[Audio] Jean-Michel Besnier

Enregistrement de la conférence du 14 novembre 2013

Jean-Michel Besnier à propos de son livre L’homme simplifié. Le syndrome de la touche étoile. (Éditions Fayard, 2012)

« Appuyez sur la touche étoile », répète le serveur vocal qui contraint son interlocuteur à faire la bête pour être servi. Les machines prétendent nous simplifier la vie ; elles réduisent aussi nos comportements à la logique de leur fonctionnement dépourvu d’ambiguïté, d’ironie ou d’émotions. Cette déshumanisation est d’autant plus redoutable qu’elle est insidieuse. À « l’homme simplifié » que nous consentons à devenir, au gré des conceptions scientifiques et des innovations techniques, il convient d’opposer une révolte d’un nouveau style : la revendication que seule porte encore la littérature de la complexité et de l’intériorité de l’homme comme le signe de sa liberté.

Jean-Michel-BesnierJean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), appartient au Centre de recherches en épistémologie appliquée (CREA) (laboratoire du CNRS et de l’École polytechnique axé sur les sciences cognitives), collabore à la revue Hermès et au magazine Sciences et Avenir.  Il a publié entre autres : Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (Grasset, 1993), L’humanisme déchiré (Descartes et Cie, 1993), Peut-on encore croire dans le progrès ? (avec Dominique Bourg, PUF, 2000), Demain, les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette-Littératures, 2009).

Débat animée par Christine Berton, CCSTI La Rotonde

Conférences de l’Hôtel de Ville 2013-2014

 

 

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archives : conférences de la saison 2013-2014 :
CONFERENCE N° 1 :

Jeudi 14 novembre 2013

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

 Jean-Michel Besnier

Jean-Michel-Besnier 

 à propos de son livre :

 » L’HOMME SIMPLIFIE. LE SYNDROME DE LA TOUCHE ETOILE « 

aux  Éditions Fayard (2012)

« Appuyez sur la touche étoile », répète le serveur vocal qui contraint son interlocuteur à faire la bête pour être servi. Les machines prétendent nous simplifier la vie ; elles réduisent aussi nos comportements à la logique de leur fonctionnement dépourvu d’ambiguïté, d’ironie ou d’émotions. Cette déshumanisation est d’autant plus redoutable qu’elle est insidieuse. À « l’homme simplifié » que nous consentons à devenir, au gré des conceptions scientifiques et des innovations techniques, il convient d’opposer une révolte d’un nouveau style : la revendication que seule porte encore la littérature de la complexité et de l’intériorité de l’homme comme le signe de sa liberté.

Jean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), appartient au Centre de recherches en épistémologie appliquée (CREA) (laboratoire du CNRS et de l’École polytechnique axé sur les sciences cognitives), collabore à la revue Hermès et au magazine Sciences et Avenir.  Il a publié entre autres : Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (Grasset, 1993), L’humanisme déchiré (Descartes et Cie, 1993), Peut-on encore croire dans le progrès ? (avec Dominique Bourg, PUF, 2000), Demain, les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette-Littératures, 2009).

Débat animée par Christine Berton, CCSTI La Rotonde

CONFERENCE N° 2 :

jeudi 19 décembre 2013

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Yves Cohen

Yves Cohen
 
à propos de son livre :

« LE SIÈCLE DES CHEFS. UNE HISTOIRE TRANSNATIONALE DU COMMANDEMENT ET DE L’AUTORITÉ (1890-1940) »

aux Éditions Amsterdam (2013)

Pourquoi « le besoin de chef » a-t-il pris une telle ampleur à partir de la fin du XIXe siècle ? Comment la préoccupation pour le commandement a-t-elle circulé d’un domaine à l’autre, de la guerre à la politique et de la politique à l’industrie ? Comment les formes et le langage du commandement sont-ils devenus transnationaux ? Quel rôle ont joué dans ce phénomène les sciences sociales ? Yves Cohen aborde ces questions en articulant l’étude des littératures profanes et spécialisées sur le commandement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et une analyse des pratiques des chefs. En retraçant les actions des ingénieurs et directeurs d’usine et l’exercice du commandement par Roosevelt, Hitler et surtout Staline, il montre l’émergence d’une figure fondamentale pour l’histoire du XXe siècle.

Yves Cohen est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il a publié de nombreux articles et Organiser à l’aube du taylorisme. La pratique d’Ernest Mattern chez Peugeot, 1906-1919 (Presses universitaires de Franche-Comté, 2001).

