1980),  L’Effet sophistique (Gallimard, 1995), Google-moi, la deuxième mission de l’Amérique (Albin Michel, 2007), Jacques le Sophiste. Lacan, logos et psychanalyse (Epel, 2012) elle a dirigé le Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (Le Seuil-Le Robert, 2004) et participé à d’autres ouvrages collectifs comme Vérité, réconciliation, réparation (avec O.Cayla, P.J.Salazar) (Le Seuil, 2004) ou L’Appel des appels. Pour une insurrection des consciences (avec Roland Gori, Christian Laval) (Mille et une nuits, 2009)

Rencontre animée par Mireille Coulomb professeur de philosophie en khâgne au Lycée Claude Fauriel.

CONFERENCE N°4

Mercredi 26 mars 2014

19 heures,  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Jacques Ion

photo Ion

à propos de son livre   » S’ENGAGER DANS UNE SOCIÉTÉ D’INDIVIDUS »

aux Éditions Armand Colin (2012)

S’engager fait toujours sens, peut-être même plus encore qu’avant, dans notre « société d’individus ». Démenti aux discours convenus de dénonciation de la « montée des égoïsmes » et aux exhortations rhétoriques au « sursaut de citoyenneté », les individus sont en effet plus nombreux, notamment parmi les jeunes et surtout les femmes, à s’associer, à se mobiliser dans l’espace public. Mais ils le font selon de nouvelles modalités, qui s’écartent des schémas du militantisme d’antan. Plus autonomes par rapport à leurs milieux d’appartenance, plus soucieux de faire entendre leur parole propre, plus réflexifs, délivrés de toute révérence obligée envers les puissants et les experts, ces nouveaux militants déroutent parfois. Le fonctionnement de la vie associative, les pratiques protestataires et le citoyenneté s’en trouvent modifiés.

Jacques ION est sociologue, directeur de recherches au CNRS. Il a publié notamment : Les Travailleurs sociaux (avec J.P.Tricart) (La Découverte, 1984),  La Fin des militants (avec René Mouriaux, Pierre Héritier, Anne-Marie Grozelier) (L’Atelier, 1997) Le Travail social à l’épreuve du territoire (Dunod, 2000), Militer aujourd’hui (avec Spyro Franguiadakis, Pascal Viot) (Autrement, 2005), Politiques de l’individualisme : entre sociologie et philosophie (avec  Philippe Corcuff, François de Singly) et dirigé Le Travail social en débat(s) (La Découverte, 2005).

Rencontre animée par Pascale Pichon,  professeure de sociologie à l’Université Jean-Monnet de Saint-Etienne.

CONFERENCE N° 5 :

Mercredi 16 avril 2014

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

François Hartog

François HARTOG

à propos de son livre  » CROIRE EN L’HISTOIRE « 

aux  Éditions Flammarion (2013)

L‘Histoire fut la grande puissance et la grande croyance des temps modernes, qui organisait le monde et lui donnait sens. On se mit à son service, au point de s’aveugler, voire de commettre le pire en son nom. Juge suprême des conduites et des événements, elle enthousiasma et terrifia. Affaire des historiens, elle ambitionna d’être une science, tandis que les romanciers s’attachèrent à dire ce monde saisi par l’Histoire.

Depuis les années 1980, cette toute-puissance est mise en cause. Notre rapport au passé est désormais affaire de mémoire plus que d’histoire ; trop imprévisible ou trop prévisible, l’avenir semble avoir disparu de notre horizon, et l’historien est pris dans l’urgence du présent. Devenue justiciable plutôt que juge, l’histoire peine à remplir son rôle de trait d’union entre le passé, le présent et le futur. Quel sens donner aujourd’hui au mot « histoire » ?

François Hartog, historien, est directeur d’études à l’EHESS. Parmi ses nombreux ouvrages : Le Miroir d’Hérodote. Essai sur la représentation de l’autre (Gallimard, 1980), Le XIXe siècle et l’histoire. Le cas Fustel de Coulanges (PUF, 1988), Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps (Le Seuil, 2003), Anciens, modernes, sauvages (Galaad, 2005), Évidence de l’histoire. Historiographie ancienne et moderne (Éditions de l’EHESS, 2005), Vidal-Naquet, historien en personne. L’homme-mémoire et le moment mémoire (La Découverte, 2007), La Chambre de veille. Entretiens avec Felipe Brandi et Thomas Hirsch (Flammarion, 2013)

Rencontre animée par Denys Barau, docteur en Études politiques.

CONFERENCE N° 6 : 

Jeudi 24 avril 2014,

 

19 heures, salle Aristide Briand, Hôtel de Ville
 

Bernard Lahire

 


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autour de son livre : « DANS LES PLIS SINGULIERS DU SOCIAL. INDIVIDUS, INSTITUTIONS,SOCIALISATIONS »,

aux éditions La Découverte (2013).

Dans ce livre conçu pour rendre plus largement visible le sens général de son travail, Bernard Lahire soumet à la critique les discours sur la « montée de l’individualisme » et la figure de l’homme « libre et autonome », au cœur de nos mythologies contemporaines. Il y expose aussi les raisons de l’exclusion de l’individu du champ des sciences sociales et la manière dont il est possible de sortir de raisonnements erronés pour faire de l’individu singulier un véritable objet sociologique en tant qu’être en permanence socialisé. Il conclut par un dialogue avec les sciences cognitives : à la lumière des phénomènes de plasticité cérébrale, elles nous rappellent que les individus ne perçoivent, ne pensent ou n’agissent  qu’en tant que dépositaires de l’ensemble des formes d’expérience déterminées par leurs places et leurs situations dans le monde social.

Bernard Lahire est professeur de sociologie à l’École normale supérieure de Lyon. Il est l’auteur entre autres de L’Homme pluriel. Les ressorts de l’action (Nathan, 1998), La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi (La Découverte, 2004), Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (La Découverte, 2010), Monde pluriel. Penser l’unité des sciences sociales (Le Seuil, 2012).

Rencontre animée par Philippe Foray, professeur de sciences de l’éducation à l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne.

 

COMPLÉMENT AU PROGRAMME :

 Vendredi 28 février 2014, à  18 h15,

Opéra Théâtre de Saint-Étienne- Théâtre Copeau

(Jardin des Plantes- Saint-Etienne)

L’ Association  de philosophie  Aussitôt dit propose, en complément au  programme de conférences pour la saison 2013-2014, une  rencontre exceptionnelle :

 Pierre Rosanvallon,

professeur au Collège de France,

Sébastien Balibar,

directeur de recherches au Laboratoire de physique de l’École normale supérieure de Paris, membre de l’Académie des Sciences,

 Pauline Péretz,

directrice éditoriale aux Éditions du Seuil,

Présenteront le projet :

« Raconter la vie »

avec la participation (sous réserve), de

Robin Renucci,

comédien, directeur des « Tréteaux de France« , et Président de  L’ARIA.

