[Audio] Yves Citton

Enregistrement de la conférence du 17 avril 2013

Yves CITTON à propos de ses livres Renverser l’insoutenable (ed. Seuil 2012), et Gestes d’humanité. Anthropologie sauvage de nos expériences esthétiques. (ed. Armand Colin, 2012)

Dictature des marchés, inégalités sociales, catastrophes environnementales : à ces pressions insoutenables qui nous assaillent de toutes parts, à cette politique du pire, Yves Citton esquisse une alternative qui prendrait la forme d’une politique du geste.

Nos gestes en effet en savent et en font plus que nous. Situés à l’interface entre nous et les autres, ils font émerger, à travers nous, des processus qui dépassent nos intentions et notre rationalité conscientes. Visibles pour autrui, ils insèrent leur mouvement dans une dynamique collective. Ils ouvrent des perspectives capables de repousser les limites de la réalité.

Dans une époque marquée par la prolifération incontrôlée des programmations déshumanisantes, ces gestes, et les inflexions qu’ils rendent possibles, préservent les chances de notre humanisation.

Yves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble III ; co-directeur de la revue Multitudes, il a notamment publié Mythocratie : storytelling et imaginaire de gauche (Editions Amsterdam, 2010), L’Avenir des humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ? (La Découverte, 2010), Zazirocratie. Très curieuse introduction à la biopolitique et à la critique de la croissance (Editions Amsterdam, 2011).  

Rencontre animée par Roland Boully, comédien.

Conférences de l’Hôtel de Ville 2012-2013

Les Conférences de l’Hôtel de Ville sont organisées par l’association de philosophie Aussitôt Dit, en partenariat avec le Centre Max Weber- CNRS (ex Modys), et La Rotonde-Ecole des Mines, avec le soutien financier de la ville de Saint-Etienne. 

Conférence n° 5 :

ces gestes qui nous humanisent…

17 avril 2013, à 19 Heures, Hôtel de Ville, salle 119,

Yves Citton parlera de ses deux livres récents : « Renverser l’insoutenable » (éditions du Seuil) et « Gestes d’humanitésAnthropologie sauvage de nos expériences esthétiques »  (éditions Armand Colin).

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(photo copyright E. Marchadour)

Dictature des marchés, inégalités sociales, catastrophes environnementales : à ces pressions insoutenables qui nous assaillent de toutes parts, à cette politique du pire, Yves Citton esquisse une alternative qui prendrait la forme d’une politique du geste.

Nos gestes en effet en savent et en font plus que nous. Situés à l’interface entre nous et les autres, ils font émerger, à travers nous, des processus qui dépassent nos intentions et notre rationalité conscientes. Visibles pour autrui, ils insèrent leur mouvement dans une dynamique collective. Ils ouvrent des perspectives capables de repousser les limites de la réalité.

Dans une époque marquée par la prolifération incontrôlée des programmations déshumanisantes, ces gestes, et les inflexions qu’ils rendent possibles, préservent les chances de notre humanisation.

Yves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble III ; co-directeur de la revue Multitudes, il a notamment publié Mythocratie : storytelling et imaginaire de gauche (Editions Amsterdam, 2010), L’Avenir des humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ? (La Découverte, 2010), Zazirocratie. Très curieuse introduction à la biopolitique et à la critique de la croissance (Editions Amsterdam, 2011).  

Rencontre animée par Roland Boully, comédien.

Conférence n°4 : 

science et politique : une si longue histoire…

Jeudi 28 mars 2013, à 19 heuresHôtel de Ville, salle Aristide Briand :

Nicolas Witkowski, à propos de son livre : « Science infuse, dictionnaire politique de la science » (Éditions Don Quichotte, 2013)

Réchauffement climatique, scandale sanitaire, OGM, catastrophe nucléaire : la science et la technique sont devenues des questions pleinement politiques, tandis que la « technoscience » vient interroger les concepts moraux les mieux ancrés. Pourtant on se résigne souvent à « n’y rien comprendre » laissant par là le champ libre aux lobbies de la technologie et aux pires bluffs scientifiques.

Ce dictionnaire vise moins à « faire passer de l’information » qu’à donner des outils  pour dégonfler les prétentions excessives de la technoscience, et découvrir derrière le jargon savant des notions et des façons de penser d’une merveilleuse simplicité.

De «ADN» à «zéro absolu », tout le domaine de la science et de la technologie se révèle alors non seulement comme digne d’être exploré mais aussi comme un incomparable tremplin pour l’imagination, où l’on peut pénétrer sans crainte.