Débat animé par Serge Proust, maître de conférences à l’Université de Saint-Etienne.

 

CONFERENCE N°3:

mercredi 26 février 2014

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Barbara Cassin

Photo Opale OKBarbara_Cassin - copie

à propos de son livre :   » LA NOSTALGIE. QUAND DONC EST-ON CHEZ SOI ? ULYSSE, ENEE, ARENDT. « 

aux éditions Autrement ( 2013)

Enracinement et déracinement : voilà la nostalgie. Contrairement aux apparences, le mot n’est pas grec : il a été forgé au XVIIe siècle pour nommer le mal dont souffraient les mercenaires suisses. La nostalgie, c’est aussi ce que Barbara Cassin éprouve chaque fois qu’elle revient en Corse, où elle n’a pas ses racines. Prenant appui tour à tour sur les  figures d’Ulysse et  d’Enée, puis sur l’expérience d’Hannah Arendt, elle s’interroge, dans le droit fil de ses précédents ouvrages,  sur ce que veut dire être chez soi et y revenir, sur l’exil et sur la patrie, sur ce qu’est une langue maternelle et  sur l’impossibilité de la réduire à la langue d’un peuple, sur la nécessaire pluralité des langues et sur le paradigme de la traduction.

Barbara Cassin est philologue et philosophe, directrice de recherche au CNRS. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont : Si Parménide (PUL-MSH, 1980),  L’Effet sophistique (Gallimard, 1995), Google-moi, la deuxième mission de l’Amérique (Albin Michel, 2007), Jacques le Sophiste. Lacan, logos et psychanalyse (Epel, 2012) elle a dirigé le Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (Le Seuil-Le Robert, 2004) et participé à d’autres ouvrages collectifs comme Vérité, réconciliation, réparation (avec O.Cayla, P.J.Salazar) (Le Seuil, 2004) ou L’Appel des appels. Pour une insurrection des consciences (avec Roland Gori, Christian Laval) (Mille et une nuits, 2009)

Rencontre animée par Mireille Coulomb professeur de philosophie en khâgne au Lycée Claude Fauriel.

CONFERENCE N°4

Mercredi 26 mars 2014

19 heures,  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Jacques Ion

photo Ion

à propos de son livre   » S’ENGAGER DANS UNE SOCIÉTÉ D’INDIVIDUS »

aux Éditions Armand Colin (2012)

S’engager fait toujours sens, peut-être même plus encore qu’avant, dans notre « société d’individus ». Démenti aux discours convenus de dénonciation de la « montée des égoïsmes » et aux exhortations rhétoriques au « sursaut de citoyenneté », les individus sont en effet plus nombreux, notamment parmi les jeunes et surtout les femmes, à s’associer, à se mobiliser dans l’espace public. Mais ils le font selon de nouvelles modalités, qui s’écartent des schémas du militantisme d’antan. Plus autonomes par rapport à leurs milieux d’appartenance, plus soucieux de faire entendre leur parole propre, plus réflexifs, délivrés de toute révérence obligée envers les puissants et les experts, ces nouveaux militants déroutent parfois. Le fonctionnement de la vie associative, les pratiques protestataires et le citoyenneté s’en trouvent modifiés.

Jacques ION est sociologue, directeur de recherches au CNRS. Il a publié notamment : Les Travailleurs sociaux (avec J.P.Tricart) (La Découverte, 1984),  La Fin des militants (avec René Mouriaux, Pierre Héritier, Anne-Marie Grozelier) (L’Atelier, 1997) Le Travail social à l’épreuve du territoire (Dunod, 2000), Militer aujourd’hui (avec Spyro Franguiadakis, Pascal Viot) (Autrement, 2005), Politiques de l’individualisme : entre sociologie et philosophie (avec  Philippe Corcuff, François de Singly) et dirigé Le Travail social en débat(s) (La Découverte, 2005).

Rencontre animée par Pascale Pichon,  professeure de sociologie à l’Université Jean-Monnet de Saint-Etienne.

CONFERENCE N° 5 :

Mercredi 16 avril 2014

19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

François Hartog

François HARTOG

à propos de son livre  » CROIRE EN L’HISTOIRE « 

aux  Éditions Flammarion (2013)

L‘Histoire fut la grande puissance et la grande croyance des temps modernes, qui organisait le monde et lui donnait sens. On se mit à son service, au point de s’aveugler, voire de commettre le pire en son nom. Juge suprême des conduites et des événements, elle enthousiasma et terrifia. Affaire des historiens, elle ambitionna d’être une science, tandis que les romanciers s’attachèrent à dire ce monde saisi par l’Histoire.