Cette rencontre ne se fera pas comme d’habitude autour d’un auteur et d’un livre, mais autour d’une équipe et d’un projet.  Ce projet comporte deux aspects complémentaires : une collection de livres et un site Internet participatif.

Face à l’impression d’abandon éprouvée par de nombreux Français,  ce projet entendrait répondre au besoin de voir les vies ordinaires racontées, les voix de faible ampleur écoutées, les aspirations quotidiennes prises en compte, et réunir toutes ces demandes de reconnaissance en un mouvement d’ensemble cohérent.  Il  part de la conviction que sortir de l’ombre et de l’anonymat permet d’inscrire sa vie dans des éléments de récit collectif et de retrouver une capacité d’action, et aussi que la connaissance d’autrui, facteur de confiance, est indispensable à une action commune.

Pour les initiateurs de ce projet, raconter la vie pourrait s’entendre de toutes de sortes de façons : témoignages, enquêtes journalistiques, analyses sociologiques, ou même chansons, photographies ….

Ils espèrent enfin, en mettant ainsi en lumière des existences et des lieux ignorés, pouvoir contribuer à la formation de nouvelles catégories pour appréhender la société d’aujourd’hui et en comprendre plus efficacement les ressorts et les problèmes.

soirée présentée par Denys Barau  et animée par Isabelle Rabineau.

 

 

Conférences de l’Hôtel de Ville 2012-2013

Les Conférences de l’Hôtel de Ville sont organisées par l’association de philosophie Aussitôt Dit, en partenariat avec le Centre Max Weber- CNRS (ex Modys), et La Rotonde-Ecole des Mines, avec le soutien financier de la ville de Saint-Etienne. 

Conférence n° 5 :

ces gestes qui nous humanisent…

17 avril 2013, à 19 Heures, Hôtel de Ville, salle 119,

Yves Citton parlera de ses deux livres récents : « Renverser l’insoutenable » (éditions du Seuil) et « Gestes d’humanitésAnthropologie sauvage de nos expériences esthétiques »  (éditions Armand Colin).

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(photo copyright E. Marchadour)

Dictature des marchés, inégalités sociales, catastrophes environnementales : à ces pressions insoutenables qui nous assaillent de toutes parts, à cette politique du pire, Yves Citton esquisse une alternative qui prendrait la forme d’une politique du geste.

Nos gestes en effet en savent et en font plus que nous. Situés à l’interface entre nous et les autres, ils font émerger, à travers nous, des processus qui dépassent nos intentions et notre rationalité conscientes. Visibles pour autrui, ils insèrent leur mouvement dans une dynamique collective. Ils ouvrent des perspectives capables de repousser les limites de la réalité.

Dans une époque marquée par la prolifération incontrôlée des programmations déshumanisantes, ces gestes, et les inflexions qu’ils rendent possibles, préservent les chances de notre humanisation.

Yves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble III ; co-directeur de la revue Multitudes, il a notamment publié Mythocratie : storytelling et imaginaire de gauche (Editions Amsterdam, 2010), L’Avenir des humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ? (La Découverte, 2010), Zazirocratie. Très curieuse introduction à la biopolitique et à la critique de la croissance (Editions Amsterdam, 2011).  

Rencontre animée par Roland Boully, comédien.

Conférence n°4 : 

science et politique : une si longue histoire…

Jeudi 28 mars 2013, à 19 heuresHôtel de Ville, salle Aristide Briand :

Nicolas Witkowski, à propos de son livre : « Science infuse, dictionnaire politique de la science » (Éditions Don Quichotte, 2013)

Réchauffement climatique, scandale sanitaire, OGM, catastrophe nucléaire : la science et la technique sont devenues des questions pleinement politiques, tandis que la « technoscience » vient interroger les concepts moraux les mieux ancrés. Pourtant on se résigne souvent à « n’y rien comprendre » laissant par là le champ libre aux lobbies de la technologie et aux pires bluffs scientifiques.

Ce dictionnaire vise moins à « faire passer de l’information » qu’à donner des outils  pour dégonfler les prétentions excessives de la technoscience, et découvrir derrière le jargon savant des notions et des façons de penser d’une merveilleuse simplicité.

De «ADN» à «zéro absolu », tout le domaine de la science et de la technologie se révèle alors non seulement comme digne d’être exploré mais aussi comme un incomparable tremplin pour l’imagination, où l’on peut pénétrer sans crainte.

Nicolas Witkowski, physicien et journaliste, éditeur et écrivain, est l’auteur de nombreux ouvrages visant à une approche désacralisée et ludique des sciences. Entre autres : L’État des sciences et des techniques (La Découverte, 1991) ; (avec Sven Ortoli) La Baignoire d’Archimède. Petite mythologie de la science (Le Seuil, 1996) ; Dictionnaire culturel des sciences (Éditions du Regard, 2001) ; Une histoire sentimentale des sciences (Le Seuil, 2005) ; Petite métaphysique des jouets (La Martinière, 2011).

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Conférence n°3 :

oeuvres de la culture et formes de vie…

Jeudi 21 mars 2013, à 19 h  Hôtel-de-Ville, salle 119 :

Martine  de Gaudemar, à propos de son livre   » La voix des personnages »  (Éditions du Cerf ,2011)

Médée est plus qu’une mère infanticide, Don Juan plus qu’un grand seigneur méchant homme, Cléopâtre plus qu’une reine séductrice. Ces personnages donnent une voix particulière à des dispositions universelles (rebelles, séductrices, sacrificielles). En incarnant un monde possible ou désirable, ils nous posent la question : Quel monde voulons-nous ? Ils nous insufflent leur énergie, leur désir de vivre. À nous, comme l’ont fait naguère Mozart ou Shakespeare, d’entendre leur exigence de reconnaissance, de mesurer le poids de tradition qu’ils transmettent, mais aussi les possibilités d’existence qu’ils ouvrent en montrant diverses « formes de vie ». Les personnages vivent dans une aire transitionnelle, entre l’intime et le collectif. Virtualités agissantes qui prennent corps dans les songes, les œuvres d’art, les textes littéraires, au cinéma aujourd’hui, ces « individualités typiques », tissent notre imaginaire partagé ; ils nous offrent un nouveau « cogito » qui réhabilite la vie sensible et affective.

Martine de Gaudemar, ancienne élève de l’École normale supérieure (Paris), est professeure de philosophie à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense ; elle est membre de l’Institut universitaire de France.

Elle a publié Leibniz. De la puissance au sujet (Vrin, 2002).

Rencontre animée par Serge Gaubert, professeur émérite de Lettres à l’université de Lyon II.

