13 mai 2009-Marie-José Mondzain et Alain Renaud : Philosopher sur et avec l’image

Journée organisée par l’Ecole d’Architecture et le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne

lieu : Musée d’Art Moderne

9h : Ouverture du cycle Traverses par Alain Renaud
10h 15- 12h15 : Marie José Mondzain (philosophe) « Faire voir, Faire croire, faire savoir ?»
12h15 – 12h45 : questions à Marie-José Mondzain
14h-15h : Alain Renaud (Philosophe) « L’Image, le Monde L’Information »
15h-17h : Architecture, Image, Cinéma
Projection de films d’architecture ou en relation avec l’architecture
Débat avec les architectes présents
17h-18h : Table-ronde : Jusqu’où va l’image ? Avec Marie-José Mondzain, architectes, Vincent Witomsky, animateur : Alain Renaud
19h : Conférence d’esthétique : Marie-José Mondzain « Pouvoir et Autorité de l’Image »

Information : colloque sur l’imaginaire spectral/Université Jean Monnet, CIEREC

« L’imaginaire spectral de la littérature narrative française contemporaine »
Chacune des journées du 14 et du 15 novembre se terminera par une rencontre à 18 heures avec deux écrivains (entretien sur le thème de l’imaginaire spectral et lectures par les auteurs):
– Alain Fleischer, qui vient de publier Les Prolongations (Gallimard, « L’Infini », 2008)
– Jean-Christophe Bailly, qui a publié au printemps 2008 L’Instant et son ombre (Seui, « Fiction et Cie).

programme-colloque-international-recto

Appel à communication : la contradiction. Ecole des Mines de Saint-Etienne

Ecole nationale supérieure des mines de Saint-Etienne, 19-21 Mars 2009
Centre SPIN (Sciences des processus industriels et naturels) et La Rotonde, Centre de culture scientifique, technique et industrielle

Le mot contradiction a un sens logique. Une des premières règles de la raison, nous le savons depuis Aristote, est de repérer et d’éliminer les contradictions qui se posent dans nos connaissances et dans notre discours sur le monde. Depuis un siècle, ce jeu a montré ses limites : la complexité de notre monde actuel conduit à des situations où l’esprit hésite entre des visions de la réalité qui sont contradictoires ou incompatibles. La physique du XX° siècle a contribué à faire rebondir cette question. Une des conséquences de cette situation est de reconnaître que notre connaissance est nécessairement incomplète.
Le mot contradiction a un sens dans notre vie et pour notre action. Sans cesse, nous devons choisir entre des contraintes qui apparaissent contradictoires comme dans le cas du développement durable. Plus généralement, la pensée du XX° siècle dans le domaine de l’action a montré que l’on ne peut se soustraire à la mobilisation de catégories telles que « paradoxe », « contrariété », « contradiction ». Elle a montré comment la validité des visées, des propositions et assertions se cherche désormais dans les effets des actions (et non dans les dispositifs de la raison anticipatrice qui a montré ses limites).

Le projet de ces Ateliers est né dans la réflexion de certains chercheurs et décideurs qui estiment que penser rationnellement la contradiction est possible et nécessaire, et souhaite organiser un lieu de débat sur le sujet. Comment l’évolution de la théorie de la connaissance éclaire-t-elle nos pratiques sur la question de la contradiction ? Peut-on confronter les exigences de la pensée théorique et les inévitables compromis pratiques ?

Les ateliers seront organisés autour de communications (communications orales, d’une durée de vingt minutes ; et éventuellement posters, présentés oralement en trois minutes), ainsi que des cafés – discussions. Les organisateurs seront ouverts à d’autres formes de présentation possible, en particulier dans le domaine artistique, en relation avec la forme même du thème des rencontres. Des liens avec des institutions artistiques (musées, compagnies de danse,…) sont à l’étude.

Nous examinerons comment les exemples fournis par la marche de nos décisions peuvent être formalisés de façon rigoureuse en termes de contradiction, comment notre pensée avance, comment notre action est fondée malgré ou grâce à ces contradictions. Les progrès de la pensée, l’émergence d’idées nouvelles, la création permise par l’ouverture aux contradictions nous paraissent source d’optimisme et de développement en science et société. Ne nous conduisent-ils pas à la fois à un renouveau de confiance en la raison et à un renoncement à sa toute puissance ? Ne doit-on pas alors organiser et susciter la contradiction, permettre la pluralité des points de vue, plutôt que les fuir ?

La langue du colloque sera le français. Des actes seront édités à partir des textes apportés lors des Ateliers.

