Conférence de l’Hotel de ville : une histoire des pervers.

Jeudi 10 avril 2008 à 19h à l’Hôtel de Ville de Saint-Étienne

Elisabeth Roudinesco autour de « La Part obscure de nous-mêmes. Une histoire des pervers »

(Albin Michel, 2007)

Entrée libre

Rencontre animée par Anny Combrichon, psychanalyste et Claude Burgelin, universitaire (Lyon)

Est réputé pervers, depuis l’apparition du mot au Moyen Âge, celui qui jouit du mal et de la destruction (de soi ou de l’autre). Mais si l’expérience de la perversion est universelle, chaque époque la considère et la traite à sa façon. L’histoire des pervers en Occident est ici racontée à travers ses grandes figures emblématiques, depuis le Moyen Âge (Gilles de Rais, les mystiques, les flagellants) jusqu’à nos jours (le nazisme au XXe siècle, les types complémentaires du pédophile et du terroriste aujourd’hui), en passant par le XVIIIe siècle (Sade) et le XIXe (l’enfant masturbateur, l’homosexuel(le), la femme hystérique). Notre époque, qui croit de moins en moins à l’émancipation par l’exercice de la liberté humaine, et pas davantage au fait que chacun d’entre nous recèle sa part obscure, feint de supposer que la science nous permettra bientôt d’en finir avec la perversion. Mais qui ne voit qu’en prétendant éradiquer le mal, dans un geste d’abolition définitive, nous prenons le risque de détruire l’idée d’une possible distinction entre le bien et le mal, qui est au fondement même de la civilisation ?

Elisabeth Roudinesco, historienne, directrice de recherches à l’université de Paris VII, est l’auteur de plusieurs livres qui ont fait date dont notamment, aux éditions Fayard : Histoire de la psychanalyse en France (1982, 1986, 1994), Jacques Lacan (1993), Dictionnaire de la psychanalyse (avec Michel Plon, 1997, 2000), Pourquoi la psychanalyse ? (1999), La Famille en désordre (Fayard, 2002), Philosophes dans la tourmente (2005). Elle a récemment publié La Part obscure de nous-mêmes. Une histoire des pervers (Albin Michel, 2007).

Colloque franco-canadien, 6/7 mars, « L’extase musicale : le cas G.Gould »

Centre culturel canadien

5 rue de Constantine

75 007 Paris

Comité organisateur : Isabelle Lasvergnas, UQAM, Ghyslaine Guertin, Université de Montréal, Sophie de Mijolla-Mellor, Université de Paris VII, Marianne Baudin, Université de Paris VII, Vincent Estellon, Université de Poitiers

Partant des écrits de Glenn Gould sur le langage des formes musicales et leur dimension proprement apollinienne – la musique dans la musique elle-même – le colloque posera la question de l’héritage gouldien dans la compréhension du processus de sublimation de l’acte créateur, et notamment, ce que le musicien nomme l’extase.

La quête, chez Gould, de « l’extase exubérante » est indissociable de sa conception de « la beauté », faite d’expérience de recueillement, de solitude, de non savoir, dont participe l’élan du corps dans l’élaboration du sens de l’œuvre. Le chant que le pianiste fait entendre bien au-delà de l’instrument musical, la voix qui s’abandonne, exprime l’inexprimable, l’irreprésentable de l’état extatique du moment. L’extase est élation du Moi, mais elle est également reliée à la fonction « essentiellement thérapeutique » que Gould confère à l’art : celui-ci pour lui est remède contre la souffrance existentielle et écran protecteur contre « la  temporalité terrestre ».

Comment cerner l’expérience de création singulière de Gould, et l’interprétation qu’il en a lui-même donnée ? Dans un questionnement interdisciplinaire, psychanalyse, philosophie, esthétique, musicologie, entourant d’une part, l’art et la  musique, et d’autre part, le cas Glenn Gould, on visera à ouvrir de nouvelles pistes d’interrogation.

Frais d’entrée colloque et récital de piano : 40 euros

Étudiants sur présentation de la carte universitaire : gratuit

Jeudi 6 mars 2008 : 14h-18h45

13h30 : Inscriptions

Présidence Vincent Estellon

14h-14h30 : Introduction  Isabelle Lasvergnas

14h30-15h15 :           Sophie de Mijolla-Mellor, « Le ravissement par l’Art »

15h15-16h : Marianne Baudin, « L’expérience du sublime »

16h-16h30 : Pause

16h30-17h15 : Extraits d’archives filmographiques sur Glenn Gould

17h15-17h45  :   André Hirt, « L’écoute de l’événement, la surprise »

17h45 -18h45 :           Discussion générale

20h30- 22 h :    Concert

Marianne Dellacasagrande, mezzo-soprano

Clément Mao-Takacs, piano

Commentatrice Ghyslaine Guertin

Programme BERG / MAHLER / SCHÖNBERG / SIBELIUS /  WAGNER

Vendredi 7 mars 2008 : 9h30-18h30

Matinée

Présidence Isabelle Lasvergnas

9h30-10h15 :   Cecilia Pugliese, « Contemporary Mandalas »