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Conférence n°2 :

le féminisme en débats…

Jeudi 7 février 2013, à 19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand :

 Martine Chaponnière et Silvia Ricci Lempen à propos de leur livre « Tu vois le genre ? Débats féministes contemporains »   (Éditions d’En bas, 2012)

De nos jours, se dire féministe et agir en conséquence implique de se positionner entre des tendances contradictoires et de s’attaquer à des problèmes qui peuvent paraître inextricables, parce qu’ils mettent en question la définition même de l’humain. Au-delà des revendications aux résultats tangibles (le droit de vote, le droit d’ouvrir un compte en banque, ou même l’interruption de grossesse), les auteures de ce livre entendent explorer les implications véritables de l’égalité dans un monde plus complexe, à travers en particulier les théories contemporaines de l’égalité, la différence sexuelle, la parité et les quotas, la division sexuelle du travail, le post-féminisme, la violence envers les femmes, le féminisme post-colonial, les sexualités non hétérosexuelles, l’amour …

Martine Chaponnière, docteure en sciences de l’éducation, est chargée de cours à l’Université de Genève. Elle a publié, entre autres, avec Corinne Chaponnière :La Mixité des hommes et des femmes,(In folio, 2006).

Silvia Ricci Lempen est journaliste, a publié de nombreux ouvrages  sur les questions féministes ; comme romancière, elle est aussi l’auteure de : Un homme tragique (L’Aire, 1991) ; Le sentier des éléphants (L’Aire, 1996) ; Avant  (L’Aire, 2000).

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Conférence n°1 :

Dans l’autoportrait…

25 janvier 2013, à 19 heures, hôtel de Ville de Saint-Etienne, salle Aristide Briand,

André Hirt , à propos de son livre sur l’autoportrait : « Ce rien que moi dur et glacial : Hélène Schjerfbeck »   (Éditions Les Belles Lettres (Encre marine) (2012)

Helène Schjerfbeck (1862-1946) a beaucoup peint, surtout une série d’autoportraits dans lesquels elle a étendu, en sa féminité, sa psychè, en ne cessant de la creuser, de la gratter jusqu’à l’os, jusqu’à la manifestation de ce que l’art est refus de la représentation, plutôt appel obstiné en soi de figures venues de rien. En parcourant la série, on songe inévitablement à la mort et à ses signes, alors qu’on doit voir aussi les couleurs tremblantes et toujours désirantes de la vie, par exemple sur les lèvres rouges. Cette peinture incomparable et radicale fait l’objet, dans ce livre – le premier essai consacré en français à Hélène Schjerfbeck -, d’une expérience du regard et d’une tentative de rencontre avec ce que les autoportraits manifestent d’une subjectivité en question jusqu’à la torture, qui a interpellé le spectateur stupéfait et étrangement concerné. Celui-ci s’engouffre à son tour, avec ses moyens philosophiques, dans la vérité inquiète du portrait réel et impossible.

André HIRT est professeur de philosophie en khâgne, aujourd’hui au lycée Faidherbe à Lille, après plusieurs années au lycée Claude Fauriel à Saint-Etienne.

Traducteur de Walter Benjamin, il a publié de nombreux ouvrages, dont : L’idiot musical : Glenn Gould, contrepoint et existence (Kimé, 2006) ; Le poème de la raison. Descartes (Kimé, 2006) ; Le Lied, la langue et l’histoire (Éditions de La Nuit, 2008) ; Un homme littéral : Philippe Lacoue-Labarthe (Kimé, 2009) ;  Baudelaire : le monde va finir (Kimé, 2010) ; L’Écholalie (Hermann, 2011).

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Conférences de l’Hôtel de Ville 2011-2012

Les Conférences de l’Hôtel de Ville sont organisées par l’association de philosophie Aussitôt Dit, en partenariat avec le Centre Max Weber- CNRS (ex Modys), et La Rotonde-Ecole des Mines, avec le soutien financier de la Ville de Saint-Etienne

N.B : à partir de janvier 2012, au cycle des Conférences de l’Hôtel de Ville, s’ajouteront plusieurs conférences sur Jean-Jacques Rousseau ,dans le cadre de la commémoration du tricentenaire de sa naissance, ainsi qu’une programmation spécifique consacrée à cet auteur dans le  Cours Public de Philosophie d’Aussitôt Dit. Un atelier de philosophie politique portera sur le Contrat Social et se déroulera sur plusieurs séances (voir programme détaillé dans les rubriques concernées). Les informations sur les conférences qui ont déjà eu lieu sont à consulter à la fin de la liste. (conférence n° 1 : Gisèle Sapiro, conférence n° 2 : Mireille Delmas-Marty)

Les Conférences de l’Hôtel de Ville ont lieu salle Aristide Briand à 19 heures.

prochaines conférences :

Conférence N° 5

Jeudi 22 mars 2012 ,  19 h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand :

 Etienne Klein : « Parlons-nous correctement du Big Bang ? »

Etienne Klein est Directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et professeur à lEcole Centrale. Il parlera de son livre :

Discours sur l’origine de l’univers (Flammarion, 2010).

Ingénieur physicien, directeur d’un laboratoire de recherches sur les sciences de la matière, Étienne Klein a la particularité d’être aussi docteur en philosophie, discipline qu’il enseigne à l’École Centrale Paris.
La variété des projets auxquels il a participé reflète l’ouverture d’esprit de ce scientifique prisé, et qui – ce n’est pas la moindre de ses qualités – excelle à faire partager ses passions au grand public.
Auteur de nombreux livres de vulgarisation des sciences, ses réflexions vont de la question du Temps à celles des nanotechnologies, en passant par la physique quantique et l’origine de l’univers.
C’est de cette dernière qu’Étienne Klein viendra nous parler lors de cette nouvelle Rencontre de l’Hôtel de Ville, à l’occasion de la publication de son ouvrage Discours sur l’origine de l’univers (Flammarion 2010).

Principales publications  :

Regards sur la matière. Des quanta et des choses, avec Bernard d’Espagnat (Fayard, 1993), La science nous menace-t-elle? (Le Pommier, 2003), Les tactiques de Chronos (Flammarion, 2004, prix La science se livre), Le Facteur temps ne sonne jamais deux fois (Flammarion, 2007), Le small bang des nanotechnologies (Odile Jacob, 2011).

conférence n°6 :

22 mai 2012, 19 h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand :

 André Orléan,

Directeur de recherche au CNRS,  à propos de son livre :

L’empire de la valeur. Refonder l’économie.

(Éditions du Seuil, 2011)

La crise financière a mis en évidence les limites de la théorie économique, qui n’a su ni prévoir les désordres à venir, ni même mettre en garde contre de possibles instabilités. Signe d’un profond dysfonctionnement, cet aveuglement ne pourra être corrigé que par un renouvellement radical des approches et des concepts – celui de valeur économique en premier lieu.

La tradition économique conçoit la valeur – celle des marchandises ou celle des titres financiers – comme une grandeur objective s’imposant aux acteurs à la manière d’un fait naturel. Or, il n’y a pas de « vraies valeurs ». Dans un monde incertain comme le nôtre, plusieurs prix sont possibles car plusieurs avenirs sont possibles. Aussi, loin d’être neutre, l’évaluation est-elle l’expression d’un point de vue au service d’intérêts ; elle est l’acte par lequel une société décide quelles voies explorer ou rejeter.

André Orléan est directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), et président de l’Association française d’économie politique.