Le champ ouvert par le concept de contradiction est très vaste. Plutôt que des approches trop spécialisées, nous privilégierons les points de vue permettant des discussions transverses et faisant apparaître des structures abstraites communes, autour de quelques thèmes majeurs :

–    Contradictions en logique : en épistémologie, philosophie, histoire des sciences.
–    Contradictions en sciences de la nature : en sciences physiques (temps et espace), mathématiques, chimie, biologie …
–    Contradictions en sciences humaines : au sein des systèmes de pensée occidentaux et orientaux, (y compris en matière de religion), en politique, économie, linguistique, histoire, anthropologie, psychologie ; religions et sociétés.
–    Contradictions dans les arts : peinture, danse, architecture, arts plastiques.
–    Contradiction dans le développement durable : choix à faire pour le management en contexte pluriculturel, environnement, contraintes économiques, épistémologie du développement durable.

Soumission des résumés : limité à une page, format A4 (police : times new roman, titre centré, gras, 14pts ; reste du texte en 12 pts : noms des auteurs, affiliations, adresse mél centrés ; après deux lignes blanches, texte justifié à gauche ; figures éventuelles pouvant supporter le noir et blanc ; si besoin, références bibliographiques, 10 pts). Les auteurs seront invités à situer le concept de contradiction dans leur sujet et à indiquer comment ils s’en accommodent, le dépassent ou résolvent.

Les résumés sont à envoyer avant le 1er Décembre 2008. Le comité scientifique annoncera l’acceptation des résumés avant le 1er Février 2009.

Frais d’inscription estimés : 150 € avec repas (à confirmer)

Comité scientifique (en cours de constitution) : Philippe Dujardin (Lyon), Mustafa El Tayeb (Paris) Olivier Frérot (Lyon), Jean-Marie Georges (Lyon), Bernard Guy (Saint-Etienne), Antoine Khater (Le Mans), Jean Leca (Paris, à confirmer), Jean-Louis Léonhardt (Lyon), Thierry Magnin (Saint-Etienne), Michel Mizony (Lyon), Basarab Nicolescu (Paris), Michel Sailhan (Paris)

Comité local d’organisation (en cours de constitution, Ecole des mines) : Grégoire Berthezène (site web), Ségolène Courant, Marie-Reine Boudarel, Bernard Guy, Hervé Jacquemin, Joëlle Verney.

Correspondance :
Bernard Guy        guy@emse.fr
Ecole nationale supérieure des mines de Saint-Etienne
158 Cours Fauriel
42023 Saint-Etienne cedex 2, France

Site internet : http://www.emse.fr

Colloque franco-canadien, 6/7 mars, « L’extase musicale : le cas G.Gould »

Centre culturel canadien

5 rue de Constantine

75 007 Paris

Comité organisateur : Isabelle Lasvergnas, UQAM, Ghyslaine Guertin, Université de Montréal, Sophie de Mijolla-Mellor, Université de Paris VII, Marianne Baudin, Université de Paris VII, Vincent Estellon, Université de Poitiers

Partant des écrits de Glenn Gould sur le langage des formes musicales et leur dimension proprement apollinienne – la musique dans la musique elle-même – le colloque posera la question de l’héritage gouldien dans la compréhension du processus de sublimation de l’acte créateur, et notamment, ce que le musicien nomme l’extase.

La quête, chez Gould, de « l’extase exubérante » est indissociable de sa conception de « la beauté », faite d’expérience de recueillement, de solitude, de non savoir, dont participe l’élan du corps dans l’élaboration du sens de l’œuvre. Le chant que le pianiste fait entendre bien au-delà de l’instrument musical, la voix qui s’abandonne, exprime l’inexprimable, l’irreprésentable de l’état extatique du moment. L’extase est élation du Moi, mais elle est également reliée à la fonction « essentiellement thérapeutique » que Gould confère à l’art : celui-ci pour lui est remède contre la souffrance existentielle et écran protecteur contre « la  temporalité terrestre ».

Comment cerner l’expérience de création singulière de Gould, et l’interprétation qu’il en a lui-même donnée ? Dans un questionnement interdisciplinaire, psychanalyse, philosophie, esthétique, musicologie, entourant d’une part, l’art et la  musique, et d’autre part, le cas Glenn Gould, on visera à ouvrir de nouvelles pistes d’interrogation.

