13 octobre 2018, Aussitôt Dit à la 33 ème Fête du Livre de Saint-Etienne :

Comme chaque année, l’association « Aussitôt dit » participera à la Fête du Livre de Saint-Etienne, en organisant,  le samedi 13 octobre 2018, de 14 h30 à 16 h 30, à l’Ecole d’architecture, rue Buisson,

1une lecture à voix haute de 13 h 30 à 14h 30

Intitulée « Et pourtant elle tourne » cette lecture proposera un choix de textes divers portant sur les sciences.

Les textes seront lus par les participants de l’atelier de lecture à voix haute d’Aussitôt dit, animé par le comédien Roland Boully.

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2- une rencontre- débat, de 14 h 30 à 16 h30 :

Invités :

Sébastien BALIBAR, physicien, directeur de recherche émérite CNRS, Académie des sciences

Mathias GIREL, philosophe, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure de Paris

Bertrand JORDAN, généticien, directeur de recherches honoraire CNRS

Le débat sera animé par Jacques ROUX, chercheur en sciences sociales.

Thème :

« À l’heure de la post-vérité, quelles raisons avons-nous d’écouter les scientifiques ? »

La science est aujourd’hui très présente dans le débat public. Souvent l’avis des chercheurs est sollicité à propos de telle ou telle question d’actualité : par exemple, sur les risques, pour notre santé,  de la transformation industrielle des aliments ou de l’usage de certains pesticides. La décision d’étendre le champ de la vaccination obligatoire a suscité une controverse très relayée sur le principe même de cette pratique. Les scientifiques eux-mêmes prennent parfois l’initiative d’en appeler à l’opinion, comme récemment à propos du remboursement des traitements homéopathiques ou des risques sanitaires de l’emploi des fongicides. C’est à une cardiologue qu’on doit la révélation de la nocivité du médiator. Et, à une échelle bien plus vaste, la question du réchauffement climatique a été portée d’abord par le monde scientifique. Mais dans ce dernier cas, si le fait est maintenant reconnu, son explication par l’action humaine fait l’objet de contestations qui remettent plus ou moins ouvertement en cause la légitimité du discours scientifique. Laquelle l’est aussi, sur un plan plus philosophique, par les attaques contre la théorie darwinienne de l’évolution. Comme si, en intervenant de la sorte sur des sujets plus ou moins graves, les chercheurs exposaient davantage l’autorité du savoir scientifique au doute, ou même aux attaques directes de politiques du genre de celle de l’actuel président des Etats-Unis.

Ceux qu’on nomme significativement « climatosceptiques » cherchent à retourner contre la science ses propres armes :  pour faire obstacle à des décisions contraires à leurs intérêts, comme naguère les industriels du tabac, ils entretiennent le doute en exploitant les difficultés de l’administration de la preuve dans des domaines où agit un ensemble de facteurs d’une grande complexité. Mais de telles manœuvres ne jouent-elles pas aussi sur ce qui de façon plus générale entrave la communication entre le discours de la science et l’opinion ? Le décalage entre l’expérience vécue par tout un chacun et le langage d’abstraction conceptuelle propre aux sciences, n’est-il pas encore aggravé par leur spécialisation croissante ? Et encore davantage par un espace médiatique qui privilégie l’immédiateté de l’image, la simplicité des formules et l’émotion de l’événement, plutôt que la lenteur de la réflexion et la complexité de l’explication ? De surcroît la rivalité qui tend à s’installer entre les médias classiques et Internet ne favorise-t-elle pas une certaine dégradation de l’information, le prestige des pseudo-sciences ou l’emprise des théories du complot ?