Principales publications

La Monnaie souveraine (avec Michel Aglietta, Odile Jacob, 1998),  Le Pouvoir de la finance (Odile Jacob, 1999),  De l’euphorie à la panique : penser la crise financière (Éditions de la Rue d’Ulm, 2009).

Rencontre animée par Michel Bellet, Professeur agrégé de l’Université en sciences économiques à l’Université de St-Etienne, laboratoire UMR CNRS GATE Lyon Saint-Etienne.

 conférences ayant déjà eu lieu :

Conférence n° 4 :

7 février 2012, 19 h,   Hôtel de ville, salle Aristide Briand :

 Olivier Christin,

 professeur d’histoire moderne (Université de Neuchâtel), à propos de l’ouvrage qu’il a dirigé :

 Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines.

(éd.Métailié, 2010)

Mouvement ouvrier, avant-garde, intelligentsia, laïcité, travail ou encore histoire contemporaine font partie de ces mots ou de ces expressions qui semblent aller de soi et dont il n’est pas vraiment utile de connaître l’histoire pour les utiliser à bon escient. Pourtant, il n’en est rien. Ces termes s’exportent mal et chaque fois qu’on le fait dans l’usage courant ou le travail scientifique, ils multiplient les pièges et les faux-semblants : on finit par ne plus savoir de quoi on parle. Sommes-nous toujours bien d’accord sur ce que nous entendons par Occident, humanitaire ou administration et lorsque nous faisons voyager ces mots par-delà les frontières ?

C’est à rendre étranges ces expressions faussement évidentes, à en faire des objets de questionnement tout autant que des outils qu’on ne regarde plus tant ils paraissent banals que veut contribuer ce dictionnaire. Une vingtaine de spécialistes européens, sociologues, ethnologues, historiens ou historiens d’art sont pour cela conviés à leur chevet pour en décrire les cheminements complexes et en proposer un usage réfléchi.

Olivier Christin est spécialiste de l’histoire religieuse du début de l’époque moderne. Ancien membre de l’Institut universitaire de France, il enseigne à l’université de Neuchâtel (Suisse).

Il a publié notamment :  Une révolution symbolique : l’iconoclasme huguenot et la reconstruction catholique, (Éditions de Minuit, 1991), La Paix de religion : L’autonomisation de la raison politique au XVIe siècle (Le Seuil, 1997), Les yeux pour le croire. Les Dix commandements en images (XVe- XVIIe siècle) (Le Seuil, 2003) Avec Patrick Champagne, Pierre Bourdieu. Mouvement d’une pensée (Bordas, 2004).

La rencontre sera animée par Michel Rautenberg (Université de St-Etienne- Centre Max Weber-CNRS)

Conférence n° 1 :

Samedi 15 octobre 2011 (dans le cadre de la Fête du livre), 17 h30,  Hôtel de Ville, salle Aristide Briand, .

Gisèle Sapiro

 autour de son ouvrage :

La Responsabilité de l’écrivain.

Littérature, droit et morale en  France (XIXe – XXIe siècle).

éditions du Seuil, mars 2011.

Rencontre animée par Jean-Bernard Vray, professeur de littérature contemporaine (Université Jean-Monnet,  Saint-Étienne)

Un écrivain peut-il tout dire et, si non, quelles sont les limites que la société et l’époque lui assignent ?

Un écrivain doit-il tout dire et, si oui, les lois de la République des lettres lui font-elles obligation d’enfreindre celles du pouvoir et de la morale ?

Depuis le XVIIIe siècle, les discours sur les dangers de la lecture et l’influence subversive des hommes de lettres sur les esprits confortent la croyance dans les pouvoirs de l’écrit. Face à eux, tenants de l’art pour l’art et partisans de l’engagement des intellectuels se retrouvent autour de la défense d’une éthique propre à la littérature. Ces débats, hantés à l’origine par la mémoire des événements révolutionnaires et profondément redéfinis au moment de l’Épuration, notamment autour du cas Céline, n’ont cessé depuis deux siècles d’animer les prétoires, le Parlement et les colonnes de presse. Cet ouvrage en restitue toute l’importance, intellectuelle et politique. On y revisite des procès célèbres : ceux de Béranger, Courier, Flaubert, Baudelaire, ceux des naturalistes et, à partir d’archives inédites, ceux des intellectuels collaborationnistes.

Gisèle Sapiro est directrice de recherche au CNRS (Centre européen de sociologie et de science politique). Auteure de La Guerre des écrivains, 1940-1953 (Fayard, 1999), elle a notamment dirigé Translatio. Le Marché de la traduction en France à l’heure de la mondialisation (CNRS, 2008) et L’Espace intellectuel en Europe (La Découverte, 2009).

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Conférence n° 2 :    

Jeudi 10 novembre 2011 à 19 h.  (au lieu du 24 novembre initialement annoncé) Hôtel de Ville, salle Aristide Briand 

       Mireille Delmas-Marty

   Société de la peur ou communauté de valeurs ?

à propos de ses livres : Liberté et sûreté dans un monde dangereux et Vers une communauté de valeurs ?

aux Éditions du Seuil, 2010 et 2011

Rencontre animée par Eliette Rubi-Cavagna, maître de conférence à la faculté de Droit (Université Jean-Monnet,  Saint-Étienne)

Société de la peur : terrorisme, effets conjugués de la pauvreté, de la maladie et des risques écologiques, les États doivent faire face aujourd’hui à de nouveaux défis. Les attentats du 11 septembre ont sans doute changé la perception des dangers : les responsables politiques sont tentés de remettre en cause les libertés propres à l’Etat de droit. Et l’enchevêtrement des espaces normatifs (nationaux, européens, mondiaux) induit des effets qui échappent de plus en plus aux États.

Communauté de valeurs : comment concevoir les contours d’une communauté de valeurs par-delà la diversité des cultures et l’opposition des intérêts ? Explorant d’une part les interdits fondateurs (crimes internationaux), d’autre part les droits fondamentaux (droits de l’homme et biens publics mondiaux), Mireille Delmas-Marty n’entend pas éradiquer les différences mais relativiser le relativisme et montrer que le droit peut contribuer à nourrir l’idée de bien commun.

Mireille Delmas-Marty est professeur au Collège de France et membre de l’Académie des sciences morales et politiques ; elle a été professeur invité dans la plupart des grandes universités d’Europe et du monde ; elle a également participé à de nombreuses commissions (sur la réforme de la procédure pénale en 1988 ou sur la réforme de la constitution en 1992).

Principales publications :

Le Flou du droit. Du Code pénal aux droits de l’homme, Presses universitaires de France, 1986

Pour un droit commun, Le Seuil, 1994

Trois Défis pour un droit mondial, Le Seuil, 1998

Les Forces imaginantes du droit (I. Le Relatif et l’Universel, Le Seuil, 2004 ; II. Le Pluralisme ordonné, Le Seuil, 2006 ; III. La Refondation  des pouvoirs, Le Seuil, 2007 ; IV. Vers une communauté de valeurs, Le Seuil, 2011).