10h15-11h :     Dominique Fessaguet, « Écritures de l’extase »

11h-11h30 :      Pause

11h30-12h15 : Vincent Estellon, « Glenn Gould, magicien et médecin hypocondriaque du corps-piano »

12h15-13h :      Discussion générale

Après midi

Présidence Marianne Baudin

14h30-15h15 : Ghyslaine  Guertin, « La recherche de la belle forme »

15h15-16h :          Martine Béland, « “Le voyant aveugle”, une perspective nietzschéenne sur le cas   Gould »

16h-16h30 :               Pause

16h30h-17h15 :        Philippe Choulet, « L’extase singulière du temps selon Gould »

17h15-18h30 :         Plénière et conclusion

Pour information : extase.musicale@hotmail.com

Le nombre de places étant limité, il est recommandé de s’enregistrer à l’avance à cette même adresse internet

Liste des participants

Marianne Baudin, Maître de conférences, chargée de recherches en psychopathologie et psychanalyse, Université Paris VII, psychanalyste

Martine Béland, Chercheur post-doctoral, Département de philosophie, Université de Montréal, Canada

Philippe Choulet, Professeur de Chaire Supérieure en Philosophie au Lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg, et Professeur d’histoire de l’art à l’Ecole Emile Cohl, Lyon

Marianne Dellacasagrande, Mezzo-soprano, Premier Prix de la Ville de Paris 2000

Vincent Estellon, Maître de conférences, Faculté des lettres, Université de Poitiers, psychanalyste

Dominique Fessaguet, Psychologue clinicienne, psychanalyste, enseignante-chercheur à l’université Paris VII

André Hirt, Professeur de Chaire Supérieure de Philosophie, Professeur de Première Supérieure, Lycée Claude Fauriel, Saint-Etienne

Ghyslaine Guertin, Professeur associé, Faculté de musique, Université de Montréal, Canada

Isabelle Lasvergnas, Professeur titulaire, Université du Québec à Montréal, (UQAM), psychanalyste, membre de la Société canadienne de psychanalyse

Sophie de Mijolla-Mellor, Professeur des Universités, directeur, École Doctorale de Recherches en Psychanalyse, Université de Paris XIII, psychanalyste, membre du Quatrième Groupe, Groupe de psychanalystes de langue française

Clément Mao-Takacs, Pianiste, compositeur, chef d’orchestre, chercheur doctorant Littérature Comparée, Université de Sorbonne Paris IV

Cecilia Silvana Pugliese, Pianiste, professeur Conservatorio Luis Gianneo, chercheur, Fondation Glenn Gould, Mar del Plata National University, Buenos Aires, Argentine

Philosophie pratique – Vincent Descombes

Le mercredi 13 FEVRIER, à 19 heures, salle Aristide Briand, Aussitôt dit et la Villa Gillet ont le plaisir d’accueillir Vincent Descombes à l’Hotel de Ville de St-Etienne, autour de son dernier livre :

Le raisonnement de l’ours,
et autres essais de philosophie pratique

(Seuil 2007)

Vincent Descombes, philosophe , est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Auteur de nombreux ouvrages, il a notamment publié Proust. Philosophie du roman (Minuit, 1987), Philosophie par gros temps (Minuit, 1989), Les Institutions du sens (Minuit, 1996), Le Complément de sujet. Enquête sur le fait d’agir de  soi-même (Gallimard, 2004).

La conférence sera animée par L.Chapuis, professeur de philosophie.

Programme 2007/2008 : les conférences de l’hotel de ville.

Conférences de l’Hotel de Ville (Salle Aristide Briand, 19h)

==> télécharger le programme : Rencontres-de-philosophie.pdf

* Ruwen Ogien : le jeudi 22 novembre 2007, autour de son nouvel ouvrage à paraître à l’automne, La liberté d’offenser. Le sexe, l’art de la morale (La Musardine).

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* Nathalie Heinich : le mercredi 5 décembre 2007, autour de son ouvrage à paraître en octobre, Pourquoi Bourdieu (Gallimard).

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Les conférences du premier semestre 2008 seront annoncées ultérieurement.

Cours public de philosophie

L’association, en collaboration avec la Mairie de St-Etienne, propose un cours bi-mensuel, public et gratuit, dispensé par des professeurs de philosophie, ne comportant pas de prérequis.

Chaque cours est donné à la Mairie de St-Etienne, salle 2000, à 18h00.

 

LE COURS SE COMPOSE DE TROIS PARTIES:

1) Philosophie morale et politique : « La discussion », par A.Léchenet.

2) Histoire de la philosophie : « Descartes », par J.Dessagne.

3) Philosophie générale : « La lettre d’amour », « le cinéma d’action », par L.Chapuis.

CES TROIS PARTIES CORRESPONDENT A TROIS SOUS-DISCIPLINES MAJEURES DES ETUDES DE PHILOSOPHIE.