Pour échapper à ces écueils, il semble urgent de s’interroger sur les formes que pourrait prendre une confrontation féconde entre le savoir des experts et les représentations des profanes. Ce genre de confrontation paraît d’autant plus indispensable que les réserves du public envers la science ne sont pas tout à fait sans fondement. Le rôle des scientifiques n’a pas toujours été dépourvu d’ambiguïté. Pour prendre un seul exemple, ils ont bien été les premiers à poser le problème du changement climatique, mais les prolongements techniques des sciences n’ont pas été étrangers au développement industriel qui paraît en être la cause principale. Pour toutes ces questions, les rapports de la science et des chercheurs avec l’opinion et les médias ne sont pas seuls en cause. Ne faut-il pas aussi faire la part des intérêts économiques, des enjeux politiques, ou encore des interrogations éthiques ? N’importe-t-il pas d’abord de démêler l’écheveau de toutes ces interférences ? Et aussi de repérer, pour les en préserver autant que possible, les multiples formes d’abus dont les sciences peuvent faire l’objet de la part des entrepreneurs, des politiques, des journalistes, et, pourquoi pas, des scientifiques eux-mêmes ?  Ces derniers ne pourraient-ils pas alors jouer avec plus de succès le rôle d’expertise qui doit être le leur, en éclairant les choix des politiques, sans s’y substituer ?

Conférence de l’Hôtel de ville 2017-2018 n°7

Mardi 15 mai 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Fethi BENSLAMA

à propos de son livre

« UN FURIEUX DESIR DE SACRIFICE. LE SURMUSULMAN »

et (avec Farhad Khosrokavar)

« LE JIHADISME DES FEMMES. POURQUOI ONT-ELLES CHOISI DAECH ? »

aux Éditions du Seuil (2016 et 2017)

Dans le premier de ces livres, Fethi Benslama propose d’interpréter le désir de sacrifice qui s’est emparé de tant de jeunes au nom de l’Islam, à partir de la figure du surmusulman, qu’il a décelée dans les discours et les prescriptions de l’islamisme, comme dans son expérience clinique. Explorant le phénomène de la
« radicalisation » à la fois comme un fait religieux devenu menaçant et comme un symptôme social psychique, il comprend la désignation de surmusulman comme un diagnostic sur le danger auquel sont exposés les musulmans et leur civilisation. Et achève son essai sur un dépassement de cette figure en vue d’un autre devenir pour les musulmans.

Dans le second livre, il décrit, avec le concours du sociologue Farhad Khosrokhavar, les caractères objectifs du phénomène du jihadisme au féminin – devenu presque aussi nombreux que celui des hommes – et éclaire les ressorts subjectifs de l’adhésion à un régime violemment oppressif, qui dénie aux jeunes femmes les acquis de l’émancipation, mais leur donne paradoxalement le sentiment d’exister comme épouse ou mère de combattants.

Fethi BENSLAMA est psychanalyste, professeur de psychopathologie clinique à l’université Paris-Diderot. Il a publié entre autres Rencontres de Rabat avec Jacques Derrida (Ed. de l’Aube, 1999), La psychanalyse à l‘épreuve de l’Islam (Flammarion, 2002), Déclaration d’insoumission. À l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas (Flammarion, 2005), Soudain la révolution ! De la Tunisie au monde arabe : la signification d’un soulèvement (Denoël, 2011), La guerre des subjectivités en Islam (Lignes, 2014), L’idéal et la cruauté, subjectivité et politique de la radicalisation (Lignes, 2014) .

La rencontre sera animée par Bernadette EPALLE, psychanalyste, membre de l’Association psychanalytique Rhône-Alpes.

Conférence de l’Hôtel de ville 2017-2018 n°6 (attention ! cette conférence est annulée !)

ATTENTION ! EN RAISON DE LA GRÈVE DES TRANSPORTS ANNONCÉE À PARTIR DU 3 AVRIL, (date initialement prévue pour cette conférence) CETTE CONFÉRENCE EST ANNULÉE. 

Laurence HANSEN-LØVE

à propos de son livre

« OUBLIER LE BIEN, NOMMER LE MAL »

aux Éditions Belin (2016)

La science du bien et du mal n’a jamais existé : Platon s’en désolait, nous avons cessé, nous, les Modernes, de nous en offusquer. Pourtant, des questions éthiques ne cessent de nous être posées aujourd’hui comme par le passé : quelles valeurs morales promouvoir à l’école ? Est-il acceptable d’abandonner à leur sort les familles de migrants fuyant la guerre ? Mon pays, la France, doit-il intervenir militairement contre tel ou tel État dit « terroriste » ? etc.