Conférence n° 3 :

Jeudi  8 décembre 2011 à 19 h.Hôtel de ville, salle Aristide Briand :

Annik Houel, Dominique Fougeyrollas-Schwebel, et Annie Léchenet

A propos de leurs contributions à l’ouvrage collectif :

La dynamique de la violence

sous la direction de Frédéric Chauvaud,  Presses Universitaires de Rennes, 2010.

La violence, tantôt présentée comme un invariant qui illustre la part obscure de l’humanité, tantôt comme un phénomène épisodique qui surgit et disparaît soudainement, ne cesse de hanter les sociétés contemporaines et celles du passé. Il ne peut s’agir de tenter une histoire générale de la violence, ni une lecture globale ou panoramique, mais de proposer une réflexion pluridisciplinaire pour tenter d’en cerner les contours, d’en suivre les évolutions, d’en prendre la mesure et surtout d’en cerner les enjeux, tant scientifiques que politiques.

C’est la première partie de l’ouvrage, consacrée à la description de la violence, qui sera évoquée. Son objet concerne essentiellement les violences envers les femmes, pour identifier les enjeux de connaissance et de reconnaissance de la définition et de la qualification des actes en termes de violence, bien illustrés par les polémiques visant à minimiser ces violences, ou les procédures narratives présidant à l’instruction d’une affaire dite de « crime passionnel ».

Annik Houel, professeure émérite de psychologie sociale, a participé à l’enquête ENVEFF sur les violences faites aux femmes (La Documentation française, 2003) et écrit de nombreux ouvrages :

Psychosociologie du crime passionnel  (PUF 2008),Crime passionnel, crime ordinaire  (PUF 2003),L’adultère au féminin et son roman  (Armand Colin, 1999), Le roman d’amour et sa lectrice, une si longue passion  (L’Harmattan, 1997).

Dominique Fougeyrollas-Schwebel, sociologue, est chargée de recherche au CNRS (Institut de recherche interdisciplinaire en socio-économie, Université Paris-Dauphine) ; elle a publié récemment, avec Elsa Dorlin et Hélène Rouch, Le corps entre sexe et genre (L’Harmattan, 2005)

Annie Léchenet est maîtresse de conférences en philosophie à l’université Lyon1 – IUFM, et l’une des fondatrices du mouvement Solidarité Femmes.

La rencontre sera animée par le professeur Michel Debout.


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ROUSSEAU 2012  / PROGRAMME SPECIFIQUE DE CONFERENCES :

Ces conférences sont programmées dans le cadre des manifestations organisées par la région Rhône-alpes pour célébrer le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau.

Lire Rousseau, pour mieux comprendre notre modernité démocratique…

L’association de philosophie Aussitôt dit vous invite à lire, relire et méditer l’oeuvre de ce philosophe et écrivain qui inspira si profondément nos façons de penser et notre sensibilité. Redécouvrir ensemble cette oeuvre controversée sera aussi l’occasion d’éclairer les indignations et les interrogations qui marquent ce début de ce nouveau millénaire.

Lieu et heure des conférences : Hôtel de Ville de Saint-Etienne, salle Aristide Briand, 19 heures.

5 avril 2012, 19 h : « Rousseau précurseur  et symptôme de la modernité démocratique : comment peut-on faire société et vouloir être soi ? «  par Dany Robert Dufour, professeur de philosophie de l’éducation (Université Paris VIII).

2 mai 2012, 19 h « Etre père et mari sous la Révolution l’héritage de Rousseau dans une correspondance conjugale » par Anne Verjus, chercheuse au CNRS (Laboratoire Triangle, ENS de Lyon).

11 octobre 2012, 19 h « l’actualité du Contrat social » par Paul Audi, philosophe.

6 décembre 2012, 19 h :  « L’idée de volonté générale peut-elle encore avoir un sens ? » par Bruno Bernardi, ancien professeur de khâgne (lycée Thiers, Marseille) 

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Conférences de l’hôtel de ville 2010-2011

ARCHIVES SAISON 2010-2011

Ci-dessous vous trouverez le programme des conférences en ordre chronologique décroissant :

Conférence n°7  :  attention , cette conférence est reportée au 24 novembre 2011

14 juin 2011 , à 19 h , Hôtel de Ville, salle Aristide Briand:

Mireille DELMAS- MARTY, Libertés et sûreté dans un monde dangereux.

Conférence n°6

10 mai 2011 , 19 heures, hôtel de ville, salle Aristide Briand :

Michel de GAUDEMAR :


Agrégé de philosophie, ancien professeur en Classes préparatoires au Lycée Claude Fauriel à St-Etienne, Michel de Gaudemar est membre d’Aussitôt Dit depuis sa fondation en 1994.

La conférence aura pour  thème le visage :

« Le visage est le lieu où s’inscrit la différence individuelle. C’est la conscience de soi-même à travers une forme sensible. C’est aussi la façon dont se présente l’autre.

Mais le visage se paye notre tête puisque chaque fois que l’on scrute son apparence, on le « dévisage » ! Et chaque fois que la présence de l’autre devient figure, face objectivable, elle cesse d’être « Visage ».

Alors il ne se contente pas de me donner accès à moi même dans une forme sensible, il me donne accès à l’autre au-delà de la figure perçue. Et la rencontre du visage est plutôt l’occasion de me forcer à sortir enfin de moi pour me sentir responsable d’autrui.

Cette rencontre nous apporte-t-elle la conscience de soi ou plutôt la mise en question de la conscience de soi dans la relation éthique ? « L’accès au visage est d’emblée éthique » (Emmanuel Lévinas « Ethique et Infini »). »

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Conférence n° 5

23 mars 2011, à 19 heures,

Salle Aristide Briand, Hôtel de Ville de Saint-Étienne,

Dominique CARDON,


à propos de son livre La démocratie internet

( Éditions du Seuil)

Plus que ce média de communication et d’information, dont on se plaît souvent à dénoncer les périls, Internet est pour Dominique Cardon une forme politique à part entière. Décloisonnant le débat, l’ouvrant à de nouveaux participants, le web renouvelle les possibilités de critique et d’action ; il constitue surtout un laboratoire d’expériences démocratiques, à l’échelle planétaire, qui élargit l’espace public et transforme la nature même de la démocratie. Aussi ce livre nous invite-t-il à penser la révolution numérique, avant de la célébrer ou de la dénigrer.

Dominique Cardon est sociologue au Laboratoire des usages d’Orange-Labs et chercheur associé au Centre d’étude des mouvements sociaux de l’Ecole des Hautes études en Sciences sociales. Ses nombreuses contributions à des ouvrages collectifs ou des revues (Politix, Réseaux, Le Temps des Médias, La Vie des idées) portent sur les usages des outils de coopération, sur les médias et l’espace public, et plus particulièrement, depuis 2003, sur l’Internet et l’espace public international.

Il a également publié en 2010, en collaboration avec Fabien GRANJON, Médiactivistes, aux Presses de Sciences Po.

