Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°7

Mercredi 10 mai 2017 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

THIERRY PAQUOT

à propos de son livre

« DÉSASTRES URBAINS. LES VILLES MEURENT AUSSI »

aux Éditions La Découverte (2015)

Grands ensembles, centres commerciaux, gratte-ciel, « grands projets » : ces dispositifs accompagnent l’accélération de l’urbanisation partout dans le monde. Emblématiques de la société productiviste et construits au nom du « progrès » et de la « marche de l’histoire », ces désastres urbains n’ont en réalité comme seule fonction que de rentabiliser des territoires désincarnés et interconnectés. Cette enquête montre comment ils façonnent l’uniformisation des paysages urbains, amplifient les déséquilibres sociaux, économiques et écologiques et contribuent à l’enfermement et à l’assujettissement de leurs habitants. Ils se combinent aujourd’hui aux catastrophes dites « naturelles » pour créer une instabilité et une dangerosité sans précédent. Ce livre vise à fournir des outils critiques pour faire advenir des alternatives architecturales, des expérimentations urbaines et des modes de vie ouverts et libérés.

Thierry PAQUOT, philosophe de l’urbain, a publié entre autres L’Utopie ou l’Idéal piégé (Hatier, 1996), Terres urbaines. Cinq défis pour le devenir urbain de la planète (La Découverte, 2006), L’Espace public (La Découverte, 2009), L’Urbanisme, c’est notre affaire ! (L’Atalante, 2010), Introduction à Ivan Illich (La Découverte, 2012).

Rencontre animée par Michel Rautenberg, professeur de sociologie à l’Université Jean-Monnet.

Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°6

Jeudi 16 mars 2017 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Anne-Laure AMILHAT-SZARY

à propos de son livre

« QU’EST-CE QU’UNE FRONTIÈRE AUJOURD’HUI »

aux Presses Universitaires de France (2015)

Les frontières représentent aujourd’hui un enjeu complexe dans la vie des personnes. Elles relient et divisent, elles se font mobiles, s’individualisent aussi, laissant circuler librement certains et retenant d’autres. Qu’elles s’ouvrent ou se ferment, elles font l’objet de politiques publiques spécifiques et constituent un levier privilégié du capitalisme marchand. Elles sont le lieu d’exacerbation des processus politiques, sociaux, économiques actuels, un laboratoire de notre époque.

Pour l’heure, les frontières internationales restent les supports d’une citoyenneté qui elle-même fonde la démocratie. Mais la façon dont nos limites vacillent met en évidence le devenir incertain de nos systèmes politiques. Comprendre ce qu’est une frontière aujourd’hui, c’est ainsi interroger l’avenir de nos sociétés et reformuler notre relation au monde.

Anne-Laure AMILHAT SZARY, géographe, est professeure à l’université de Grenoble-Alpes, membre de l’Institut universitaire de France et travaille sur les dynamiques frontalières (laboratoire CNRS PACTE – groupe Frontières, altérité, marges, mondialisation, expérimentation). Elle a publié avec Marie-Christine Fourny, Après la frontière, avec les frontières : dynamiques transfrontalières en Europe (Ed. de l’Aube, 2006).

Rencontre animée par François ARNAL, professeur de géographie au Lycée Claude Fauriel.

Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°5

Mardi 24 janvier 2017 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Catherine LARRÈRE

à propos de son livre

« PENSER ET AGIR AVEC LA NATURE. UNE ENQUÊTE PHILOSOPHIQUE »

aux Éditions La Découverte (2015)

Que signifie « protéger la nature » ? Répondre à cette question urgente, suppose d’affronter une question proprement philosophique. Car la notion de « nature » ne va plus de soi. La globalisation de la crise environnementale a effacé les oppositions habituelles entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique ; le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine.

L’effacement de ces oppositions tranchées ne signifie pourtant pas le triomphe de l’artifice : on peut continuer à parler de « nature » et même en parler mieux, parce qu’il n’y a plus à choisir entre l’homme et la nature, mais plutôt à se soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie.

Que l’on s’intéresse à la protection de l’environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu’il y a moyen de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l’équité entre les hommes ; et qu’il existe aussi des manières d’agir avec la nature et pas contre elle. Il articule des questions qui, trop souvent, s’ignorent : une réflexion sur la nature et une réflexion sur la technique – qui ne soit pas oublieuse de la nature.

Catherine LARRÈRE, professeure émérite de philosophie à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, a notamment publié : L’Invention de l’économie au XVIIIe siècle. Du droit naturel à la physiocratie (PUF, 1992), Les Philosophies de l’environnement (PUF, 1997) ; (avec Raphaël Larrère), Du bon usage de la nature. Pour une philosophie de l’environnement (Aubier, 1997 ; rééd. Champs Flammarion, 2009).