Face à de telles interrogations, nous ne pouvons nous contenter de suspendre notre jugement sous couvert de relativisme (« À chacun sa conception du bien et du mal »).
Prenant appui sur les réflexions de grands philosophes et théologiens face au défi du mal, tout en interrogeant la montée de nouvelles formes de violences au XXIe siècle, Laurence Hansen-Løve pose la question : le bien et le mal sont-ils vraiment des notions obsolètes ?

Une fois récusée la fausse évidence d’une symétrie entre le bien et le mal, il est possible de prendre acte de la préséance du mal sur le bien. Dès lors, la certitude du mal, posée comme un fait, cesse de contredire l’incertitude du bien, à laquelle il apparaît sage de se résoudre.

Laurence HANSEN- LØVE, professeur agrégée de philosophie à Paris, est l’auteur d’une anthologie philosophique (Cours particulier de philosophie, Belin, 2006 et 2016) et de La philosophie comme un roman (Hermann, 2014) et (avec Catfish Tomei) de Charlie, l’onde de choc. Une citoyenneté bousculée, un avenir à réinventer (Éditions Ovadia, 2015).

 

Conférence de l’Hôtel de ville 2017-2018 n°5

Jeudi 8 mars 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Olivier REY

à propos de son livre

« QUAND LE MONDE S’EST FAIT NOMBRE »

aux Éditions Stock (2016)

La statistique est aujourd’hui un fait social total : elle règne sur la société, régente les institutions et domine la politique. Un vêtement de courbes, d’indices, de graphiques, de taux, recouvre l’ensemble de la vie. L’éducation disparaît derrière les enquêtes PISA, l’université derrière le classement de Shanghai, les chômeurs derrière la courbe du chômage… La statistique devait refléter l’état du monde, le monde est devenu un reflet de la statistique.

Olivier REY, mathématicien et philosophe, membre de l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques, enseigne la philosophie à l’Université Paris 1. Il est l’auteur de Itinéraire de l’égarement. Du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine (Le Seuil, 2003), Une folle solitude. Le fantasme de l’homme auto-construit (Le Seuil, 2006), Le Testament de Melville. Penser le bien et le mal avec « Billy Bud » (Gallimard, 2011), Une question de taille (Stock, 2014). Il a aussi écrit deux romans : Le Bleu du sang (Flammarion, 1994) et Après la chute (Pierre-Guillaume de Roux, 2014).

Rencontre animée par Pascal VALLET, sociologue ; maître de conférences à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2017-2018 n°4

Mardi 23 janvier 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Nathalie HEINICH

à propos de son livre

« DES VALEURS. UNE APPROCHE SOCIOLOGIQUE »

aux Éditions Gallimard (2017)

Nathalie Heinich aborde la question des « valeurs » avec les outils des sciences sociales, en adoptant une approche descriptive, compréhensive, résolument neutre. Elle montre que ce ne sont ni des réalités ni des illusions, mais des représentations collectives cohérentes et agissantes.
Sa « sociologie axiologique » ne prétend pas, comme la philosophie morale, dire ce que seraient de « vraies » valeurs, mais s’attache à ce que sont les valeurs pour les acteurs : comment ils attribuent de «la» valeur, en un premier sens, par le prix, le jugement ou l’attachement ; comment les différents objets valorisés deviennent des «valeurs» en un deuxième sens (la paix, le travail, la famille) ; et comment ces processus d’attribution de valeur reposent sur des «valeurs» en un troisième sens : des principes largement partagés (la vérité, la bonté, la beauté), mais diversement mis en œuvre selon les sujets qui évaluent, les objets évalués, les contextes de l’évaluation.
L’analyse pragmatique des jugements produits en situation réelle de controverse comme les débats sur la corrida, permet à l’auteur de mettre en évidence la culture des valeurs que partagent les membres d’une même société.

(c) F. Mantovani

Nathalie HEINICH, sociologue, est directrice de recherches au CNRS. Elle est l’auteur de très nombreux ouvrages, parmi lesquels : La Gloire de Van Gogh. Essai d’anthropologie de l’admiration (Éditions de Minuit, 1991), Ce que l’art fait à la sociologie (Éditions de Minuit, 1998), Pour en finir avec la querelle de l’art contemporain (L’Échoppe, 2000), Sortir des camps, sortir du silence (Les Impressions nouvelles, 2011), Dans la pensée de Norbert Elias (CNRS Editions, 2015).