Depuis les années 1980, cette toute-puissance est mise en cause. Notre rapport au passé est désormais affaire de mémoire plus que d’histoire ; trop imprévisible ou trop prévisible, l’avenir semble avoir disparu de notre horizon, et l’historien est pris dans l’urgence du présent. Devenue justiciable plutôt que juge, l’histoire peine à remplir son rôle de trait d’union entre le passé, le présent et le futur. Quel sens donner aujourd’hui au mot « histoire » ?

François Hartog, historien, est directeur d’études à l’EHESS. Parmi ses nombreux ouvrages : Le Miroir d’Hérodote. Essai sur la représentation de l’autre (Gallimard, 1980), Le XIXe siècle et l’histoire. Le cas Fustel de Coulanges (PUF, 1988), Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps (Le Seuil, 2003), Anciens, modernes, sauvages (Galaad, 2005), Évidence de l’histoire. Historiographie ancienne et moderne (Éditions de l’EHESS, 2005), Vidal-Naquet, historien en personne. L’homme-mémoire et le moment mémoire (La Découverte, 2007), La Chambre de veille. Entretiens avec Felipe Brandi et Thomas Hirsch (Flammarion, 2013)

Rencontre animée par Denys Barau, docteur en Études politiques.

CONFERENCE N° 6 : 

Jeudi 24 avril 2014,

 

19 heures, salle Aristide Briand, Hôtel de Ville
 

Bernard Lahire

 


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autour de son livre : « DANS LES PLIS SINGULIERS DU SOCIAL. INDIVIDUS, INSTITUTIONS,SOCIALISATIONS »,

aux éditions La Découverte (2013).

Dans ce livre conçu pour rendre plus largement visible le sens général de son travail, Bernard Lahire soumet à la critique les discours sur la « montée de l’individualisme » et la figure de l’homme « libre et autonome », au cœur de nos mythologies contemporaines. Il y expose aussi les raisons de l’exclusion de l’individu du champ des sciences sociales et la manière dont il est possible de sortir de raisonnements erronés pour faire de l’individu singulier un véritable objet sociologique en tant qu’être en permanence socialisé. Il conclut par un dialogue avec les sciences cognitives : à la lumière des phénomènes de plasticité cérébrale, elles nous rappellent que les individus ne perçoivent, ne pensent ou n’agissent  qu’en tant que dépositaires de l’ensemble des formes d’expérience déterminées par leurs places et leurs situations dans le monde social.

Bernard Lahire est professeur de sociologie à l’École normale supérieure de Lyon. Il est l’auteur entre autres de L’Homme pluriel. Les ressorts de l’action (Nathan, 1998), La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi (La Découverte, 2004), Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (La Découverte, 2010), Monde pluriel. Penser l’unité des sciences sociales (Le Seuil, 2012).

Rencontre animée par Philippe Foray, professeur de sciences de l’éducation à l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne.

 

COMPLÉMENT AU PROGRAMME :

 Vendredi 28 février 2014, à  18 h15,

Opéra Théâtre de Saint-Étienne- Théâtre Copeau

(Jardin des Plantes- Saint-Etienne)

L’ Association  de philosophie  Aussitôt dit propose, en complément au  programme de conférences pour la saison 2013-2014, une  rencontre exceptionnelle :

 Pierre Rosanvallon,

professeur au Collège de France,

Sébastien Balibar,

directeur de recherches au Laboratoire de physique de l’École normale supérieure de Paris, membre de l’Académie des Sciences,

 Pauline Péretz,

directrice éditoriale aux Éditions du Seuil,

Présenteront le projet :

« Raconter la vie »

avec la participation (sous réserve), de

Robin Renucci,

comédien, directeur des « Tréteaux de France« , et Président de  L’ARIA.

Cette rencontre ne se fera pas comme d’habitude autour d’un auteur et d’un livre, mais autour d’une équipe et d’un projet.  Ce projet comporte deux aspects complémentaires : une collection de livres et un site Internet participatif.

Face à l’impression d’abandon éprouvée par de nombreux Français,  ce projet entendrait répondre au besoin de voir les vies ordinaires racontées, les voix de faible ampleur écoutées, les aspirations quotidiennes prises en compte, et réunir toutes ces demandes de reconnaissance en un mouvement d’ensemble cohérent.  Il  part de la conviction que sortir de l’ombre et de l’anonymat permet d’inscrire sa vie dans des éléments de récit collectif et de retrouver une capacité d’action, et aussi que la connaissance d’autrui, facteur de confiance, est indispensable à une action commune.

