Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°7

Mardi 5 mai 2020 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Réjane SÉNAC

à propos de ses livres

« LES NON-FRÈRES AU PAYS DE L’ÉGALITÉ »

Aux Presses de Sciences-Po (2017)
et

« L’ÉGALITÉ SANS CONDITION »

Aux Editions Rue de l’Échiquier (2019)

Après avoir fait ressortir la dimension d’exclusion que le mot de fraternité introduisait dans la devise républicaine, Réjane Sénac remet en cause la conception française de l’égalité, comme un mythe à déconstruire pour tendre vers une égalité sans condition : en deçà du sexe, de l’origine sociale et ethno-raciale, de la religion et de l’orientation sexuelle. Autrement dit, nous ne serons égaux que si nous nous reconnaissons comme semblables et non comme complémentaires au regard d’identifications figées et figeantes. Elle montre que l’égalité n’existera qu’en se libérant du récit de la performance de la mixité, incarné par des slogans tels que « la diversité, c’est bon pour le business » ou « la mixité est une valeur ajoutée », en particulier entre les femmes et les hommes. Si on ne veut pas vivre dans une société où même l’égalité devient une histoire de rentabilité et de success-story, il est urgent de se réveiller de ce « compte » de fée.

Réjane SÉNAC, politologue, est directrice de recherche au CNRS (CEVIPO Sciences Po). Elle a également publié : L’ordre sexué : la perception des inégalités femmes-hommes (PUF, 2007), La parité (PUF, 2008), L’invention de la diversité (PUF, 2012), L’égalité sous conditions : genre, parité, diversité (Presses de Science Po, 2015).

La rencontre sera animée par Annie Léchenet, ancienne maîtresse de conférence en philosophie à l’Université de Lyon I-ESPE
et membre du Laboratoire Triangle (CNRS) 
.

Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°5

Mercredi 25 mars 2020 à 19h, Hôtel de ville, 119

François TAULELLE

à propos du livre qu’il a co-dirigé avec Thibault COURCELLE et Ygal FIJALKOW

« SERVICES PUBLICS ET TERRITOIRES. ADAPTATIONS, INNOVATIONS ET REACTIONS »

Aux Presses Universitaires de Rennes (2017)

Le redéploiement spatial et la réorganisation des services publics de toutes catégories ont été depuis deux décennies d’une ampleur inégalée ; ils se sont effectués sans vision d’ensemble, sans connaître les réalités (géographiques, sociales et économiques) propres aux territoires concernés. Certains de ceux-ci, particulièrement fragiles, ont vu disparaître des services publics qui jouaient un rôle essentiel pour l’économie locale. Leurs réorganisations ont fonctionné de manière sectorielle et cloisonnée provoquant dans plusieurs territoires des effets de disparition cumulative. Le processus est avant tout guidé par des instruments d’inspiration managériale, qui répondent au souci de rationaliser l’argent investi, en apportant une meilleure qualité de service au meilleur coût. Si les objectifs poursuivis sont de bon sens, surtout en période de crise, il est difficile d’en mesurer les effets.
L’objet de l’ouvrage est de contribuer à rendre compte des conséquences de ces réorganisations dans les villes petites et moyennes et de révéler quelques aspects essentiellement qualitatifs qui demeurent souvent ignorés dans les analyses et les rapports officiels.

François TAULELLE est professeur des universités en géographie/ aménagement et urbanisme à l’Institut national universitaire Jean-François Champollion d’Albi. Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées, et co-dirigé avec Chantal Alvergne, Du local à l’Europe : les nouvelles politiques d’aménagement du territoire (PUF, 2002) .

La rencontre sera animée par Christelle Morel Journel, maîtresse de conférences à l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne, chercheuse au Laboratoire Environnement, ville, société (CNRS).

Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°4

Mercredi 12 février 2020 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Jean LASSÈGUE

à propos de son livre co-écrit avec Antoine GARAPON

« JUSTICE DIGITALE. RÉVOLUTION GRAPHIQUE ET RUPTURE ANTHROPOLOGIQUE »

Aux Presses universitaires de France (2018)

Remplacement des avocats par des robots, disparition des notaires, résolution des conflits en ligne, justice prédictive, état civil tenu par la blockchain, généralisation des contrats en bitcoins échappant à tout contrôle (et à toute taxation) : le numérique n’en finit pas de bouleverser la justice en inquiétant les uns et en enthousiasmant les autres. Plutôt que de proposer un bilan de ces innovations, nécessairement prématuré, ce livre tente de situer l’épicentre anthropologique d’une déflagration provoquée par l’apparition d’une nouvelle écriture qu’il faut bien désigner comme une révolution graphique. La justice digitale alimente un nouveau mythe, celui d’organiser la coexistence des hommes sans tiers et sans loi par un seul jeu d’écritures, au risque d’oublier que l’homme est un animal politique.

Jean LASSÈGUE est philosophe, chercheur au CNRS (Institut Marcel Mauss- EHESS). Ses travaux portent notamment sur l’histoire de l’informatique comme étape dans l’histoire de l’écriture. Il a publié : Turing (Les Belles Lettres, 1998), Patience camarade, un monde lisible est devant toi (collectif, Descartes et Cie, 2012), Cassirer. Du transcendantal au sémiotique (Vrin, 2016).

La rencontre sera animée par Mouna MOUNCIF MOUNGACHE, maîtresse de conférence en Droit public, Université Jean-Monnet (Saint-Etienne).

Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°3

Jeudi 16 janvier 2020 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Philippe VAN PARIJS

à propos de son livre

« LE REVENU DE BASE INCONDITIONNEL. UNE PROPOSITION RADICALE »

Aux Éditions La Découverte (2019)

L’idée de revenu de base inconditionnel est désormais au cœur des débats sur l’avenir de nos modèles sociaux. Elle consiste à verser à chacun un revenu régulier à titre individuel, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Tout en plaidant en faveur de cette idée qui vise à rendre notre société plus libre et notre économie plus saine, ce livre offre la première synthèse systématique de la discussion aujourd’hui mondiale sur cette proposition radicale. Il explore ses origines historiques, discute les objections éthiques, économiques et politiques qu’elle soulève et jauge sa pertinence face aux défis écologiques et à la mondialisation. Il fournit un recueil d’informations fiables et d’arguments éclairants qui doivent être utiles à ceux qui plaident pour le revenu de base, mais aussi contre lui, en aidant à corriger les nombreuses erreurs factuelles et confusions conceptuelles que l’on trouve de part et d’autre.

Philippe VAN PARIJS, philosophe, est titulaire de la chaire d’éthique économique et sociale à l’Université catholique de Louvain et professeur invité à l’Université de Harvard. Il a publié entre autres : Le Modèle économique et ses rivaux. Introduction à la pratique de l’épistémologie des sciences sociales (Droz, 1990), Qu’est-ce qu’une société juste ? introduction à la pratique de la philosophie politique (Le Seuil, 1991), Refonder la solidarité (Editions du Cerf, 1996), Ethique économique et sociale (avec Christian Anrnsperger) (La Découverte, 2000), L’allocation universelle (avec Yannick Vanderborght) (La Découverte, 2005), Linguistic Justice for Europe and for the World (Oxford University Press, 2011).

La rencontre sera animée par Antoinette BAUJARD, directrice adjointe du Groupe d’analyse et de théorie économique (GATE), Université Jean-Monnet de Saint-Etienne

Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°6

Jeudi 9 avril 2020 à 19h, Médiathèque de Tarentaize (salle de la Cinémathèque)
En partenariat avec la Médiathèque de Saint-Etienne

Thomas BRISSON

à propos de son livre

« DÉCENTRER L’OCCIDENT. LES INTELLECTUELS POST-COLONIAUX, CHINOIS, INDIENS ET ARABES, ET LA CRITIQUE DE LA MODERNITÉ »

Aux Éditions La Découverte (2018)