Rencontre animée par Mireille COULOMB, professeure de philosophie au Lycée Claude Fauriel.

Fête du Livre de Saint-Etienne

Mesurer, classer, évaluer : les chiffres sont-ils nos amis ?

Hôtel de ville, salle Aristide Briand, samedi 15 octobre, samedi 15 octobre, de 13h30 à 15 h

Logo Fête du Livre (2)

Les chiffres prennent dans nos vies de plus en plus de place. Ils hantent le débat public, orientent les politiques, tandis que les grilles d’évaluation se répandent dans les secteurs d’activité les plus divers. Cette expansion s’appuie sur la révolution informatique et le calcul algorithmique qui permet d’exploiter des masses considérables de données.

La force des chiffres tient à la vérité qu’ils sont censés porter. Qui n’est incontestable que si on sait comment les chiffres ont été obtenus et ce qu’ils mesurent précisément. Or, tous les indicateurs sont construits selon des choix toujours discutables. Peut-on même tout mesurer ? Et cette extension illimitée du calculable ne soustrait-elle pas à la connaissance une partie de la réalité ? Du reste, certains usages récents ne visent-ils pas surtout à contrôler l’action des producteurs, à susciter les désirs des consommateurs ?

Instrument de connaissance, la statistique est un moyen de gouvernement, autant qu’un outil de contestation ; elle est nécessaire à une démocratie fondée sur le débat. Mais le développement actuel semble sortir de ce cadre, même le mettre en danger. Faut-il accuser l’instrument mathématique ? Ou bien l’empire de techniques dont on aurait perdu le contrôle ? Ou y voir à l’œuvre une « gouvernance par les nombres », substituant le Marché à la Loi comme référence normative ? Quels moyens alors imaginer pour s’opposer aux menaces dont ce phénomène serait porteur ?

Avec

  • Michel BLAY, philosophe et historien des sciences, directeur de recherches émérite (CNRS), président du Comité pour l’histoire du CNRS
  • Dominique CARDON, sociologue, professeur associé à l’Université de Marne-la-Vallée
  • Antoine HOULOU-GARCIA, statisticien (INSEE), doctorant en Études politiques (EHESS)
  • Jacques LE CACHEUX, économiste, professeur à l’Université de Pau

Le débat sera animé par Christine BERTON (La Rotonde-École des Mines)

Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°4

Jeudi 15 décembre 2016 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Quentin DELUERMOZ, Pierre SINGARAVÉLOU

à propos de leur livre

« POUR UNE HISTOIRE DES POSSIBLES »

aux Éditions du Seuil (2016)

Que serait-il advenu si le nez de Cléopâtre avait été plus court ? Si Napoléon avait remporté la bataille de Waterloo ? Ce que l’on appelle le raisonnement contrefactuel surgit spontanément dans les conversations pour nourrir des hypothèses sur les potentialités du passé et les futurs non advenus. Il traverse la littérature, les réflexions politiques et toutes sortes de divertissements.
L’enquête menée par les auteurs montre la diversité des usages de l’analyse contrefactuelle – des fictions uchroniques les plus loufoques aux hypothèses les plus sérieuses. Ils s’attachent à en cerner les conditions d’emploi légitime et pertinent pour les sciences sociales, en repensant les enjeux de la causalité et de la vérité, des rapports entre histoire et fiction, entre déterminisme et contingence, et en ouvrant sur des expérimentations dans le domaine de la recherche comme de l’enseignement.

Maître de conférences à l’université Paris 13, chercheur associé au CRH (EHESS) et membre de l’Institut Universitaire de France, Quentin Deluermoz travaille sur l’histoire sociale et culturelle des ordres et des désordres au XIXe siècle (France, Europe). Il a publié Le Crépuscule des révolutions, 1848-1871 (Le Seuil, 2012).

Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chercheur à l’UMR SIRICE et membre de l’Institut Universitaire de France, Pierre Singaravélou a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire du fait colonial aux XIXe et XXe siècles, et dirigé Les Empires coloniaux, XIXe-XXe siècle (Le Seuil, 2013).

Rencontre animée parDenys BARAU, docteur en Etudes politiques (EHESS).

Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°3

Vendredi 25 novembre 2016 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Jean BIRNBAUM

à propos de son livre

« UN SILENCE RELIGIEUX. LA GAUCHE FACE AU DJIHADISME »

aux Éditions du Seuil (2016)

Alors que la violence exercée au nom de Dieu est au centre de l’actualité, la gauche semble désarmée pour affronter ce phénomène. C’est qu’à ses yeux, le plus souvent, la religion ne représente qu’un symptôme social, une illusion du passé, jamais une force politique à part entière. Là où il y a de la religion, la gauche ne voit pas trace de politique. Dès qu’il est question de politique, elle évacue la religion.
Incapable de prendre la croyance au sérieux, comment la gauche comprendrait-elle l’expansion de l’islamisme ? Comment pourrait-elle admettre que le djihadisme constitue aujourd’hui la seule cause pour laquelle tant de jeunes Européens sont prêts à aller mourir à des milliers de kilomètres de chez eux ? Et comment accepterait-elle que ces jeunes sont loin d’être tous des déshérités ?
Éclairant quelques épisodes de cet aveuglement – de la guerre d’Algérie à l’offensive de Daech en passant par la révolution islamique d’Iran -, ce livre analyse le sens d’un silence qu’il est urgent de briser.

Jean BIRNBAUM est directeur du Monde des livres. Il a publié entre autres : Apprendre à vivre enfin (entretien avec Jacques Derrida) (Galilée-Le Monde, 2005), Leur jeunesse et la nôtre. L’espérance révolutionnaire au fil des générations (Stock, 2005), La face visible de l’homme noir (avec Raphaël Chevènement) (Stock, 2006), Les Maoccidents. Un néoconservatisme à la française (Stock, 2009).

Rencontre animée par Jacqueline DESSAGNE, professeure de philosophie.

Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°2

Mardi 8 novembre 2016 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Guillaume PAYEN

à propos de son livre

« MARTIN HEIDEGGER. CATHOLICISME, RÉVOLUTION, NAZISME. »

aux Éditions Perrin (2016)

« Le national-socialisme est un principe barbare. C’est ce qui lui est essentiel et sa possible grandeur », écrivait Martin Heidegger dans ses Cahiers noirs, où il évoquait aussi l’« auto-anéantissement du juif ». Cette approbation du nazisme dans son caractère destructeur a suscité horreur et incompréhension. Refusant la polémique, l’adoration comme la détestation, Guillaume Payen entreprend de réhistoriciser l’homme et sa pensée. Il utilise toutes les sources disponibles  – cours, lettres, textes de circonstances, Cahiers noirs…- pour reconstituer le cheminement heurté de Heidegger : au catholicisme intransigeant de ses débuts a succédé après la Première Guerre mondiale une volonté farouche de révolution philosophique, terreau dans lequel son nazisme a poussé de profondes racines qui ont survécu à l’effondrement du régime hitlérien.

Docteur en histoire (université Paris-Sorbonne), chercheur associé au centre Roland-Mousnier (CNRS/Paris-Sorbonne), Guillaume PAYEN est chef du pôle histoire du centre de recherche de l’École des officiers de la Gendarmerie nationale. Ses travaux sur l’antisémitisme de Martin Heidegger ont été soutenus par une bourse postdoctorale de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Rencontre animée par Philippe FORAY, professeur de science de l’éducation à l’Université Jean-Monnet de Saint-Etienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2016-2017 n°1

Mardi 4 octobre 2016 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Michèle RIOT-SARCEY

à propos de son livre

« LE PROCÈS DE LA LIBERTÉ. UNE HISTOIRE SOUTERRAINE DU XIXe SIECLE EN FRANCE »

aux Éditions La Découverte (2016)

Incomprises à leur époque, les idées de liberté surgies au cours des expériences ouvrières et des révolutions sociales du XIXe siècle français ont beaucoup été oubliées depuis. Elles retrouvent actualité, alors que l’idée de liberté individuelle a été dissociée de la liberté collective et réduite au libéralisme et à l’individualisme. Michèle Riot-Sarcey revisite ce passé inaccompli à partir de ses traces multiples : écrits politiques, archives, romans, poésies, tableaux. En restituant le parcours de vie de femmes et d’hommes du peuple engagés nombreux dans les chemins de la révolte, elle révèle les modalités de l’effacement de cette histoire. Comme le rôle des idées de Saint-Simon ou celui du succès des Misérables. Mise à l’épreuve de la pensée de Walter Benjamin sur la nécessité de « faire exploser les continuités historiques », l’ouvrage invite à comprendre autrement les symboles du XIXe siècle français : philosophie du progrès, contrôle de l’ordre social, « mission civilisatrice » de la république coloniale… Il entend donner à voir sous un jour nouveau les rêves du passé, afin de libérer de la modernité dévastatrice la modernité créatrice.

Michèle Riot-Sarcey est professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris VIII-Saint-Denis. Elle a publié entre autres : La Démocratie à l’épreuve des femmes. Trois figures critiques du pouvoir (1830-1848) (Albin Michel, 1994), Le Réel de l’utopie (Albin Michel, 1998), Le Genre en questions : pouvoir, politique, écriture de l’histoire (Créaphis, 2016).

Rencontre animée par Jean-Michel STEINER, historien, spécialiste d’histoire sociale.