Pour les initiateurs de ce projet, raconter la vie pourrait s’entendre de toutes de sortes de façons : témoignages, enquêtes journalistiques, analyses sociologiques, ou même chansons, photographies ….

Ils espèrent enfin, en mettant ainsi en lumière des existences et des lieux ignorés, pouvoir contribuer à la formation de nouvelles catégories pour appréhender la société d’aujourd’hui et en comprendre plus efficacement les ressorts et les problèmes.

soirée présentée par Denys Barau  et animée par Isabelle Rabineau.

 

 

Débat organisé dans le cadre de la Fête du Livre

L’association de philosophie « Aussitôt Dit » organise un débat dans le cadre de la Fête du livre 2014 :

Horaire : de 14 heures à 16 heures

Lieu : Ecole d’architecture de Saint-Etienne, rue Buisson (proche place Jacquard)

(entrée libre et gratuite)

« JEAN JAURÈS PHILOSOPHE : UNE RESSOURCE POUR LE XXI e SIÈCLE ? »

Le nom de Jean Jaurès évoque, évidemment, d’abord la figure de l’orateur et du militant socialiste, de l’homme politique de premier plan qu’il a été. Y accoler le qualificatif de philosophe, ce n’est pas seulement rappeler un élément biographique un peu anecdotique (comme, par exemple, pour Clémenceau le fait qu’il avait été médecin), c’est tenter de remettre en lumière ce que la gloire du politique tend à dissimuler, qu’il n’a pas seulement enseigné la philosophie pendant quelques années, mais qu’il a été l’auteur d’une œuvre philosophique personnelle. Il a voulu donner au socialisme un fondement métaphysique, qui aurait même, selon ses propres termes, un caractère « religieux ». Une dimension religieuse ou spiritualiste dont il s’agira de cerner la signification en dégageant les grandes lignes de force, les articulations problématiques de la métaphysique jaurésienne. En montrant aussi de quelles traditions philosophiques elle s’est nourrie, et comment elle s’est inscrite dans ce moment particulier de l’histoire de la philosophie française, en se confrontant en particulier aux premières œuvres de son condisciple, Henri Bergson.

Mais la mystique de Jaurès était une mystique de l’action, et sa métaphysique était fondée sur le refus de tout dualisme : il faudrait donc, d’autre part, réunir les deux faces du personnage, s’interroger sur la façon dont son action politique a pu s’inscrire dans la continuité de sa pensée philosophique, dont celle-ci a inspiré celle-là, l’a nourrie. De ce point de vue, on pourra se demander comment la métaphysique jaurésienne s’est prolongée en philosophie politique et en philosophie de l’histoire, et quelle traduction pratique a pu avoir la synthèse entre idéalisme et matérialisme à laquelle il s’est efforcé. Comment il a proposé d’articuler les principes fondamentaux et les buts ultimes du socialisme avec des solutions aux questions de politique quotidienne, de tactique (l’affaire Dreyfus, la participation au gouvernement, en particulier). Comment aussi se sont conjugués dans son discours la réflexion du philosophe et l’éloquence du tribun.

Enfin, il ne s’agirait pas de s’en tenir à une redécouverte historique de ce qu’ont été, dans les dernières décennies d’un XIX e siècle prolongé jusqu’en 1914, la pensée et l’action de Jaurès. À l’icône vaguement consensuelle que risque de dessiner la commémoration, il convient d’opposer aujourd’hui la multiplicité et l’extrême vivacité des controverses dont Jaurès a été l’acteur ou le foyer – avec Jules Guesde par exemple sur la « méthode » socialiste ou avec Charles Péguy à propos de la « mystique » dreyfusarde, pour ne citer que deux des plus saillantes. Pas seulement par souci de vérité historique, mais aussi et peut-être surtout pour s’interroger sur ce que la philosophie en acte de Jaurès pourrait nous apporter – encore, ou de nouveau au XXIe siècle – après les expériences, ô combien diverses, du socialisme au cours d’un XXe siècle qui a commencé précisément par son assassinat. Là devrait porter le vif du débat.