Comment se sont construites les pensées postcoloniales ? Quel type de critique de l’Occident produisent-elles ? Et quel universalisme alternatif proposent-elles ? C’est à répondre à ces questions, si importantes pour comprendre le monde contemporain et le décentrement en cours de l’Occident, que s’attache ce livre très original.
Bien plus qu’une simple cartographie des pensées postcoloniales, cet ouvrage propose une sociologie de leurs principaux auteurs, en montrant notamment quel fut l’effet de l’exil sur leurs travaux. Décentrer l’Occident fait ainsi l’hypothèse que l’on gagne à appréhender la pensée postcoloniale à l’aune de la notion de « déplacement » : entre deux mondes, les intellectuels postcoloniaux sont déplacés aussi bien en Occident que par rapport à leur monde d’origine. Mais c’est précisément cette position décalée qui leur permet de voir et de penser les formes du pouvoir global.
Retraçant les déplacements d’intellectuels – ceux des postcolonial studies indiennes et arabes mais aussi du nouveau confucianisme chinois – entre les anciens mondes impériaux et l’Occident, Thomas Brisson cherche ainsi à comprendre comment s’y arme la critique, entendue comme art du déplacement de ce qui va habituellement de soi.

Thomas Brisson est professeur de sciences politiques à l’Université Paris VIII. Il a également publié Les intellectuels arabes en France. Migrations et échanges intellectuels (La Dispute, 2008).

La rencontre sera animée par Arnaud ZOHOU, directeur de l’atelier Canopée 42.

Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°2

Mercredi 20 novembre 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Betty ROJTMAN

à propos de son livre

« UNE FAIM D’ABÎME. LA FASCINATION DE LA MORT DANS L’ÉCRITURE CONTEMPORAINE »

Aux Éditions Odile Jacob (2018)

Le monde occidental s’interroge aujourd’hui sur la passion de la mort qui pousse de jeunes terroristes au suicide et au crime. Le présent essai traite d’une autre fascination, non moins troublante : celle qui travaille sourdement les grands textes de notre modernité. Après Alexandre Kojève, l’écriture de Georges Bataille, de Maurice Blanchot, de Jacques Derrida ou de Jacques Lacan, laisse transparaître un lyrisme de la destruction, un engouement pour l’abîme, qu’il faut savoir reconnaître sous la rigueur de la pensée.
D’où vient cette esthétique du malheur ? Quels enjeux recouvre-t-elle ? Au fil d’une minutieuse lecture, l’auteur s’attache à dénuder un complexe de valeurs et d’affects qui remontent aux origines symboliques de notre civilisation. On entrevoit peu à peu que cette revendication de la mort pourrait bien n’être que le signe inversé de la grande protestation humaine, de sa soif d’infini et de son désir d’être.

Betty Rojtman, a dirigé le département de littérature française à l’université hébraïque de Jérusalem. Elle situe sa recherche au carrefour de la pensée contemporaine et de l’exégèse juive traditionnelle. Parmi ses publications : Feu noir sur feu blanc. Essai sur l’herméneutique juive (1986) ; Une grave distraction (préface de Paul Ricoeur, 1991) ; Une rencontre improbable (2002) et Moïse, prophète des nostalgies (2007).

La rencontre sera animée par Mireille COULOMB, professeur de philosophie au Lycée Claude Fauriel.

Conférence de l’Hôtel de ville 2019-2020 n°1

Mercredi 13 novembre 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Brand

Alain EHRENBERG

à propos de son livre

« LA MÉCANIQUE DES PASSIONS : CERVEAU, COMPORTEMENT, SOCIÉTÉ »

Aux Éditions Odile Jacob (2018)

De nouvelles sciences du comportement humain ne cessent de prendre de l’ampleur et de susciter l’engouement depuis le début des années 1990 : il s’agit des neurosciences cognitives. 
Leur ambition est de faire de l’exploration du cerveau le moyen de traiter les pathologies mentales (comme la dépression ou la schizophrénie) mais aussi de nombreux problèmes sociaux et éducatifs, comme l’apprentissage ou la maîtrise de ses émotions.
Ces sciences sont-elles devenues le baromètre de nos conduites et de nos vies, prenant la place autrefois occupée par la psychanalyse ? L’homme « neuronal » est-il en passe de remplacer l’homme « social » ? 
Alain Ehrenberg montre que l’autorité morale acquise par les neurosciences cognitives tient autant à leurs résultats scientifiques ou médicaux qu’à leur inscription dans un idéal social majeur : celui d’un individu capable de convertir ses handicaps en atouts en exploitant son « potentiel caché ». Elles sont la chambre d’écho de nos idéaux d’autonomie.