Nicolas Witkowski, physicien et journaliste, éditeur et écrivain, est l’auteur de nombreux ouvrages visant à une approche désacralisée et ludique des sciences. Entre autres : L’État des sciences et des techniques (La Découverte, 1991) ; (avec Sven Ortoli) La Baignoire d’Archimède. Petite mythologie de la science (Le Seuil, 1996) ; Dictionnaire culturel des sciences (Éditions du Regard, 2001) ; Une histoire sentimentale des sciences (Le Seuil, 2005) ; Petite métaphysique des jouets (La Martinière, 2011).

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Conférence n°3 :

oeuvres de la culture et formes de vie…

Jeudi 21 mars 2013, à 19 h  Hôtel-de-Ville, salle 119 :

Martine  de Gaudemar, à propos de son livre   » La voix des personnages »  (Éditions du Cerf ,2011)

Médée est plus qu’une mère infanticide, Don Juan plus qu’un grand seigneur méchant homme, Cléopâtre plus qu’une reine séductrice. Ces personnages donnent une voix particulière à des dispositions universelles (rebelles, séductrices, sacrificielles). En incarnant un monde possible ou désirable, ils nous posent la question : Quel monde voulons-nous ? Ils nous insufflent leur énergie, leur désir de vivre. À nous, comme l’ont fait naguère Mozart ou Shakespeare, d’entendre leur exigence de reconnaissance, de mesurer le poids de tradition qu’ils transmettent, mais aussi les possibilités d’existence qu’ils ouvrent en montrant diverses « formes de vie ». Les personnages vivent dans une aire transitionnelle, entre l’intime et le collectif. Virtualités agissantes qui prennent corps dans les songes, les œuvres d’art, les textes littéraires, au cinéma aujourd’hui, ces « individualités typiques », tissent notre imaginaire partagé ; ils nous offrent un nouveau « cogito » qui réhabilite la vie sensible et affective.

Martine de Gaudemar, ancienne élève de l’École normale supérieure (Paris), est professeure de philosophie à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense ; elle est membre de l’Institut universitaire de France.

Elle a publié Leibniz. De la puissance au sujet (Vrin, 2002).

Rencontre animée par Serge Gaubert, professeur émérite de Lettres à l’université de Lyon II.

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Conférence n°2 :

le féminisme en débats…

Jeudi 7 février 2013, à 19 h  Hôtel-de-Ville, salle Aristide Briand :

 Martine Chaponnière et Silvia Ricci Lempen à propos de leur livre « Tu vois le genre ? Débats féministes contemporains »   (Éditions d’En bas, 2012)

De nos jours, se dire féministe et agir en conséquence implique de se positionner entre des tendances contradictoires et de s’attaquer à des problèmes qui peuvent paraître inextricables, parce qu’ils mettent en question la définition même de l’humain. Au-delà des revendications aux résultats tangibles (le droit de vote, le droit d’ouvrir un compte en banque, ou même l’interruption de grossesse), les auteures de ce livre entendent explorer les implications véritables de l’égalité dans un monde plus complexe, à travers en particulier les théories contemporaines de l’égalité, la différence sexuelle, la parité et les quotas, la division sexuelle du travail, le post-féminisme, la violence envers les femmes, le féminisme post-colonial, les sexualités non hétérosexuelles, l’amour …

Martine Chaponnière, docteure en sciences de l’éducation, est chargée de cours à l’Université de Genève. Elle a publié, entre autres, avec Corinne Chaponnière :La Mixité des hommes et des femmes,(In folio, 2006).

Silvia Ricci Lempen est journaliste, a publié de nombreux ouvrages  sur les questions féministes ; comme romancière, elle est aussi l’auteure de : Un homme tragique (L’Aire, 1991) ; Le sentier des éléphants (L’Aire, 1996) ; Avant  (L’Aire, 2000).