Frais d’entrée colloque et récital de piano : 40 euros

Étudiants sur présentation de la carte universitaire : gratuit

Jeudi 6 mars 2008 : 14h-18h45

13h30 : Inscriptions

Présidence Vincent Estellon

14h-14h30 : Introduction  Isabelle Lasvergnas

14h30-15h15 :           Sophie de Mijolla-Mellor, « Le ravissement par l’Art »

15h15-16h : Marianne Baudin, « L’expérience du sublime »

16h-16h30 : Pause

16h30-17h15 : Extraits d’archives filmographiques sur Glenn Gould

17h15-17h45  :   André Hirt, « L’écoute de l’événement, la surprise »

17h45 -18h45 :           Discussion générale

20h30- 22 h :    Concert

Marianne Dellacasagrande, mezzo-soprano

Clément Mao-Takacs, piano

Commentatrice Ghyslaine Guertin

Programme BERG / MAHLER / SCHÖNBERG / SIBELIUS /  WAGNER

Vendredi 7 mars 2008 : 9h30-18h30

Matinée

Présidence Isabelle Lasvergnas

9h30-10h15 :   Cecilia Pugliese, « Contemporary Mandalas »

10h15-11h :     Dominique Fessaguet, « Écritures de l’extase »

11h-11h30 :      Pause

11h30-12h15 : Vincent Estellon, « Glenn Gould, magicien et médecin hypocondriaque du corps-piano »

12h15-13h :      Discussion générale

Après midi

Présidence Marianne Baudin

14h30-15h15 : Ghyslaine  Guertin, « La recherche de la belle forme »

15h15-16h :          Martine Béland, « “Le voyant aveugle”, une perspective nietzschéenne sur le cas   Gould »

16h-16h30 :               Pause

16h30h-17h15 :        Philippe Choulet, « L’extase singulière du temps selon Gould »

17h15-18h30 :         Plénière et conclusion

Pour information : extase.musicale@hotmail.com

Le nombre de places étant limité, il est recommandé de s’enregistrer à l’avance à cette même adresse internet

Liste des participants

Marianne Baudin, Maître de conférences, chargée de recherches en psychopathologie et psychanalyse, Université Paris VII, psychanalyste

Martine Béland, Chercheur post-doctoral, Département de philosophie, Université de Montréal, Canada

Philippe Choulet, Professeur de Chaire Supérieure en Philosophie au Lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg, et Professeur d’histoire de l’art à l’Ecole Emile Cohl, Lyon

Marianne Dellacasagrande, Mezzo-soprano, Premier Prix de la Ville de Paris 2000

Vincent Estellon, Maître de conférences, Faculté des lettres, Université de Poitiers, psychanalyste

Dominique Fessaguet, Psychologue clinicienne, psychanalyste, enseignante-chercheur à l’université Paris VII

André Hirt, Professeur de Chaire Supérieure de Philosophie, Professeur de Première Supérieure, Lycée Claude Fauriel, Saint-Etienne

Ghyslaine Guertin, Professeur associé, Faculté de musique, Université de Montréal, Canada

Isabelle Lasvergnas, Professeur titulaire, Université du Québec à Montréal, (UQAM), psychanalyste, membre de la Société canadienne de psychanalyse

Sophie de Mijolla-Mellor, Professeur des Universités, directeur, École Doctorale de Recherches en Psychanalyse, Université de Paris XIII, psychanalyste, membre du Quatrième Groupe, Groupe de psychanalystes de langue française

Clément Mao-Takacs, Pianiste, compositeur, chef d’orchestre, chercheur doctorant Littérature Comparée, Université de Sorbonne Paris IV

Cecilia Silvana Pugliese, Pianiste, professeur Conservatorio Luis Gianneo, chercheur, Fondation Glenn Gould, Mar del Plata National University, Buenos Aires, Argentine

Cycle « philosophie et esthétique » du/au M.A.M. de St-Etienne

Marcel Duchamp aurait-il proposé une intellectualisation de l’art ? (Alain Badiou).
Mercredi 31 octobre à 18 h en salle de conférence du Musée.
Cycle de conférences réalisé en partenariat avec l’Ecole Supérieure d’Art et de Design et l’Ecole d’Architecture de Saint-Etienne.

« On partira de la fameuse appréciation d’André Breton, selon qui Marcel Duchamp était l’homme le plus intelligent qu’il ait rencontré. Tout le problème est de savoir ce que signifie « intelligence » dans le champ de la création artistique. Faut-il comprendre que Duchamp a proposé une sorte d’intellectualisation de l’art ? Que c’est à lui qu’on doit la tendance à l’art conceptuel, voire celle qui affirme que le projet mental de l’oeuvre, son programme, sont plus importants que son existence matérielle ?
En suivant la carrière de Duchamp, on proposera un bilan rationnel de l’oeuvre de celui qui est devenu une icône de la modernité. »
Alain Badiou

Ce cycle est organisé par le Musée d’Art Moderne : Aussitôt sert de relais d’information.