Rencontre animée par Jean-Claude Guerrini, ancien professeur de lettres, 
chercheur associé du Laboratoire ICAR (CNRS- ENS Lyon- Université Lyon 2).

Conférence de l’Hôtel de ville 2017-2018 n°3

Jeudi 11 janvier 2018 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Céline SPECTOR

à propos de son livre

« ÉLOGES DE L’INJUSTICE. LA PHILOSOPHIE FACE A LA DÉRAISON »

aux Éditions du Seuil (2016)

D’où vient que l’injustice constitue un problème à part dans la philosophie ? Pourquoi est-il si difficile pour elle de donner de bonnes raisons d’agir de manière raisonnable ?
Ce livre propose une galerie de portraits des Objecteurs qui, dans l’histoire de la philosophie, ont contesté la proposition selon laquelle il est rationnel d’être juste. De Platon à Hobbes, Diderot, Rousseau, Hume et Sade, de nombreux philosophes ont tenté de figurer le raisonneur violent qui se cabre face aux coûts et aux sacrifices associés à une politique juste. Or les théories politiques contemporaines inscrites dans le cadre du choix rationnel ont métamorphosé la figure de l’Objecteur. Dans une large mesure, elles ont occulté l’Insensé qui figurait leur dehors et l’ont réduit à la figure apaisée du passager clandestin (free rider) qui trouve un bénéfice économique dans la désobéissance aux règles communes. En étudiant cette transformation de la philosophie politique, il s’agit donc de mesurer ce que nous risquons de perdre, en termes de réalisme politique, lorsque la résistance de l’illusion, de la violence, de l’affect ou du désir n’est plus prise en charge par la philosophie.

© E. Marchadour

Céline SPECTOR est professeure de philosophie morale et politique à l’université Paris-Sorbonne. Ses travaux portent sur la philosophie française du XVIIIe siècle et sur la philosophie politique contemporaine. Elle a notamment publié Montesquieu. Liberté, droit et histoire, et Rousseau. Les paradoxes de l’autonomie démocratique (Michalon, 2010 et 2015).

Rencontre animée par Jacqueline DESSAGNE,  professeure honoraire de philosophie.

[Audio] Jean-Michel Besnier

Enregistrement de la conférence du 14 novembre 2013

Jean-Michel Besnier à propos de son livre L’homme simplifié. Le syndrome de la touche étoile. (Éditions Fayard, 2012)

« Appuyez sur la touche étoile », répète le serveur vocal qui contraint son interlocuteur à faire la bête pour être servi. Les machines prétendent nous simplifier la vie ; elles réduisent aussi nos comportements à la logique de leur fonctionnement dépourvu d’ambiguïté, d’ironie ou d’émotions. Cette déshumanisation est d’autant plus redoutable qu’elle est insidieuse. À « l’homme simplifié » que nous consentons à devenir, au gré des conceptions scientifiques et des innovations techniques, il convient d’opposer une révolte d’un nouveau style : la revendication que seule porte encore la littérature de la complexité et de l’intériorité de l’homme comme le signe de sa liberté.

Jean-Michel-BesnierJean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), appartient au Centre de recherches en épistémologie appliquée (CREA) (laboratoire du CNRS et de l’École polytechnique axé sur les sciences cognitives), collabore à la revue Hermès et au magazine Sciences et Avenir.  Il a publié entre autres : Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (Grasset, 1993), L’humanisme déchiré (Descartes et Cie, 1993), Peut-on encore croire dans le progrès ? (avec Dominique Bourg, PUF, 2000), Demain, les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette-Littératures, 2009).

Débat animée par Christine Berton, CCSTI La Rotonde

[Audio] Yves Citton

Enregistrement de la conférence du 17 avril 2013

Yves CITTON à propos de ses livres Renverser l’insoutenable (ed. Seuil 2012), et Gestes d’humanité. Anthropologie sauvage de nos expériences esthétiques. (ed. Armand Colin, 2012)

Dictature des marchés, inégalités sociales, catastrophes environnementales : à ces pressions insoutenables qui nous assaillent de toutes parts, à cette politique du pire, Yves Citton esquisse une alternative qui prendrait la forme d’une politique du geste.