Alain Ehrenberg est sociologue, directeur de recherches émérite au CNRS (Cermes3). Il a créé, en 1994, un groupement de recherches du CNRS sur les drogues et les médicaments psychotropes et fondé, en 2001, le Centre de recherche Psychotropes, santé mentale, société (CNRS-Inserm-université Paris-Descartes). Il est notamment l’auteur de La Fatigue d’être soi et de La Société du malaise.

La rencontre sera animée par Jérôme MICHALON, chargé de recherches au CNRS

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°8

Lundi 23 septembre 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Brand

Alexandre GEFEN

à propos de son livre

« RÉPARER LE MONDE.
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE FACE AU XXIe SIECLE »

A la Librairie José Corti (2017)

Sauver, guérir ou du moins faire du bien, tels sont les mots d’ordre, souvent explicites, placés au cœur des projets littéraires contemporains. Refusant de devenir un jeu postmoderne ou une simple dilection d’arrière-garde, la littérature française d’aujourd’hui a l’ambition de prendre soin du moi, mais aussi des individus fragiles, des oubliés de la grande histoire, des communautés ravagées et de nos démocraties inquiètes. En s’intéressant de manière critique à cet imaginaire collectif thérapeutique où la culture, en place de la religion et d’un projet politique, veut réparer nos conditions de victimes, servir à notre « développement personnel », favoriser notre propension à l’empathie, corriger les traumatismes de la mémoire individuelle ou du tissu social, cet essai propose une réflexion inaugurale sur la littérature française du XXIe siècle.

Alexandre GEFEN est directeur de recherche au CNRS (Laboratoire THALIM – Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité, Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle). Membre des comités de rédaction de plusieurs revues et fondateur du site Internet Fabula, il a publié entre autres : La Mimèsis (Flammarion, 2002), Vies imaginaires. Anthologie de la biographie littéraire (Galllimard, 2014), Inventer une vie. La Fabrique littéraire de l’individu (Les impressions nouvelles, 2015).

La rencontre sera animée par Jean-Bernard VRAY, professeur émérite de Littérature contemporaine à l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°7

Mardi 5 mars 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Brand

Juliette GRANGE

à propos de son livre

« L’IDÉE DE RÉPUBLIQUE »

Aux Éditions Agora-Pocket (réédition 2018)

Cet ouvrage fait le point sur l’idée républicaine telle qu’elle s’est exprimée et incarnée du XVIIIe au XXe siècle. Il met à la portée d’un lecteur non spécialiste les références philosophiques sur la question, permet de s’interroger sur la séparation des pouvoirs, la présidentialisation du régime, la représentation démocratique. Avec la distance de la réflexion, l’ouvrage traverse toutes les thématiques contemporaines, l’individualisme, le socialisme, le rapport entre économie et politique. Si ce livre veut amener à réfléchir plutôt que proposer un programme ou des solutions, il s’inscrit en faux contre la mise au pilori de l’idéal républicain au nom du réalisme économique. Et en propose la traduction dans le monde d’aujourd’hui : une république européenne et une définition de l’environnement comme bien public.

Juliette GRANGE est philosophe, professeur des universités à l’Université François-Rabelais de Tours. Spécialiste de la pensée française du XIXe s., elle a publié notamment : La philosophie d’Auguste Comte (P.U.F, 1996), Auguste Comte. La politique et la science (Odile Jacob, 2000), Balzac. L’argent, la presse, les anges (Circé, 2008), Pour une philosophie de l’écologie (Agora Pocket, 2012), Les néo-conservateurs (Agora Pocket, 2017). Elle a également co-dirigé l’édition des œuvres complètes de Saint-Simon (PUF, 2012).