Information : De l’effacement de la personne – Jean-Marc Cerino

Rencontre Thomas More – 24 et 25 mars 2007

L’intérêt de la session est dans la rencontre entre un artiste, Jean-Marc Cerino et des intervenants sociaux, professionnels, bénévoles, praticiens de diverses
disciplines. Jean-Marc Cerino re-présente, au moyen d’une technique très aboutie, la perte de réalité sociale, d’identité, voire de territoire, de ceux que nous nommons, non sans malaise, les exclus. L’artiste indique, dans le même geste, une voie pour leur redonner corps. Cette démarche invite à interroger les pratiques sociales et l’action publique orientées vers ces personnes, dans la
perspective de cette problématique de l’effacement et de la restitution. Il ne s’agit donc ni d’une rencontre d’art contemporain, ni d’un séminaire de travail social, mais bien de l’invitation au dialogue entre ceux qui, praticiens et/ou citoyens, ne se résignent pas à l’inexorabilité des processus d’exclusion. Les interventions porteront autant sur les processus d’effacement que sur les actions qui visent à redonner consistance dans les différents champs auxquels elles se rapportent.

Samedi 24 mars

  • 10h00 : Introduction de la session par Geneviève Decrop et Marc Chauveau (pourquoi ce thème dans ce lieu et avec ces intervenants ?)
  • 10h30 : Présentation de l’œuvre de Jean-Marc Cerino / entretien avec Michel Gaillot, philosophe, qui a publié Jean-Marc Cerino – Un lieu en offrande
  • 11h15 : L’effacement de la personne dans l’art du 20ème siècle, Itzhak Goldberg
  • Premier temps de débat
  • 12h15 : pause

12h30 : déjeuner

  • 14h15 : souffrir sans disparaître, ou: comment faire avec la clinique de l’auto exclusion pendant le temps de la vie, c’est-à-dire, si possible, avant la mort ?, Dr Jean Furtos, psychiatre, directeur de l’ORSPERE
  • 15h00 : L’accompagnement des grands précaires bouscule les normes et les savoirs établis du travail social (au travers de l’expérience de longue durée de deux responsables d’Accueil de jour de personnes à la rue), Odette Bourgey (Relais SOS)
  • Débat
  • 16h30 : pause
  • 17h00 : L’effacement par les statistiques. Le point sur l’état de la recherche de nouveaux indicateurs sociaux, construits au plus près des réalités de terrain, voire avec les personnes elles-mêmes. Elisabeth Maurel, sociologue, membre du Conseil scientifique de l’Observatoire National de la Pauvreté et l’Exclusion Sociale.
  • Débat jusqu’à 18h30 – 18h45
  • 19h30 : Dîner. Tous les participants sont invités à rester au repas et à la soirée qui suit, y compris ceux qui ne sont pas hébergés sur place.

Dimanche 25 mars

  • 9h30 : introduction de la journée et présentation des intervenants par Geneviève Decrop.
  • 9h45 : L’errance et l’exclusion dans la perspective de l’anthropologie urbaine, Noël Jouenne, ethnologue.
  • En contrepoint : Dialogue avec Jean-Baptiste Sauvage : Comment la démarche artistique souligne ou surligne certains dispositifs techniques, certains aménagements urbains dissuasifs pour les errants, les nomades ?
  • Débat
  • 11h00 : La disparition par l’incarcération et la difficile reconquête de soi après la prison – renouer des liens par le parrainage, retrouver une identité par le geste créateur, Eric Jayat (Axès Libre) et Blandine Billaux (ALPES).
  • En contrepoint : Dialogue avec Jean-Marc Cerino sur son intervention à la prison de la Talaudière, Saint-Etienne.
  • Débat
  • 12h00 : apéritif puis déjeuner
  • 14h00 : Dr Jean Furtos et Michel Gaillot : quelles lignes de force peut-on tirer de la rencontre ?
  • Débat sur l’ensemble de la session.
  • 16h00 : fin de la session.

Autour de « Si parler va sans dire » de F.Jullien

Annie Léchenet, maître de conférence en philosophie, animera la rencontre avec François Jullien autour de son livre: « Si parler va sans dire »

si-parler-va-sans-dire.gifFrançois Jullien est professeur à l’Université Paris 7 – Denis Diderot et membre de l’Institut Universitaire de France. Il dirige l’Institut de la pensée contemporaine. Ses ouvrages sont traduits dans une vingtaine de pays. Il est notamment l’auteur de : Penser d’un dehors (La Chine), Entretiens d’Extrême-Occident (en collaboration avec Thierry Marchaisse, Seuil, 2000), L’Ombre au tableau, Du mal / du négatif (Seuil, 2006), Nourrir sa vie, À l’écart du bonheur (Seuil, 2005), Conférence sur l’efficacité (PUF, 2005). Il vient de publier aux éditions du Seuil : Si parler va sans dire. Du Logos et d’autres ressources (2006) et a dirigé Agenda de la pensée contemporaine. Qu’arrive-t-il dans la pensée ? (Flammarion, 2006).