Nos gestes en effet en savent et en font plus que nous. Situés à l’interface entre nous et les autres, ils font émerger, à travers nous, des processus qui dépassent nos intentions et notre rationalité conscientes. Visibles pour autrui, ils insèrent leur mouvement dans une dynamique collective. Ils ouvrent des perspectives capables de repousser les limites de la réalité.

Dans une époque marquée par la prolifération incontrôlée des programmations déshumanisantes, ces gestes, et les inflexions qu’ils rendent possibles, préservent les chances de notre humanisation.

Yves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble III ; co-directeur de la revue Multitudes, il a notamment publié Mythocratie : storytelling et imaginaire de gauche (Editions Amsterdam, 2010), L’Avenir des humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ? (La Découverte, 2010), Zazirocratie. Très curieuse introduction à la biopolitique et à la critique de la croissance (Editions Amsterdam, 2011).  

Rencontre animée par Roland Boully, comédien.

Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°7

Mercredi 10 mai 2017 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

THIERRY PAQUOT

à propos de son livre

« DÉSASTRES URBAINS. LES VILLES MEURENT AUSSI »

aux Éditions La Découverte (2015)

Grands ensembles, centres commerciaux, gratte-ciel, « grands projets » : ces dispositifs accompagnent l’accélération de l’urbanisation partout dans le monde. Emblématiques de la société productiviste et construits au nom du « progrès » et de la « marche de l’histoire », ces désastres urbains n’ont en réalité comme seule fonction que de rentabiliser des territoires désincarnés et interconnectés. Cette enquête montre comment ils façonnent l’uniformisation des paysages urbains, amplifient les déséquilibres sociaux, économiques et écologiques et contribuent à l’enfermement et à l’assujettissement de leurs habitants. Ils se combinent aujourd’hui aux catastrophes dites « naturelles » pour créer une instabilité et une dangerosité sans précédent. Ce livre vise à fournir des outils critiques pour faire advenir des alternatives architecturales, des expérimentations urbaines et des modes de vie ouverts et libérés.

Thierry PAQUOT, philosophe de l’urbain, a publié entre autres L’Utopie ou l’Idéal piégé (Hatier, 1996), Terres urbaines. Cinq défis pour le devenir urbain de la planète (La Découverte, 2006), L’Espace public (La Découverte, 2009), L’Urbanisme, c’est notre affaire ! (L’Atalante, 2010), Introduction à Ivan Illich (La Découverte, 2012).

Rencontre animée par Michel Rautenberg, professeur de sociologie à l’Université Jean-Monnet.

Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°6

Jeudi 16 mars 2017 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Anne-Laure AMILHAT-SZARY

à propos de son livre

« QU’EST-CE QU’UNE FRONTIÈRE AUJOURD’HUI »

aux Presses Universitaires de France (2015)

Les frontières représentent aujourd’hui un enjeu complexe dans la vie des personnes. Elles relient et divisent, elles se font mobiles, s’individualisent aussi, laissant circuler librement certains et retenant d’autres. Qu’elles s’ouvrent ou se ferment, elles font l’objet de politiques publiques spécifiques et constituent un levier privilégié du capitalisme marchand. Elles sont le lieu d’exacerbation des processus politiques, sociaux, économiques actuels, un laboratoire de notre époque.

Pour l’heure, les frontières internationales restent les supports d’une citoyenneté qui elle-même fonde la démocratie. Mais la façon dont nos limites vacillent met en évidence le devenir incertain de nos systèmes politiques. Comprendre ce qu’est une frontière aujourd’hui, c’est ainsi interroger l’avenir de nos sociétés et reformuler notre relation au monde.

Anne-Laure AMILHAT SZARY, géographe, est professeure à l’université de Grenoble-Alpes, membre de l’Institut universitaire de France et travaille sur les dynamiques frontalières (laboratoire CNRS PACTE – groupe Frontières, altérité, marges, mondialisation, expérimentation). Elle a publié avec Marie-Christine Fourny, Après la frontière, avec les frontières : dynamiques transfrontalières en Europe (Ed. de l’Aube, 2006).

