Aussitôt dit à la Fête du Livre 2016

Comme les années précédentes, Aussitôt Dit participera à la Fête du Livre de Saint-Etienne en organisant un débat le samedi 15 octobre 2016, et une lecture publique le dimanche 16 octobre 2016.

Le débat :

samedi 15 octobre 2016, à 14 heures,Hôtel de ville, salle Aristide Briand :

Mesurer, classer, évaluer : les chiffres sont-ils nos amis ?

Les chiffres prennent dans nos vies une place de plus en plus grande. La mesure du produit intérieur brut (PIB) est censée exprimer la santé sociale et économique du pays ; la réduction du pourcentage de déficit budgétaire polarise l’action des gouvernements ; la publication à un rythme accéléré des indicateurs de conjoncture (statistiques du chômage, taux de croissance, etc) scande le débat public ; les palmarès en tout genre se multiplient classant les universités ou les lycées ou encore la qualité de vie des villes ; les grilles d’évaluation se répandent dans tous les domaines, passent de la gestion des entreprises à celle des administrations, s’appliquent à la recherche scientifique comme aux pratiques hospitalières. Potentiellement universelle, cette expansion du rôle des chiffres a trouvé dans la révolution informatique un formidable instrument. Il a permis non seulement de rassembler à une vitesse vertigineuse une masse de données gigantesque et sans précédent, mais surtout de l’exploiter grâce au calcul algorithmique, venu se greffer sur la logique des indicateurs.

La force avec laquelle les chiffres s’imposent dans le débat public et dans la vie des sociétés tient d’abord à la vérité qu’ils sont censés déceler. Mais pour que cette vérité soit incontestable, encore faut-il comprendre comment les chiffres ont été obtenus, et savoir ce qu’ils mesurent précisément. Le PIB, par exemple, représente l’ensemble des activités marchandes monétisables, et seulement cela. Et il n’existe pas d’indicateur qui n’ait été construit en fonction de choix toujours susceptibles d’être discutés et remis en question. De plus on peut se demander si tout est mesurable, si toute réalité peut être représentée par un nombre, si la qualité est entièrement réductible à la quantité. Loin de produire un savoir universel, l’expansion sans limite du calculable n’aboutirait-elle pas au contraire à soustraire à la connaissance des pans entiers de la réalité ? Aussi bien, les usages récents des nombres ne visent-ils pas, plutôt qu’à décrire des faits, de plus en plus à prescrire des conduites – à contrôler et sanctionner l’action des producteurs, à susciter et anticiper les désirs des consommateurs ?

Comme instrument de connaissance, la statistique constitue un indispensable moyen de gouvernement, tout autant qu’un outil pour la contestation et la revendication ; et en cela l’usage des chiffres paraît être lié de façon consubstantielle à une démocratie fondée sur la pratique du débat. Mais l’extension démesurée auquel nous assistons semble ne plus s’inscrire dans ce cadre démocratique, voire même le mettre en danger. De cette dérive, faut-il accuser l’instrument mathématique en tant que tel ? Ou bien le développement excessif de techniques dont l’homme aurait perdu le contrôle ? Ne doit-on pas plutôt y voir à l’œuvre l’instauration d’une « gouvernance par les nombres », où l’effacement des États permettrait la substitution du Marché à la Loi comme référence normative ? Enfin selon les interprétations qu’on retiendra du phénomène, quels moyens peut-on imaginer pour s’opposer aux menaces dont il serait porteur ?

Avec

Michel BLAY, philosophe et historien des sciences, directeur de recherches émérite (CNRS), président du Comité pour l’histoire du CNRS,

Dominique CARDON, sociologue, professeur associé à l’Université de Marne-la-Vallée,

Antoine HOULOU-GARCIA, statisticien (INSEE), doctorant en Études politiques (EHESS),

Jacques LE CACHEUX, économiste, professeur à l’Université de Pau,

Le débat sera animé par Christine BERTON (La Rotonde-Ecole des Mines).

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La lecture publique :

dimanche 16 octobre à 10 h 30, salle Lamberton, dite « salle des mariages », Hôtel de ville

« Des mots, des choses », par les participants de l’atelier de lecture à voix haute d’Aussitôt dit, animé par le comédien Roland Boully.