Avec :

Bruno ANTONINI, philosophe, professeur au Lycée Racine (Paris)

Jean-François CHANET, historien, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

Juliette GRANGE, philosophe, professeur à l’Université François-Rabelais (Tours)

Christophe PROCHASSON, historien, recteur de l’Académie de Caen, directeur d’études à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales (Paris).

 

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archives saison 2013-2014

Samedi 19 octobre 2013 – à partir de 14h 30

Amphithéâtre de l’Ecole d’architecture

« FACE AUX CRIMES DE MASSE, PEUT-ON RECONSTRUIRE DE L’HUMAIN ? »

Certains faits de la Seconde Guerre mondiale ont conduit à définir de nouveaux types de crimes (crimes contre l’humanité, génocide) et à créer, pour y répondre, des institutions inédites comme les tribunaux internationaux. Ces instances ont tendu à se multiplier et à élargir leurs compétences à la suite d’événements plus récents (Cambodge, Yougoslavie, Rwanda  entre autres), tandis qu’émergeaient d’autres institutions, para-judiciaires  celles-là, comme les commissions Vérité et Réconciliation.

Ces évolutions suscitent des interrogations sur la fonction de la justice, sa signification, ses rapports avec la politique et avec l’histoire. Elles soulèvent aussi des questions d’ordre plus philosophique et moral : peut-on penser le mal et comment ? Peut-on lui opposer des réponses et lesquelles ?

Pour en débattre, nous avons invité

Rony BRAUMAN, ancien président de Médecins sans frontières, professeur à Sciences Po

Isabelle DELPLA,  philosophe,  professeure à l’Université de Lyon III-Jean Moulin, auteure de Le Mal en procès : Eichmann et les théodicées modernes

Sandrine LEFRANC, chargée de recherche au CNRS, auteure de Politique du pardon

Marcel LEMONDE, magistrat, auteur de Un juge face aux Khmers rouges

Le débat sera animé par Philippe CHAUVEAU (Web TV Culture)

ARCHIVES/le programme de la saison 2013-2014 en un coup d’oeil…

 

les conférences de l’Hôtel de ville

14 novembre 2013 :

Jean-Michel BESNIER, professeur de philosophie à l’université de Paris-Sorbonne – à propos de son livre L’homme simplifié aux Éditions Fayard (2012).

19 décembre 2013 :

Yves COHEN, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales – à propos de son livre Le siècle des chefs. Une histoire transnationale du commandement et de l’autorité (1890-1940), aux Éditions Amsterdam (2013).

26 février 2014 :

Barbara CASSIN, philosophe, directrice de recherche au CNRS – à propos de son livre La nostalgie. Quand donc est-on chez soi ? Ulysse, Enée, Arendt, aux Éditions Autrement (2013).

26 mars 2014 :

Jacques ION, sociologue, directeur de recherche au CNRS – à propos de son livre S’engager dans une société d’individus, aux Éditions Armand Colin (2012).

16 avril 2014 :

François HARTOG, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales – à propos de son livre Croire en l’histoire, aux Éditions Flammarion (2013).

24 avril 2014 :

Bernard LAHIRE, professeur de sociologie à l’École normale supérieure de Lyon – à propos de son livre Dans les plis singuliers du social. Individus, institutions, socialisations, aux Éditions La Découverte (2013).

le cours public de philosophie :

Reprise du cours public à partir du 30 janvier 2014. Chaque cours commence à 18 h30, salle 119 (niveau 1), à l’Hôtel de ville de Saint-Etienne. L’accès se fait par le garage, sous les arcades, côté tramway. Le cours est ouvert gratuitement à toutes les personnes qui souhaitent découvrir la philosophie ou en poursuivre l’exercice.Programme des séances :

Jeudi 30 janvier 2014 : « L’art politique au service du bien-vivre ? Un aperçu de la philosophie politique d’Aristote », par Jacqueline Dessagne, professeur de philosophie.

Mardi 18 février : « Le bonheur est-il dans la réalisation ou dans la suppression des désirs ? Les réponses des sagesses antiques » , par Joseph Delolme, professeur de philosophie.

Mercredi 19 mars : « Parole ou communication ? » par Marie-Dominique Cotte, professeur de philosophie.

Mercredi 2 avril : « Parole ou communication ? » (suite et fin de la séance précédente) par Marie-Dominique Cotte, professeur de philosophie.

Mardi 8 avril : « Rousseau musicien, le moment inaugural », par Franck Roche, professeur de philosophie.