La rencontre sera animée par Annie Léchenet, ancienne maîtresse de conférence en philosophie à l’Université de Lyon I-ESPE et membre du Laboratoire Triangle (CNRS)

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°6

Jeudi 7 février2019 à 19h, Hôtel de ville, salle 119

Serge AUDIER

à propos de son livre

« LA SOCIÉTÉ ÉCOLOGIQUE ET SES ENNEMIS. POUR UNE HISTOIRE ALTERNATIVE DE L’ÉMANCIPATION »

Aux Éditions La découverte (2017)

Alors que monte la prise de conscience du péril environnemental, les obstacles à une véritable mutation écologique des sociétés contemporaines restent massifs et les modèles alternatifs peinent à s’imposer. Les traditions intellectuelles de la gauche semblent souvent impuissantes à apporter des réponses. Pire, n’ont-elles pas contribué, par leur culte des « forces productives », à l’impasse actuelle ? Contre l’idée reçue que les mouvements émancipateurs n’auraient abordé que très tard les enjeux écologiques, Serge Audier propose une généalogie intellectuelle exhumant et reconstituant une pensée sociale de la nature et de l’émancipation, construite aux marges du « grand récit » socialiste et républicain : au-delà de voix minoritaires comme celles de Henry D.Thoreau ou William Morris, une nébuleuse beaucoup plus large et méconnue qui, entre socialisme et anarchisme, a esquissé les traits d’une « société écologique ». Une tendance ignorée, marginalisée, voire combattue par les courants hégémoniques, qui ont souvent vu dans l’écologie un conservatisme traditionaliste ou un romantisme réactionnaire.

Serge AUDIER, philosophe, est maître de conférences à l‘Université Paris IV Sorbonne. Il a publié en particulier : Le socialisme libéral (La Découverte, 2006), La Pensée anti-68. Essai sur les origines d’une restauration intellectuelle (La Découverte, 2008), La Pensée solidariste. Aux sources du modèle républicain (PUF, 2010), Néo-libéralisme. Une archéologie intellectuelle (Grasset, 2012), Penser le « néo-libéralisme ». Le moment néo-libéral, Foucault et la crise du socialisme (Le Bord de l’eau, 2015).

La rencontre sera animée par Mireille COULOMB, professeur de philosophie en Khâgne au Lycée Claude Fauriel.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°5

Mercredi 16 janvier 2019 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Jean-Fabien SPITZ

à propos de son livre

« LA PROPRIÉTÉ DE SOI. ESSAI SUR LE SENS DE LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE. »

À la Librairie philosophique J.Vrin (2018)

Peut-on définir la liberté individuelle comme une propriété de soi ? Les libertariens l’affirment et concluent que la liberté des individus suppose le respect inconditionnel par la société et l’Etat du droit de chacun sur sa propre personne : contraignant les uns à mettre son travail, soit une partie de sa personne, à la disposition des autres, l’organisation sociale de la solidarité est donc un crime contre la liberté. À ce dogme, les progressistes ont eu tendance à opposer le refus d’appliquer à la personne le concept de propriété, ouvrant aussi par là la voie à un moralisme de la dignité qui n’est pas sans dangers. On peut échapper à ce dilemme en montrant que c’est la version libertarienne du concept de propriété qui est en cause, pas son application à la personne. Il est possible de reconstruire la notion de propriété comme une norme d’existence collective, rationnellement acceptable, en y intégrant des obligations envers les tiers.

Jean-Fabien SPITZ est professeur de philosophie politique à l’Université Paris 1- Panthéon-Sorbonne, spécialiste de l’œuvre de John Locke. Il est l’auteur entre autres de La liberté politique : essai de généalogie conceptuelle (PUF, 1995), L’amour de l’égalité : essai sur la critique de l’égalitarisme républicain en France (Vrin, 2000), Le moment républicain en France (Gallimard, 2005), Abolir le hasard ? Responsabilité individuelle et justice sociale (Vrin, 2008), Le Mythe de l’impartialité. Les mutations du concept de liberté individuelle dans la culture politique américaine (PUF, 2014).