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COURS PUBLIC DE PHILOSOPHIE

Les cours publics de philosophie d’Aussitôt dit reprendront en janvier 2016, à l’Hôtel de ville, à 18 h 30 . Comme les années précédentes, Ils seront assurés par des professeurs de philosophie bénévoles.

21 janvier 2016 : « Dictature et démocratie » par David Cotte.

15 février 2016: « Des philosophies communautariennes ? Charles Taylor et le malaise de la modernité » par Philippe Foray.

25 février 2016 : « Des philosophies communautariennes ? Michaël Walzer et la modernité complexe. » par Philippe Foray.

1er mars 2016 : cinéma et philosophie –  » Tarantino : une chorégraphie de la violence » par Franck Roche.

15 mars 2016 : « Nature et humanité « par Joseph Delolme.

14 avril 2016 : le « Traité théologico-politique » de Spinoza, par Jacqueline Dessagne

 

 

 

Conférence de l’Hôtel de ville 2015-2016 n°7

Mardi 3 mai 2016 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Laurent DAVEZIES

à propos de son livre

« LE NOUVEL ÉGOÏSME TERRITORIAL. LE GRAND MALAISE DES NATIONS »

aux Éditions du Seuil – La République des idées (2015)

Montée du régionalisme, exigence d’autonomie, voire d’indépendance : on assiste aujourd’hui à une fragmentation des nations. Aux anciennes causes identitaires se combinent le fait nouveau que les régions riches ne veulent plus payer pour les régions pauvres. Plus largement, le modèle de cohésion territorial est remis en cause. Dans la mondialisation, les petites nations semblent tirer leur épingle du jeu. Pourtant, leur multiplication pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. Des exemples comme l’Écosse, la Catalogne, la Flandre peuvent avoir des effets de contagion désastreux. Dans ce petit jeu égoïste, chacun risque d’être perdant, sauf peut-être les micro-États les plus riches. Comment conjurer le poison de la méfiance et de la division ? Ce livre propose des solutions pour maintenir une certaine idée de la démocratie territoriale.

© E. Marchadour

Laurent DAVEZIES, professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, travaille sur les mécanismes du développement territorial. Il a publié notamment : La République et ses territoires. La circulation invisible des richesses (Le Seuil, 2008), La crise qui vient. La nouvelle fracture territoriale (Le Seuil, 2012).

La rencontre sera animée par Georges Gay, professeur à l’université Jean Monnet de saint-Etienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2015-2016 n°6

Jeudi 10 mars 2016 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Jérôme MICHALON

à propos de son livre

« PANSER AVEC LES ANIMAUX. SOCIOLOGIE DU SOIN PAR LE CONTACT ANIMALIER »

aux Presses de Mines (2015)

Certains espaces de soin se peuplent d’animaux, mobilisés comme supports affectifs, instruments de prise en charge ou d’accompagnement, médiateurs…

Ce phénomène éclaire les évolutions récentes des rapports entre humains et animaux dans nos sociétés : considéré comme une personne, l’animal y fait l’objet d’une grande bienveillance. Mis au service d’un projet humaniste (améliorer la santé humaine), le soin par le contact animalier légitime les nouveaux modes de relation que beaucoup souhaitent aujourd’hui partager avec certains animaux. Mais une telle revalorisation n’est pas simple.

Suivant plusieurs approches sociologiques et anthropologiques, l’auteur explore les univers sociaux qui gravitent autour de ces activités. Il montre comment s’est construite une connaissance scientifique sur les interactions avec l’animal à but thérapeutique ; il décrit les réseaux d’acteurs (vétérinaires, militants, industriels de l’alimentation pour animaux de compagnie, journalistes, médecins, infirmières) qui ont fait émerger ces savoirs et ces pratiques ; il raconte les séances de soin et les pratiques in situ.

Jérôme MICHALON est docteur en sociologie et chercheur au Centre Max Weber.