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Conférence n° 4

2 février 2011, à 19 heures

Salle Aristide Briand, Hôtel de Ville de Saint-Étienne

Jocelyn BENOIST,

à propos de son livre  Concepts.  Introduction à l’analyse

(Éditions du Cerf)

Qu’est-ce qu’un concept ? La question n’intéresse pas seulement les chercheurs et les travailleurs intellectuels, elle exprime cette curiosité naturelle, quelque peu inquiète à laquelle expose toute pensée et qui pousse à souhaiter une détermination plus exacte de ce que nous entendons par « pensée ». Que veut dire pour la pensée qu’elle passe par la mise en œuvre de « concepts » ? De quelle nature est alors la discrimination entre le conceptuel et le non-conceptuel ?  La prise que les concepts sont censés nous ménager sur quelque chose nous fait-elle saisir la réalité même ? Dans quelles mesures nous rendent-ils par là capables de penser « les choses telles qu’elles sont » ? Et quelles limites faut-il accepter à l’efficacité de nos pensées ? Telles sont les questions que Jocelyn Benoist s’attache à résoudre dans ce livre au fil d’exemples et de mises en situation.

Jocelyn Benoist est professeur de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France et responsable de l’UMR CNRS Archives Husserl à l’Ecole normale supérieure. Ses travaux portent principalement sur la philosophie du langage et de la connaissance, à travers une confrontation entre la philosophie analytique et la phénoménologie.

Principaux ouvrages

L’idée de phénoménologie, Beauchesne, 2001

Représentations sans objet : aux origines de la phénoménologie et de la philosophie analytique, PUF, 2001

Intentionnalité et langage dans les Recherches logiques de Husserl, PUF, 2001

Entre acte et sens : recherches sur la théorie phénoménologique de la signification, Vrin, 2002

Les limites de l’intentionnalité. Recherches phénoménologiques et analytiques, Vrin, 2005

Sens et sensibilité. L’intentionnalité en contexte, Éditions du Cerf, 2009.

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Conférence n° 3 :       14 janvier 2011, à 19 h,

Georges DIDI-HUBERMAN

Salle Aristide Briand,  Hôtel de Ville de Saint-Etienne.

Né à St-Etienne, auteur de nombreux ouvrages d’histoire et de philosophie de l’art ainsi que d’articles dans des ouvrages collectifs en différentes langues, maître de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Georges Didi-Huberman nous parlera de ses dernières recherches dans une conférence ayant pour titre  : Montage pathétique.

Cette conférence aura pour point de départ « la critique menée par Roland Barthes, dans son articlele troisième sens* à l’encontre de la scène de lamentations dans le Cuirassé Potemkined’Eisenstein. R.Barthes considère au fond les images de lamentation comme lamentables. Je voudrais mettre en question cette mise en question… » (Georges Didi-Huberman)

Derniers ouvrages publiés le danseur des solitudes (éditions de Minuit, 2006) , l’image ouverte. Motifs de l’incarnation dans les arts visuels (Gallimard 2007), La ressemblance par contact. Archéologie anachronique et modernité de l’empreinte (éditions de Minuit 2008), Quand les images prennent position. L’oeil de l’histoire 1 (éditions de Minuit 2009), Survivance des lucioles (éditions de Minuit, 2009),Remontages du temps subi. L’oeil de l’histoire 2 (éditions de Minuit, 2010).

* article de R. Barthes dans les cahiers du cinéma n°222, 1970Conférence n° 5

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Conférence n°2 :

Mardi 9 novembre 2010 à 19 h

Salle Aristide Briand – Hôtel-de-Ville

Henri ATLAN


à propos de son livre   DE  LA  FRAUDE. LE  MONDE  DE L’ONAA

Aux Editions du Seuil, La librairie du XXIe siècle, 2010

Aujourd’hui, il semble qu’aucun discours, pas même l’usage d’énoncés scientifiques, n’est à l’abri de dérapages frauduleux, volontaires ou involontaires. Évaluer l’importance d’une fraude financière est possible. Cependant, comment prendre la mesure d’un presque mensonge, de la mauvaise foi ?
En ce temps de crise financière et morale, qui fragilise les démocraties, Henri Atlan, entreprend de repenser le statut de la fraude dans le monde contemporain. Il choisit de nous éclairer à l’aide du concept d’
onaa qui désigne en hébreu à la fois la fraude, dans les transactions financières, et la blessure verbale infligée par des paroles. Le monde de l’onaaest celui de l’entre-deux : on ne rêve plus ici de Platon, d’une vérité absolue, totale. À l’idéal d’une impossible pureté, on substitue la conception d’une réalité plausible, utilisant les limites de la loi pour imposer un moindre mal.


Henri Atlan est l’un des pionniers des théories de la complexité et de l’auto-organisation du vivant. Spécialiste de biologie moléculaire et philosophe, grand lecteur de Spinoza, il met en regard la science, les textes bibliques, mythologiques, talmudiques, philosophiques… Révélant une réflexion profonde et originale sur la nature complexe des relations entre la science et l’éthique, sa pensée interroge la compatibilité entre la pensée scientifique, tout entière tournée vers les déterminismes, et la compréhension des complexités, source continue d’indéterminismes. Elle aide à mieux comprendre les enjeux des questions de société que soulèvent le clonage, les découvertes récentes sur les prions, ou la biologie du développement.
Henri Atlan est professeur émérite de Biophysique et Directeur du Centre de Recherche en Biologie Humaine de hôpital universitaire Hadassah (Jérusalem, Israël) ; Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il a été membre du Comité consultatif national d’éthique pour les Sciences de la Vie et de la Santé de 1983 à 2000.

Principaux ouvrages :

La science est-elle inhumaine ? Essai sur la libre nécessité, Bayard, Paris, 2002 ; Les Étincelles de hasard. T. I : Connaissance spermatique, Seuil, Paris, 1999 ;  Le clonage humain (en coll. avec M.Augé, M. Delmas-Marty, R.-P. Droit & N. Fresco), Seuil, Paris, 1999 ; Tout, non, peut-être. Education et vérité. Seuil, Paris, 1991 ; A tort et à raison, Intercritique de la science et du mythe. Seuil, Paris, 1986 (Prix Psyché,1987) ; Entre le cristal et la fumée. Seuil, Paris, 1979 ;  L’organisation biologique et la théorie de l’information, Hermann, Paris, 1972.

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Conférence n° 1 :

Lundi 18 octobre 2010  à 19 h

Salle Aristide Briand – Hôtel-de-Ville

Véronique GUIENNE


À propos de son livre : SAUVER, LAISSER MOURIR, FAIRE MOURIR

Aux Presses Universitaires de Rennes, 2010

Issu d’une recherche sur les dilemmes moraux des professionnels de santé hospitaliers dans des situations difficiles, ce livre montre à partir de témoignages  ce qu’est la confrontation quotidienne à la mort et les choix des équipes soignantes. Comment se prennent les décisions médicales en « fin de vie » ? Quelles normes et quelles valeurs structurent ces choix ? Jusqu’où les lois récentes sur le consentement éclairé font-elles du « patient », et non des médecins,  le décideur de sa mort ? L’ensemble de l’enquête met en discussion les meilleurs moyens de prendre en compte les points de vue des intéressés pour des décisions plus démocratiques en matière de santé, de vie et de mort.