Mardi 22 avril :  » Le cinéma et ses censures ; le code Hays », par Franck Roche, professeur de philosophie.

les ateliers d’Aussitôt Dit :

– ATELIER DE PHILOSOPHIE POLITIQUE animé par Denys Barau, docteur en Etudes politiques :

Lecture suivie et commentée de La Politique, d’Aristote.

Lieu : rue André Malraux, Maison des associations. Heure : 18h 30.

14 janvier 2014 :  présentation générale et programmation des différentes séances pour la saison en cours.

11 février 2014 : livre I, ch. 1-2 la cité

18 mars 2014 : livre III, ch.1-5 le citoyen

15 avril 2014 : livre I, ch. 3-7, la relation maître-esclave

20 mai 2014 : livre I, ch.8-12 le gouvernement domestique et l’économie.

N.B : cet atelier sur Aristote sera poursuivi lors de la saison 2014-2015.

– ATELIER DE LECTURE A VOIX HAUTE, animé par Rolland Boully, comédien professionnel.

N.B : Ce nouvel atelier  ne peut accueillir qu’un nombre restreint de participants : 12 personnes maximum. Il sera ouvert en priorité aux adhérents de l’association, dans l’ordre d’arrivée des candidatures à envoyer à chris.legay@free.fr

 Dates : 6 février, 13 février , 27 février , 3 avril 2014.

Heure : de 18h 30 à 21 heures.

Lieu : Maison des associations, 4 rue André Malraux, salle 24.

«Ce qui m’importe dans la lecture de textes philosophiques, dans le cadre de l’atelier de lecture à voix haute, c’est de voir comment la pensée écrite se développe, comment on peut la conduire oralement pour qu’un auditeur, qui n’aura pas la possibilité de revenir en arrière, puisse arriver à entendre cette pensée telle qu’elle est formulée, avec ses hésitations, ses interrogations, ses affirmations, ses digressions, etc.» Rolland Boully

– ATELIER JEUNE PUBLIC  animé par Jacqueline Dessagne, professeur de philosophie.

« Goût/thé/philo » les 20 et 21 août 2013 à la Maison du Crêt de Roch, avec la participation de Frédéric Martinet professeur de philosophie.

(groupe d’enfants de 6 à 8 ans)

Les rencontres philosophie et littérature

Philosophie et littérature peuvent se nourrir l’une l’autre de multiples façons.

L’Association de philosophie AUSSITÔT DIT et la MEDIATHEQUE MUNICIPALE DE SAINT-ETIENNE consacrent à ces échanges un nouveau cycle de rencontres, qui seront animées par Silvia Aulagnon.

Jeudi  20 février 2014, à 19 h

Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand

Isabelle Mons

Isabelle Mons

A propos de son livre « LOU ANDREAS-SALOMÉ »

Aux Editions Perrin (2012)

Enfant de Russie, Européenne dans l’âme, voyageuse au long cours, Lou Andreas-Salomé (1861-1937) fut tout à la fois muse, écrivain et psychanalyste, vivant de sa plume à une époque où cela ne se faisait pas. Auprès de Nietzsche, rencontré en 1882, dont elle est l’indispensable disciple, Lou prend son envol. Chroniqueuse littéraire, elle fréquente l’avant-garde parisienne, viennoise et munichoise, écrit ses premiers ouvrages. Mariée, elle vit sa vie comme elle l’entend jusqu’au jour où elle croise le chemin de Rainer Maria Rilke, en 1897. S’ouvrent alors trois années de passion absolue entre la femme écrivain déjà célèbre et le poète. Unis dans la tourmente des sentiments, ils partent en Russie, y croisent Tolstoï et Tourgueniev, éprouvent dans leur chair l’idéal paysan de retour à la terre, prisé alors par l’intelligentsia russe. Rilke y découvre une patrie, mais y perd Lou qui le quitte, lasse de son instabilité. La rencontre avec Freud en 1911 est la note finale, superbe, d’une vie consacrée au savoir qui s’achève par l’analyse.

On comprend mieux à la lecture de cette biographie passionnante, neuve et enrichie d’archives inédites le singulier destin de Lou Andreas-Salomé : femme sans être féministe, affranchie des contraintes conjugales et ouverte aux rencontres dans le seul souci de trouver par une quête intime le chemin qui mène à soi. En toute liberté

Isabelle MONS, docteure en littérature comparée, enseignante, consacre ses recherches à l’écriture féminine et au rapport de la littérature à l’art. Ses travaux déjà remarqués sur Lou Andreas-Salomé lui ont inspiré cette biographie.