La rencontre sera animée par Philippe Foray, professeur de sciences de l’éducation à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°4

Jeudi 13 décembre 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Bruno KARSENTI, Cyrille LEMIEUX

à propos de leur livre

« SOCIALISME ET SOCIOLOGIE »

aux Éditions Fayard (2017)

Comment faire barrage au retour des nationalismes réactionnaires en Europe ? Inédite depuis la Seconde Guerre mondiale, leur poussée laisse les partis libéraux dans un état d’hébétude. Quant au socialisme, il connaît l’un des ébranlements les plus profonds de son histoire, lui qui, jusqu’à une date récente, fournissait son assise au camp des progressistes. Foyer de la critique, il est passé du côté de sa cible. Mais c’est alors la critique elle-même qui échoue à s’articuler. Les trois études réunies dans ce livre cherchent à reprendre à la racine le double problème de l’hégémonie nationaliste et de la crise du socialisme. Cette tâche impose d’abord de redéfinir le socialisme dans son irréductibilité aux autres doctrines politiques et courants idéologiques. Elle oblige ensuite à reprendre le dossier de la contribution des sciences sociales à la politique. Elle conduit enfin à envisager l’avenir de l’Europe à la lumière de deux questions majeures : l’éducation et l’écologie.

Bruno KARSENTI et Cyril LEMIEUX sont directeurs d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et membres du Laboratoire interdisciplinaire d’études sur les réflexivités (LIER) de l’Institut Marcel Mauss. Philosophe, Bruno Karsenti a publié entre autres : Marcel Mauss. Le fait social total (PUF, 1994), Politique de l’esprit. Auguste Comte et la naissance de la science sociale (Hermann, 2006), Moïse et l’idée de peuple. La vérité historique selon Freud (Le Cerf, 2012), D’une philosophie à l’autre. Les sciences sociales et la politique des modernes (Gallimard, 2013). Cyrille Lemieux est sociologue, il est l’auteur en particulier de : Mauvaise presse. Une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques (Métaillé, 2000), Le devoir et la grâce. Pour une analyse grammaticale de l’action (Economica, 2009), Un président élu par les médias ? Regard sociologique sir l’élection présidentielle de 2007 (Presses des Mines, 2010), La sociologie sur le vif (Presses des Mines, 2010).

Rencontre animée par Bruno Vennin, ancien élu de la République et ancien chercheur au CNRS.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°3

Jeudi 29 novembre 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Paul JORION

à propos de son livre

« SE DÉBARRASSER DU CAPITALISME EST UNE QUESTION DE SURVIE »

aux Éditions Fayard (2017)

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Une machine à concentrer la richesse, laissant une poignée de vainqueurs face à une armée de vaincus : voilà ce qu’est devenu le capitalisme. L’État-providence n’aura duré qu’une saison, la révolution technologique en cours réduit le marché de l’emploi.
Le court-termisme règne en maître, la défense de privilèges aussi exorbitants que médiocres bloque toute tentative de sauvetage.
La finance et l’économie pouvaient être réformées au lendemain de l’effondrement de 2008. Rien n’a été fait. Le verdict est sans appel : nous n’apprenons pas de nos erreurs ! Si bien qu’aujourd’hui, se débarrasser du capitalisme est devenu, pour l’humanité, une question de survie.
Paul Jorion propose une analyse sans concession et des pistes d’espoir : oui, la spéculation peut être interdite comme autrefois ; oui, l’État-providence doit être inscrit une fois pour toutes dans nos institutions ; oui, un projet européen ressuscité pourrait être le fer de lance d’un véritable redressement ! Seule la volonté fait défaut.

(c) Ferte, JLPPA

Anthropologue et sociologue de formation, Paul JORION est l’auteur de nombreux ouvrages, dont : La Crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard, 2008), Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard, 2009), Penser tout haut l’économie avec Keynes (Odile Jacob, 2015), Le dernier qui s’en va éteint la lumière (Fayard, 2016), Défense et illustration du genre humain (Fayard, 2018).