Sociologue, Véronique Guienne enseigne à l’université de Nantes ; elle est chercheuse au Centre Maurice-Halbwachs (EHESS-CNRS-ENS Paris) et coresponsable du réseau de recherche ETHIS (éthique et santé).

Principaux ouvrages

Action publique et prostitution (avec Jean Danet, Presses Universitaires de Rennes, 2006), Pourquoi l’injustice sociale ? (Eres, 2006), Pratiques sociales de l’argent (avec Jean-Philippe Bouilloud) (Eska, 2000), Au carrefour de l’exploitation (avec Grégoire Philonenko) (Desclée de Brouwer, 1997), Le travail social piégé (L’Harmattan, 1990).

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Conférences de l’Hôtel de Ville 2010-2011

ARCHIVES 2010-2011

Les Conférences de l’Hôtel de Ville sont organisées par l’association de philosophie Aussitôt Dit, en partenariat avec le MODYS et La Rotonde-Ecole des Mines, avec le soutien financier de la Ville de Saint-Etienne.

Ci-dessous vous trouverez le programme des conférences en ordre chronologique décroissant :

Conférence n°6


10 mai 2011 , 19 heures, salle Aristide Briand :

Michel de GAUDEMAR :


Agrégé de philosophie, ancien professeur en Classes préparatoires au Lycée Claude Fauriel à St-Etienne, Michel de Gaudemar est membre d’Aussitôt Dit depuis sa fondation en 1994.

La conférence aura pour  thème le visage :

« Le visage est le lieu où s’inscrit la différence individuelle. C’est la conscience de soi-même à travers une forme sensible. C’est aussi la façon dont se présente l’autre.

Mais le visage se paye notre tête puisque chaque fois que l’on scrute son apparence, on le « dévisage » ! Et chaque fois que la présence de l’autre devient figure, face objectivable, elle cesse d’être « Visage ».

Alors il ne se contente pas de me donner accès à moi même dans une forme sensible, il me donne accès à l’autre au-delà de la figure perçue. Et la rencontre du visage est plutôt l’occasion de me forcer à sortir enfin de moi pour me sentir responsable d’autrui.

Cette rencontre nous apporte-t-elle la conscience de soi ou plutôt la mise en question de la conscience de soi dans la relation éthique ? « L’accès au visage est d’emblée éthique » (Emmanuel Lévinas « Ethique et Infini »).

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Conférence n°7

14 juin 2011 : Mireille DELMAS- MARTY, à propos de son livre Liberté et sécurité dans un monde dangereux.

(la date de cette conférence, initialement prévue pour le 7 avril a été modifiée)

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Conférence n° 5

23 mars 2011, à 19 heures,

Salle Aristide Briand, Hôtel de Ville de Saint-Étienne,

Dominique CARDON,

à propos de son livre La démocratie internet

( Éditions du Seuil)

Plus que ce média de communication et d’information, dont on se plaît souvent à dénoncer les périls, Internet est pour Dominique Cardon une forme politique à part entière. Décloisonnant le débat, l’ouvrant à de nouveaux participants, le web renouvelle les possibilités de critique et d’action ; il constitue surtout un laboratoire d’expériences démocratiques, à l’échelle planétaire, qui élargit l’espace public et transforme la nature même de la démocratie. Aussi ce livre nous invite-t-il à penser la révolution numérique, avant de la célébrer ou de la dénigrer.

Dominique Cardon est sociologue au Laboratoire des usages d’Orange-Labs et chercheur associé au Centre d’étude des mouvements sociaux de l’Ecole des Hautes études en Sciences sociales. Ses nombreuses contributions à des ouvrages collectifs ou des revues (Politix, Réseaux, Le Temps des Médias, La Vie des idées) portent sur les usages des outils de coopération, sur les médias et l’espace public, et plus particulièrement, depuis 2003, sur l’Internet et l’espace public international.

Il a également publié en 2010, en collaboration avec Fabien GRANJON, Médiactivistes, aux Presses de Sciences Po.

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Conférence n° 4

2 février 2011,à 19 heures

Salle Aristide Briand, Hôtel de Ville de Saint-Étienne

Jocelyn BENOIST,

à propos de son livre  Concepts.  Introduction à l’analyse

(Éditions du Cerf)

Qu’est-ce qu’un concept ? La question n’intéresse pas seulement les chercheurs et les travailleurs intellectuels, elle exprime cette curiosité naturelle, quelque peu inquiète à laquelle expose toute pensée et qui pousse à souhaiter une détermination plus exacte de ce que nous entendons par « pensée ». Que veut dire pour la pensée qu’elle passe par la mise en œuvre de « concepts » ? De quelle nature est alors la discrimination entre le conceptuel et le non-conceptuel ?  La prise que les concepts sont censés nous ménager sur quelque chose nous fait-elle saisir la réalité même ? Dans quelles mesures nous rendent-ils par là capables de penser « les choses telles qu’elles sont » ? Et quelles limites faut-il accepter à l’efficacité de nos pensées ? Telles sont les questions que Jocelyn Benoist s’attache à résoudre dans ce livre au fil d’exemples et de mises en situation.

Jocelyn Benoist est professeur de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France et responsable de l’UMR CNRS Archives Husserl à l’Ecole normale supérieure. Ses travaux portent principalement sur la philosophie du langage et de la connaissance, à travers une confrontation entre la philosophie analytique et la phénoménologie.

Principaux ouvrages

L’idée de phénoménologie, Beauchesne, 2001

Représentations sans objet : aux origines de la phénoménologie et de la philosophie analytique, PUF, 2001

Intentionnalité et langage dans les Recherches logiques de Husserl, PUF, 2001

Entre acte et sens : recherches sur la théorie phénoménologique de la signification, Vrin, 2002

Les limites de l’intentionnalité. Recherches phénoménologiques et analytiques, Vrin, 2005

Sens et sensibilité. L’intentionnalité en contexte, Éditions du Cerf, 2009.

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Conférence n° 3 :       14 janvier 2011, à 19 h,

Georges DIDI-HUBERMAN

Salle Aristide Briand,  Hôtel de Ville de Saint-Etienne.

Né à St-Etienne, auteur de nombreux ouvrages d’histoire et de philosophie de l’art ainsi que d’articles dans des ouvrages collectifs en différentes langues, maître de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Georges Didi-Huberman nous parlera de ses dernières recherches dans une conférence ayant pour titre  : Montage pathétique.