Rencontre animée par François ARNAL, professeur de géographie au Lycée Claude Fauriel.

Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°5

Mardi 24 janvier 2017 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Catherine LARRÈRE

à propos de son livre

« PENSER ET AGIR AVEC LA NATURE. UNE ENQUÊTE PHILOSOPHIQUE »

aux Éditions La Découverte (2015)

Que signifie « protéger la nature » ? Répondre à cette question urgente, suppose d’affronter une question proprement philosophique. Car la notion de « nature » ne va plus de soi. La globalisation de la crise environnementale a effacé les oppositions habituelles entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique ; le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine.

L’effacement de ces oppositions tranchées ne signifie pourtant pas le triomphe de l’artifice : on peut continuer à parler de « nature » et même en parler mieux, parce qu’il n’y a plus à choisir entre l’homme et la nature, mais plutôt à se soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie.

Que l’on s’intéresse à la protection de l’environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu’il y a moyen de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l’équité entre les hommes ; et qu’il existe aussi des manières d’agir avec la nature et pas contre elle. Il articule des questions qui, trop souvent, s’ignorent : une réflexion sur la nature et une réflexion sur la technique – qui ne soit pas oublieuse de la nature.

Catherine LARRÈRE, professeure émérite de philosophie à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, a notamment publié : L’Invention de l’économie au XVIIIe siècle. Du droit naturel à la physiocratie (PUF, 1992), Les Philosophies de l’environnement (PUF, 1997) ; (avec Raphaël Larrère), Du bon usage de la nature. Pour une philosophie de l’environnement (Aubier, 1997 ; rééd. Champs Flammarion, 2009).

Rencontre animée par Mireille COULOMB, professeure de philosophie au Lycée Claude Fauriel.

Fête du Livre de Saint-Etienne

Mesurer, classer, évaluer : les chiffres sont-ils nos amis ?

Hôtel de ville, salle Aristide Briand, samedi 15 octobre, samedi 15 octobre, de 13h30 à 15 h

Logo Fête du Livre (2)

Les chiffres prennent dans nos vies de plus en plus de place. Ils hantent le débat public, orientent les politiques, tandis que les grilles d’évaluation se répandent dans les secteurs d’activité les plus divers. Cette expansion s’appuie sur la révolution informatique et le calcul algorithmique qui permet d’exploiter des masses considérables de données.

La force des chiffres tient à la vérité qu’ils sont censés porter. Qui n’est incontestable que si on sait comment les chiffres ont été obtenus et ce qu’ils mesurent précisément. Or, tous les indicateurs sont construits selon des choix toujours discutables. Peut-on même tout mesurer ? Et cette extension illimitée du calculable ne soustrait-elle pas à la connaissance une partie de la réalité ? Du reste, certains usages récents ne visent-ils pas surtout à contrôler l’action des producteurs, à susciter les désirs des consommateurs ?

Instrument de connaissance, la statistique est un moyen de gouvernement, autant qu’un outil de contestation ; elle est nécessaire à une démocratie fondée sur le débat. Mais le développement actuel semble sortir de ce cadre, même le mettre en danger. Faut-il accuser l’instrument mathématique ? Ou bien l’empire de techniques dont on aurait perdu le contrôle ? Ou y voir à l’œuvre une « gouvernance par les nombres », substituant le Marché à la Loi comme référence normative ? Quels moyens alors imaginer pour s’opposer aux menaces dont ce phénomène serait porteur ?

Avec

  • Michel BLAY, philosophe et historien des sciences, directeur de recherches émérite (CNRS), président du Comité pour l’histoire du CNRS
  • Dominique CARDON, sociologue, professeur associé à l’Université de Marne-la-Vallée
  • Antoine HOULOU-GARCIA, statisticien (INSEE), doctorant en Études politiques (EHESS)
  • Jacques LE CACHEUX, économiste, professeur à l’Université de Pau

Le débat sera animé par Christine BERTON (La Rotonde-École des Mines)