Rencontre animée par Gérard Dubouchet, ancien professeur d’économie en classe préparatoire au lycée Claude Fauriel.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°2

Mercredi 7 novembre 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Jean-Paul DEMOULE

à propos de son livre

« Les dix millénaires oubliés qui ont fait l’histoire.
Quand on inventa l’agriculture, la guerre et les chefs. »

aux Éditions Fayard (2017)

Pendant 99 % de l’histoire de l’humanité, l’homme a été chasseur, pêcheur et cueilleur. Il n’y a que douze mille ans, les humains – quelques centaines de milliers – nomadisaient par petits groupes. Aujourd’hui, sept et bientôt neuf milliards d’humains, presque tous sédentaires, peuplent la terre. Leurs sociétés sont très inégalitaires : environ 1 % d’entre eux possèdent la moitié de la richesse mondiale.
Comment en est-on arrivé là ? Que s’est-il passé pendant ces dix millénaires trop souvent absents de notre culture ? L’invention décisive, en plusieurs endroits du globe de l’agriculture et de l’élevage. Grâce à elle, la population humaine, rapidement accrue, a pris le contrôle de la planète et éliminé nombre d’espèces biologiques. L’expansion démographique continue a débouché sur la création de villes, d’États et, enfin, de l’écriture et de l’histoire…
Avec cette « révolution néolithique » se sont mises en place des pratiques qui ont toujours cours aujourd’hui : le travail, la guerre ou encore la religion.

(c) Anne Fourest

Jean-Paul Demoule est archéologue, professeur émérite à l’Université Paris 1-Sorbonne et à l’Institut universitaire de France. Il a publié de nombreux ouvrages, dont : Les Gaulois (Hachette, 1995), L’archéologie : entre science et passion (Gallimard-Découvertes, 2005), On a retrouvé l’histoire de France : comment l’archéologie raconte notre passé (Robert Laffont, 2012), Mais où sont passés les indo-européens. Le mythe d’origine de l’Occident (Le Seuil, 2014), Naissance de la figure : l’art du paléolithique à l’âge du fer (Gallimard, 2017).

Rencontre animée par Denys Barau, docteur en Etudes politiques.

Conférence de l’Hôtel de ville 2018-2019 n°1

Jeudi 25 octobre 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Pierre MUSSO

à propos de son livre

« LA RELIGION INDUSTRIELLE.
MONASTÈRE, MANUFACTURE, USINE.
UNE GÉNÉALOGIE DE L’ENTREPRISE. »

aux Éditions Fayard (2017)

L’industrie est une vision du monde : avant d’être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle, l’architecture culturelle de l’Occident. Nous vivons et nous croyons dans les « Révolutions industrielles » qui se multiplient depuis deux siècles. Cet ouvrage découvre d’un point de vue anthropologique et philosophique une religion industrielle, jamais vue comme telle, Une religion rationnelle, qui est désormais notre croyance universelle, dont Pierre Musso donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne. S’emparant de son plus grand mystère, celui de l’incarnation, l’esprit industriel l’a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l’Humanité et de l’Ordinateur. Cette généalogie met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (xie-xiiie siècles), la manufacture (xviie-xviiie) puis l’usine (xixe), avant de constituer l’entreprise (xxe-xxie). Son élaboration s’est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la « Révolution managériale », la cybernétique et la numérisation.

© Thierry Nectoux

Pierre MUSSO, est professeur émérite de science de l’information et de la communication à l’Université de Rennes 2 et à Télécom Paris Tech, et conseiller scientifique à l’Institut des Etudes avancées de Nantes. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Télécommunications et philosophie des réseaux (PUF, 1998), Saint-Simon et le saint-simonisme (PUF, 1999), Télé-politique. Le sarkoberlusconisme à l’écran (Editions de l’Aube, 2009), Yves Klein. Fin de représentation (Manucius, 2010), L’imaginaire industriel (Manucius, 2013). Il a aussi co-dirigé avec Juliette Grange, Philippe Régnier et Frank Yonnet l’édition des Œuvres complètes de Saint- Simon (PUF, 2012).

Rencontre animée par Michel BELLET, professeur de sciences économiques à l’université de Saint-Etienne.