Cette conférence aura pour point de départ « la critique menée par Roland Barthes, dans son articlele troisième sens* à l’encontre de la scène de lamentations dans le Cuirassé Potemkined’Eisenstein. R.Barthes considère au fond les images de lamentation comme lamentables. Je voudrais mettre en question cette mise en question… » (Georges Didi-Huberman)

Derniers ouvrages publiés le danseur des solitudes (éditions de Minuit, 2006) , l’image ouverte. Motifs de l’incarnation dans les arts visuels (Gallimard 2007), La ressemblance par contact. Archéologie anachronique et modernité de l’empreinte (éditions de Minuit 2008), Quand les images prennent position. L’oeil de l’histoire 1 (éditions de Minuit 2009), Survivance des lucioles (éditions de Minuit, 2009),Remontages du temps subi. L’oeil de l’histoire 2 (éditions de Minuit, 2010).

* article de R. Barthes dans les cahiers du cinéma n°222, 1970Conférence n° 5

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Conférence n°2 :

Mardi 9 novembre 2010 à 19 h

Salle Aristide Briand – Hôtel-de-Ville

Henri ATLAN

à propos de son livre   DE  LA  FRAUDE. LE  MONDE  DE L’ONAA

Aux Editions du Seuil, La librairie du XXIe siècle, 2010

Aujourd’hui, il semble qu’aucun discours, pas même l’usage d’énoncés scientifiques, n’est à l’abri de dérapages frauduleux, volontaires ou involontaires. Évaluer l’importance d’une fraude financière est possible. Cependant, comment prendre la mesure d’un presque mensonge, de la mauvaise foi ?
En ce temps de crise financière et morale, qui fragilise les démocraties, Henri Atlan, entreprend de repenser le statut de la fraude dans le monde contemporain. Il choisit de nous éclairer à l’aide du concept d’
onaa qui désigne en hébreu à la fois la fraude, dans les transactions financières, et la blessure verbale infligée par des paroles. Le monde de l’onaaest celui de l’entre-deux : on ne rêve plus ici de Platon, d’une vérité absolue, totale. À l’idéal d’une impossible pureté, on substitue la conception d’une réalité plausible, utilisant les limites de la loi pour imposer un moindre mal.


Henri Atlan est l’un des pionniers des théories de la complexité et de l’auto-organisation du vivant. Spécialiste de biologie moléculaire et philosophe, grand lecteur de Spinoza, il met en regard la science, les textes bibliques, mythologiques, talmudiques, philosophiques… Révélant une réflexion profonde et originale sur la nature complexe des relations entre la science et l’éthique, sa pensée interroge la compatibilité entre la pensée scientifique, tout entière tournée vers les déterminismes, et la compréhension des complexités, source continue d’indéterminismes. Elle aide à mieux comprendre les enjeux des questions de société que soulèvent le clonage, les découvertes récentes sur les prions, ou la biologie du développement.
Henri Atlan est professeur émérite de Biophysique et Directeur du Centre de Recherche en Biologie Humaine de hôpital universitaire Hadassah (Jérusalem, Israël) ; Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il a été membre du Comité consultatif national d’éthique pour les Sciences de la Vie et de la Santé de 1983 à 2000.

Principaux ouvrages :

La science est-elle inhumaine ? Essai sur la libre nécessité, Bayard, Paris, 2002 ; Les Étincelles de hasard. T. I : Connaissance spermatique, Seuil, Paris, 1999 ;  Le clonage humain (en coll. avec M.Augé, M. Delmas-Marty, R.-P. Droit & N. Fresco), Seuil, Paris, 1999 ; Tout, non, peut-être. Education et vérité. Seuil, Paris, 1991 ; A tort et à raison, Intercritique de la science et du mythe. Seuil, Paris, 1986 (Prix Psyché,1987) ; Entre le cristal et la fumée. Seuil, Paris, 1979 ;  L’organisation biologique et la théorie de l’information, Hermann, Paris, 1972.

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Conférence n° 1 :

Lundi 18 octobre 2010  à 19 h

Salle Aristide Briand – Hôtel-de-Ville

Véronique GUIENNE

À propos de son livre : SAUVER, LAISSER MOURIR, FAIRE MOURIR

Aux Presses Universitaires de Rennes, 2010

Issu d’une recherche sur les dilemmes moraux des professionnels de santé hospitaliers dans des situations difficiles, ce livre montre à partir de témoignages  ce qu’est la confrontation quotidienne à la mort et les choix des équipes soignantes. Comment se prennent les décisions médicales en « fin de vie » ? Quelles normes et quelles valeurs structurent ces choix ? Jusqu’où les lois récentes sur le consentement éclairé font-elles du « patient », et non des médecins,  le décideur de sa mort ? L’ensemble de l’enquête met en discussion les meilleurs moyens de prendre en compte les points de vue des intéressés pour des décisions plus démocratiques en matière de santé, de vie et de mort.

Sociologue, Véronique Guienne enseigne à l’université de Nantes ; elle est chercheuse au Centre Maurice-Halbwachs (EHESS-CNRS-ENS Paris) et coresponsable du réseau de recherche ETHIS (éthique et santé).

Principaux ouvrages

Action publique et prostitution (avec Jean Danet, Presses Universitaires de Rennes, 2006), Pourquoi l’injustice sociale ? (Eres, 2006), Pratiques sociales de l’argent (avec Jean-Philippe Bouilloud) (Eska, 2000), Au carrefour de l’exploitation (avec Grégoire Philonenko) (Desclée de Brouwer, 1997), Le travail social piégé (L’Harmattan, 1990).

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Mercredi 2 février 2011


Jocelyn  BENOIST

À propos de son livre :  CONCEPTS. INTRODUCTION  A L’ANALYSE

Aux Editions du Cerf


Qu’est-ce qu’un concept ? La question n’intéresse pas seulement les chercheurs et les travailleurs intellectuels, elle exprime cette curiosité naturelle, quelque peu inquiète à laquelle expose toute pensée et qui pousse à souhaiter une détermination plus exacte de ce que nous entendons par « pensée ». Que veut dire pour la pensée qu’elle passe par la mise en œuvre de « concepts » ? De quelle nature est alors la discrimination entre le conceptuel et le non-conceptuel ?  La prise que les concepts sont censés nous ménager sur quelque chose nous fait-elle saisir la réalité même ? Dans quelles mesures nous rendent-ils par là capables de penser « les choses telles qu’elles sont » ? Et quelles limites faut-il accepter à l’efficacité de nos pensées ? Telles sont les questions que Jocelyn Benoist s’attache à résoudre dans ce livre au fil d’exemples et de mises en situation.

Jocelyn Benoist est professeur de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France et responsable de l’UMR CNRS Archives Husserl à l’Ecole normale supérieure. Ses travaux portent principalement sur la philosophie du langage et de la connaissance, à travers une confrontation entre la philosophie analytique et la phénoménologie.

Principaux ouvrages

L’idée de phénoménologie, Beauchesne, 2001

Représentations sans objet : aux origines de la phénoménologie et de la philosophie analytique, PUF, 2001

Intentionnalité et langage dans les Recherches logiques de Husserl, PUF, 2001

Entre acte et sens : recherches sur la théorie phénoménologique de la signification, Vrin, 2002

Les limites de l’intentionnalité. Recherches phénoménologiques et analytiques, Vrin, 2005

Sens et sensibilité. L’intentionnalité en contexte, Éditions du Cerf, 2009