 Voir les dates et le programme ci-dessous

Pour tous renseignements : aussitotdit@yahoo.fr

 

Programme de l’année 2007-2008 :

« L’espoir de la discussion » (par Annie Léchenet, Maître de conférences à l’IUFM de St-Etienne) :

« Discuter n’est pas (se) disputer, ce n’est pas non plus consentir, ni tolérer. Loin de l’indifférence, assumer le différend appelle à chercher de l’accord. Depuis la fondation socratique de la discussion jusqu’aux interrogations actuelles sur la valeur, universelle ou particulière, des « valeurs » et sur le sens des aspirations républicaines et démocratiques, on tentera de comprendre certains des aspects de l’idée de discussion : que suppose-t-elle ? que permet-elle ? Les séances s’appuieront sur la lecture de textes – ceux-ci seront fournis, ainsi que les références bibliographiques. »

Jeudi 18 octobre 2007 : les conflits entre êtres humains (à partir d’Eric Weil, Logique de la philosophie).

Jeudi 25 octobre 2007 : l’invention socratique de la discussion (à partir de Platon, Gorgias).

Jeudi 8 novembre 2007 : la nature du langage (entre rationalité et réfléxivité).

Jeudi 15 novembre 2007 : questions éthiques (la modernité et les questions de l’universalisable ; les éthiques procédurales).

Jeudi 29 novembre 2007 : questions politiques (libéralisme et républicanisme, la place de la délibération, inégalité-dominations-aliénations).

II) Initiation à la lecture de Descartes (par Jacqueline Dessagne, professeur de philosophie au lycée St-Paul de St-Etienne) :

Jeudi 24 janvier 2008 :« Quel chemin suivrai-je en cette vie ? » : Les années de jeunesse, études et voyages – le projet philosophique.

Jeudi 7 février 2008 : Descartes ou la naissance de l’esprit scientifique : la raison triomphante – la méthode – l’unité des sciences – la question du fondement de la science.

Jeudi 28 février 2008 : « Une philosophie utile à la vie » : distinction et union de l’âme et du corps – le mécanisme des passions – la morale cartésienne.

 

III) « Pop’philosophie, philosophie d’objets populaires » (par Laurent Chapuis, professeur de philosophie au lycée Honoré d’Urfé de St-Etienne) :

Jeudi 13 mars 2008 : Philosophie de la lettre d’amour. « Ecrire une lettre d’amour semble être un exercice sentimental et affectif, loin de la réflexion conceptuelle, rigoureuse et logique, requise en philosophie. Au contraire, la lettre d’amour nous semble le lieu de plusieurs gestes typiquement philosophiques. Y aurait-il une relation entre désir et rationalité ? L’introspection, la clarification de certaines situations, la confrontation de la singularité des sentiments et de la généralité des mots qui les décrivent, la recherche de la précision dans la détermination d’une singularité… Par quoi nous envisagerons la conception de Platon lorsqu’il faisait rapporter par Socrate qu’Éros était nécessairement philosophe ».

Jeudi 26 mars 2008 : Philosophie de la lettre d’amour (suite).

Jeudi 24 avril: Le cinéma d’action.

« La critique oppose trop facilement les produits culturels élitistes au produits culturels dits « de divertissement », opposant de manière caricaturale le « ciné-club » et le multiplex. Car à regarder précisément, cette frontière commode n’est pas irrémédiable. Un divertissement de qualité est-il possible ? Et si oui, que peut-on en attendre, notamment du film d’action ? Toute action n’est-elle qu’un trou noir pour l’intelligence, ou peut-elle être douée au contraire de signification complexe et stimulante ? En effet, le film d’action s’est imposé comme un des produits culturels les plus consommés au monde. C’est dans cette mesure qu’il nous appartient d’établir, à l’intérieur même de ce genre et à partir d’exemples tirés du cinéma récent, des repères critiques et qualitatifs permettant de concevoir et produire un véritable divertissement de qualité ».

Mercredi 7 mai 2008 : Le cinéma d’action (suite et fin).

Cycle « philosophie et esthétique » du/au M.A.M. de St-Etienne

Marcel Duchamp aurait-il proposé une intellectualisation de l’art ? (Alain Badiou).
Mercredi 31 octobre à 18 h en salle de conférence du Musée.
Cycle de conférences réalisé en partenariat avec l’Ecole Supérieure d’Art et de Design et l’Ecole d’Architecture de Saint-Etienne.

« On partira de la fameuse appréciation d’André Breton, selon qui Marcel Duchamp était l’homme le plus intelligent qu’il ait rencontré. Tout le problème est de savoir ce que signifie « intelligence » dans le champ de la création artistique. Faut-il comprendre que Duchamp a proposé une sorte d’intellectualisation de l’art ? Que c’est à lui qu’on doit la tendance à l’art conceptuel, voire celle qui affirme que le projet mental de l’oeuvre, son programme, sont plus importants que son existence matérielle ?
En suivant la carrière de Duchamp, on proposera un bilan rationnel de l’oeuvre de celui qui est devenu une icône de la modernité. »
Alain Badiou

Ce cycle est organisé par le Musée d’Art Moderne : Aussitôt sert de relais d’information.