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Conférence n°1 :

Dans l’autoportrait…

25 janvier 2013, à 19 heures, hôtel de Ville de Saint-Etienne, salle Aristide Briand,

André Hirt , à propos de son livre sur l’autoportrait : « Ce rien que moi dur et glacial : Hélène Schjerfbeck »   (Éditions Les Belles Lettres (Encre marine) (2012)

Helène Schjerfbeck (1862-1946) a beaucoup peint, surtout une série d’autoportraits dans lesquels elle a étendu, en sa féminité, sa psychè, en ne cessant de la creuser, de la gratter jusqu’à l’os, jusqu’à la manifestation de ce que l’art est refus de la représentation, plutôt appel obstiné en soi de figures venues de rien. En parcourant la série, on songe inévitablement à la mort et à ses signes, alors qu’on doit voir aussi les couleurs tremblantes et toujours désirantes de la vie, par exemple sur les lèvres rouges. Cette peinture incomparable et radicale fait l’objet, dans ce livre – le premier essai consacré en français à Hélène Schjerfbeck -, d’une expérience du regard et d’une tentative de rencontre avec ce que les autoportraits manifestent d’une subjectivité en question jusqu’à la torture, qui a interpellé le spectateur stupéfait et étrangement concerné. Celui-ci s’engouffre à son tour, avec ses moyens philosophiques, dans la vérité inquiète du portrait réel et impossible.

André HIRT est professeur de philosophie en khâgne, aujourd’hui au lycée Faidherbe à Lille, après plusieurs années au lycée Claude Fauriel à Saint-Etienne.

Traducteur de Walter Benjamin, il a publié de nombreux ouvrages, dont : L’idiot musical : Glenn Gould, contrepoint et existence (Kimé, 2006) ; Le poème de la raison. Descartes (Kimé, 2006) ; Le Lied, la langue et l’histoire (Éditions de La Nuit, 2008) ; Un homme littéral : Philippe Lacoue-Labarthe (Kimé, 2009) ;  Baudelaire : le monde va finir (Kimé, 2010) ; L’Écholalie (Hermann, 2011).

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LE PROGRAMME DE LA SAISON 2012-2013

 

N.B : de Septembre à Décembre 2012, nous poursuivrons la commémoration du tri-centenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau :

Ces conférences se tiennent à l’hôtel de Ville, salle Aristide Briand à 19 heures, et sont organisées par l’association de philosophie Aussitôt Dit, avec le soutien de la région Rhône-Alpes

11 octobre 2012,  Paul AUDI : Rousseau et le souci de l’égalité. Considérations sur l’actualité du Contrat Social.

21 Novembre 2012, Anne VERJUS : Etre père et mari sous la Révolution : l’héritage de Rousseau.

14 février 2013, Bruno BERNARDI : La Volonté Générale a-t-elle encore un sens aujourd’hui ?

CONFERENCES DE L’HÔTEL DE VILLE

Les conférences de l’Hôtel de Ville organisées par l’ ASSOCIATION DE PHILOSOPHIE « AUSSITÔT DIT », en partenariat avec LA ROTONDE -CCSTI (Ecole des Mines), et le CENTRE MAX WEBER, avec le soutien de la Ville de SAINT-ETIENNE ,ont lieu à 19 heures à l’l’HÔTEL de VILLE, salle Aristide Briand, ou, exceptionnellement salle 119 (Entrée gratuite.)

25 Janvier 2013, André HIRT, à propos de ses récents livres sur l’écholalie et aussi sur Baudelaire.

7 Février 2013, Martine CHAPONNIERE et Silvia RICCI LEMPEN, au sujet de l’ouvrage collectif  : « Tu vois le genre ? Débats féministes contemporains. »

(rappel : 14 février, conférence de Bruno Bernardi, dans le cadre de la célébration du Tricentenaire de la naissance de Rousseau)

21 Mars 2013, (salle 119) Martine de GAUDEMAR, à propos de son livre  » La voix des personnages » (éditions du Cerf)

28 Mars 2013, Nicolas WITKOWSKI, à propos de son livre : « Science infuse. Dictionnaire politique des sciences »

17 avril 2013, Yves CITTON, à propos de ses deux livres récents : « Renverser l’insoutenable » (éditions du Seuil) et « Gestes d’humanité. Anthropologie sauvage de nos expériences esthétiques. » (éditions Armand colin)

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COURS PUBLIC DE PHILOSOPHIE

Les cours publics de philosophie  se déroulent à 18 h30 à L’Hôtel de Ville. (entrée libre et gratuite)

4 Octobre 2012,   salle 119,  Mireille COULOMB : Rousseau et le bonheur.

15 Novembre 2012,  salle 119, 18 h30, Annie LECHENET : Rousseau et les femmes.

13 mars 2013, salle 119, 18 h30, Franck ROCHE : le film noir aux Etats-Unis

Les précurseurs du film noir. Gangsters and Co. La transformation de la figure du gangster. Esthétique expressionniste et psychanalyse. De l’image-mouvement à l’image-temps.

10 avril 2013, salle 119, 18h30, Franck ROCHE : le film noir aux Etats-Unis (suite).