 

 

 

Conférence de l’Hôtel de ville 2015-2016 n°5

Vendredi 5 février 2016 à 19h, Comédie de Saint-Étienne, l’Usine

Ali BENMAKHLOUF

à propos de son livre

« POURQUOI LIRE LES PHILOSOPHES ARABES »

aux Éditions Albin Michel (2015)

Lire les philosophes arabes médiévaux avec l’œil de la philosophie contemporaine pour y trouver des affinités de méthode et de doctrine : tel est le parti pris de ce livre.

Lire ces philosophes arabes, c’est aussi les inscrire dans la tradition et le patrimoine de l’humanité, car ils ont su ménager des accès multiples à la vérité où religion et philosophie sont pensées de manière conjointe. Leurs travaux dans des domaines comme la médecine, la logique ou l’histoire continuent de nous interpeller comme ils ont contribué à la formation de la pensée européenne.

Ali BENMAKHLOUF est professeur de philosophie à l’Université de Paris-Est Créteil ; il a publié entre autres : Bertrand Russell. L’atomisme logique (PUF, 1996), Gottlob Frege, logicien philosophe (PUF, 1997), Averroès (Les Belles Lettres, 2000 ; rééd. Perrin, 2009), Montaigne (Les Belles Lettres, 2008), L’Identité. Une fable philosophique (PUF, 2011).

La rencontre sera animée par Marielle Rispail, sociolinguiste, responsable du département Français langue étrangère, Université Jean-Monnet de Saint-Étienne.

Conférence de l’Hôtel de ville 2015-2016 n°4

Mercredi 13 janvier 2016 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Didier FASSIN

à propos de son livre

« L’OMBRE DU MONDE. UNE ANTHROPOLOGIE DE LA CONDITION CARCÉRALE »

aux Éditions du Seuil (2015)

Invention récente, la prison est devenue, partout dans le monde, la peine de référence : en France, par exemple, la population carcérale a doublé depuis 30 ans. Comment comprendre sa place dans la société contemporaine ? Comment expliquer que le tournant punitif affecte avec une telle intensité certaines catégories de personnes ?

Sur la base d’une enquête de 4 ans dans une maison d’arrêt, Didier Fassin tente de répondre à ces questions en analysant l’ordinaire de la condition carcérale. Il montre comment la banalisation de l’enfermement a renforcé les inégalités sociales et raciales, comment les avancées des droits se heurtent aux logiques d’ordre et aux pratiques sécuritaires. Il analyse aussi les attentions et accommodements du personnel pénitentiaire, les souffrances et résistances des détenus et comment la vie au-dedans est traversée par la vie du dehors. À la fois reflet de la société et miroir où elle se réfléchit, la prison est plus que l’envers du monde social, son inquiétante ombre portée.

Didier FASSIN est professeur de sciences sociales à l’Institute for Advanced Study de Princeton
et directeur d’études à l’EHESS. Il est l’auteur entre autres de La Raison humanitaire. Une histoire morale du temps présent (Le Seuil-Gallimard, 2010) et La Force de l’ordre (Le Seuil, 2011).

 

Conférence de l’Hôtel de ville 2015-2016 n°3

Mardi 15 décembre 2015 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Philippe BIHOUIX

à propos de son livre

« L’ ÂGE DES LOW-TECH. VERS UNE CIVILISATIONTECHNIQUEMENT SOUTENABLE »

aux Editions du Seuil, 2014

Croissance en berne, tensions sur l’énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée : face aux signaux alarmants de la crise globale, on cherche à nous rassurer. Les technologies « vertes » seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l’économe circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D.

Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les « basses technologies ». Il ne s’agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. S’il met à bas nos dernières illusions, c’est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.

Bihouix © Hermance Triay 1Philippe BIHOUIX est ingénieur centralien. Il a travaillé en France et à l’international dans différents secteurs industriels (énergie, chimie, transports, bâtiment, télécommunications, aéronautique… ) comme ingénieur conseil ou à des postes de direction. Il est co-auteur de Quel futur pour les métaux (EDP Sciences, 2010). L’Âge des low-tech a reçu le Prix de la Fondation de l’Ecologie politique 2014.

La rencontre sera animée par Natacha Gondran, maitre-assistante en management environnemental, 
 Institut Henri Fayol, École nationale supérieure des Mines de Saint-Étienne.