Mercredi 7 mars à 19H à l’École Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne – 15, rue Henri Gonnard

« “Exotique” dit la fascination de la distance, générant complaisamment de la différence. L’ex-optique fait l’inverse : elle produit un dispositif qui, à partir d’un dehors, comme de Chine regardant l’Europe et réciproquement, fait travailler l’écart des cultures pour mettre au jour leurs ressources – leur donnant ainsi à dialoguer dans une commune intelligence. (…) L’immanence est ce avec quoi l’esprit peut entrer dans un rapport de “connivence”, mais dont il ne saurait pour autant faire un objet de connaissance – telle serait la réponse faite à Aristote. (…) Connaissance ou connivence : c’est entre elles que passerait finalement la démarcation, comme entre versants opposés; ou qu’on peut figurer l’alternative, celle de la Raison avec son autre, cet autre qu’elle même a tant de mal à décrire puisqu’elle ne peut regarder dans son dos. Car il y a globalement là, en même temps que deux façons de se rapporter aux êtres et aux choses, soit intime soit extérieure, deux régimes de la parole et de la pensée, se répartissant tels l’adret et l’ubac de la montagne (…).»

Aristote nous a laissé ces équivalences majeures, s’imposant comme des évidences : que parler c’est dire ; que dire est dire quelque chose ; et que dire quelque chose est signifier quelque chose : destinant ainsi la parole à être le discours déterminant de la science, reposant sur le principe de non-contradiction et apte à répondre à la question grecque par excellence – désormais mondialisée – du « qu’est-ce que c’est ? ». En se tournant vers les penseurs taoïstes de la Chine ancienne, François Jullien rouvre une autre possibilité à la parole : « parole sans parole », d’indication plus que de signification, ne s’enlisant pas dans la définition (puisque non adossée à l’Être), disant « à peine », ou « à côté » – qui ne dit plus quelque chose mais au gré. Or, n’est-ce pas aussi là, quelque part (à préciser), la ressource que, depuis Héraclite, en Europe, revendique avec toujours plus de virulence la poésie ? Aristote ne débat plus ici avec ses opposants familiers. S’invitent enfin à ses cours, pour dialoguer avec lui, des interlocuteurs inattendus, et même qu’il n’imaginait pas.

François Jullien

Rencontre / débat / Entrée libre

Carlo GINZBURG, historien : « Peur, révérence, terreur. Une approche oblique au présent. »

Carlo Ginzburg est à Lyon le jeudi 15 février pour une des grandes
conférences de l’Université de Lyon.
Le matin, de 10h à 12h 30, Carlo Ginzburg animera un séminaire à l’ENS-LSH sur ses récentes lectures de Machiavel. Ce séminaire aura lieu dans la salle F 103. Merci de faire savoir à Jean-Claude.Zancarini@ens-lsh.fr si vous comptez y participer.
La troisième Grande Conférence de Lyon du cycle 06-07 qui se déroulera le : jeudi 15 février prochain à 18 heures, avec Carlo GINZBURG, historien « Peur, révérence, terreur. Une approche oblique au présent ».
Lieu : Amphithéâtre Auguste Comte (appelé aussi amphi M), Université Jean Moulin Lyon3 Manufacture des Tabacs – Entrée par le 6 ou 18 Rue Rollet, Lyon 8ème Métro ligne D, station Sans Souci – Bus : lignes 9, 36, 69 – Accès libre et gratuit – Site accessible.
Résumé : Dans les commentaires sur les attentats souvent sanglants qui se sont vérifié depuis 11 septembre 2001, on a parfois évoqué le nom de Hobbes, l’auteur du Leviathan. Est-ce que cette référence est légitime ? Est-ce que lire ou relire Hobbes peut nous aider à comprendre le monde, ce monde où nous vivons ? Est-ce que le monde où nous vivons peut nous aider à lire ou relire Hobbes dans une perspective nouvelle ? Le propos de Carlo Ginzburg vise à répondre à ces questions, et à en soulever d’autres, peut-être inattendues. Pour essayer de déchiffrer le présent – un présent faussement transparent – il faut parfois s’en détourner.