L’année 1944. le manifeste esthétique du film noir. Ecriture cinématographique et cauchemar.

Wilder, Assurance sur la mort

Dmytryck, Murder my sweet

Lang, La femme au portrait

Siodmak, Les mains qui tuent

ATELIER DE LECTURE SUIVIE

à la Maison des Associations , 4 rue André Malraux, 42000 St-Etienne, à 18 h30 : cet atelier est animé par Denys BARAU.  (entrée gratuite)- reprise de l’atelier à partir du 26 septembre 2012-

Prochaine séance : le 23 janvier 2013.

TRI-CENTENAIRE JEAN-JACQUES ROUSSEAU / CYCLE SPECIAL DE CONFERENCES

Le cycle de conférences sur Jean-Jacques Rousseau, organisé par l’association de philosophie Aussitôt Dit et financé par la ville de saint-Etienne,  se poursuit jusqu’à la fin de l’année 2012 avec :

Paul Audi, philosophe, le 11 octobre 2012, 19 heures, salle Aristide Briand, Hôtel de Ville de Saint-Etienne.

 « Rousseau et le souci de l’égalité (considérations sur l’actualité du Contrat Social) »

                                   

« le Contrat Social a valu à Rousseau condamnation et gloire. Cette année de commémoration devrait être l’occasion de s’interroger sur ce qui fait pour nous, aujourd’hui, républicains et démocrates convaincus, toute l’actualité de ce traité fondateur. A mes yeux, celle-ci tourne autour de deux notions intimement liées dans l’esprit de Rousseau, celle de la légitimation de la décision politique et celle de l’égalité des citoyens-une égalité dont il faudra montrer qu’elle doit nécessairement aller plus loin que la seule égalité formelle (et facile)de tous les citoyens devant la loi. »  (Paul Audi).

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Anne Verjus, chercheuse au CNRS, spécialiste de l’histoire politique des femmes,  le 21 novembre 2012, à 19 heures, salle Aristide Briand, Hôtel de Ville de Saint-Etienne.

 » être père et mari sous la Révolution : l’héritage de Rousseau »

« Antoine Morand de Jouffrey, d’après les lettres qu’il nous a laissées, est un père tendre, un mari amoureux et un amant ardent.

Cela peut surprendre parce que nous ne nous représentons pas ainsi l’homme des Lumières. Où est le chef de famille détenteur de l’autorité dans la famille ? Cela surprend aussi parce que nous ne nous représentons pas la famille comme un espace d’harmonie naturelle. Surtout à une époque où les mariages étaient arrangés et les enfants élevés loin de leurs parents. Alors, ne trouve t-on pas trace de désaccords, voire de conflits, dans ces lettres ? Il faut reconnaître qu’il n’y en a guère, et c’est sur cette apparence d’harmonie que nous nous interrogerons, en montrant combien et comment pèse, sur les pères et les maris de la Révolution, l’héritage de Rousseau. »  (Anne Verjus)

Anne Verjus a publié plusieurs ouvrages sur la période révolutionnaire dont Le Roman conjugal, chroniques de la vie familiale à l’époque de la Révolution et de l’Empire, (ed. Champ Vallon)

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Bruno Bernardi,

« la volonté générale a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? »

ATTENTION, CHANGEMENT DE DATE / cette conférence, initialement programmée le 6 décembre 2012, AURA LIEU LE 14 FEVRIER 2013, à 19 heures, salle Aristide Briand.

« En faisant sienne la notion de volonté générale, la tradition républicaine française s’est voulue héritière de Rousseau, mais elle en a aussi accrédité une compréhension bien particulière : la généralité immpliquerait la substitution de l’intérêt commun aux intérêts particuliers comme objet de la volonté, et de la raison aux passions comme principe de sa formation. or ce deux points  sont au centre des critiques libérale et communautarienne de la modernité démocratique.

Un examen rigoureux des textes montre que la pensée de Rousseau est, de ce double point de vue, autrement complexe et se trouve par là-même- c’est le plus important-susceptible d’une fécondité nouvelle; Mieux comprendre Rousseau pourrait nous aider à surmonter les contradictions dans lesquelles se trouve aujourd’hui la modernité politique. » (Bruno Bernardi)

Bruno Bernardi, agrégé de philosophie, a été professeur de khâgne au lycée Thiers de Marseille. Ses principales publications ont porté sur Rousseau : La fabrique des concepts, recherches sur l’invention conceptuelle chez Rousseau (ed. Champion, 2006), et plus largement sur la philosophie politique.

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