 

Débat : LE PROPRE DE L’HOMME. L’HOMME, L’ANIMAL, LA MACHINE (Aussitôt dit – Fête du Livre)

 Débat organisé par l’Association de philosophie Aussitôt dit, dans le cadre
de la Fête du Livre de Saint-Étienne

17 octobre 2015, de 14h à 16h, à l’École d’architecture,

(rue Buisson, près de la place Jacquard)

LE PROPRE DE L’HOMME. L’HOMME, L’ANIMAL, LA MACHINE.

Des observations menées par les éthologues, les neurologues, les psychologues ou les cognitivistes ont montré que les chimpanzés étaient capables d’apprendre et de pratiquer le langage des signes, que certains primates pouvaient faire preuve d’empathie et avoir des comportements altruistes, que la conscience existait par exemple chez les poulpes, les dauphins, les éléphants ou les pies. Par ailleurs, des machines comme les ordinateurs ont été construites, qui reproduisent les opérations de l’esprit humain ; elles sont de plus en plus capables d’autonomie, et, selon certains, il n’est pas inimaginable qu’elles en viennent à acquérir, comme Hal, l’ordinateur de 2001 Odyssée de l’espace, une forme de conscience.

Ces faits comme cette conjecture conduisent à justifier la thèse d’une « naturalisation de l’esprit » qui remet en cause les grands partages dualistes sur lesquels se fonde notre représentation occidentale du monde : l’âme et le corps, la nature et la culture… Si l’on n’en déduit pas que l’homme ne serait qu’un animal comme les autres, faut-il au moins en conclure que la différence n’est qu’affaire de degré ? Si l’on doit alors renoncer à donner une définition substantielle du « propre de l’homme », les idées d’«unité du genre humain » et de « dignité humaine » n’en seront-elles pas compromises, avec tout ce qui s’y rattache – les droits de l’homme par exemple ? Il y aurait lieu aussi de s’interroger sur les formes de coexistence qui pourraient s’instituer entre ces trois genres d’êtres dotés de conscience, les hommes, certains animaux au moins, et bientôt peut-être certaines machines : quelle sorte de communauté pourrait-on imaginer d’établir entre eux ?

Du reste, entre les hommes et les machines le problème est peut-être moins celui de la coexistence que celui de l’effacement des frontières : avec des prothèses de plus en plus sophistiquées, l’hybridation semble déjà en marche. Pas seulement pour réparer les corps, mais aussi pour augmenter les capacités physiques et mentales des êtres humains. L’homme s’en trouverait dépassé et on assisterait à une véritable mutation de l’espèce, à l’avènement d’une transhumanité. Loin de n’être qu’un fantasme de science-fiction, cette perspective mobilise des forces puissantes (Google, la NASA…). S’imposera-t-elle, ses adeptes le pensent, comme la conséquence irrésistible d’un développement technologique qui va s’accélérant ? Sa réalisation peut-elle même être véritablement envisagée dans un avenir proche ? Et si elle venait à s’accomplir, frapperait-elle d’une obsolescence inéluctable l’espèce telle que nous la connaissons, compromettrait-elle radicalement toute communauté humaine ? A moins qu’il n’y ait une éthique possible de l’augmentation cognitive, un usage de ces moyens techniques à des fins qui seraient « encore humaines ».

Le débat sera animé par Christine BERTON, journaliste scientifique (La Rotonde-Ecole des Mines).

Avec :
Jean-Michel BESNIER, philosophe, professeur à Paris IV-Sorbonne,
Georges CHAPOUTHIER, biologiste et philosophe, directeur de recherche émérite au CNRS,
Jean-Gabriel GANASCIA, informaticien et philosophe, professeur à l’université Pierre et Marie Curie Paris VI
Bernard VICTORRI, linguiste, ancien directeur de recherche au CNRS.

Conférence de l’Hôtel de ville 2015-2016 n°2

Mardi 10 novembre 2015 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Francis WOLFF

à propos de son livre

« POURQUOI LA MUSIQUE ? »

aux Éditions Fayard (2015)

« La musique est l’art des sons ». De cette définition banale, lue à l’âge de huit ans, Francis Wolff dit qu’elle a sans doute marqué son entrée en philosophie ; dans ce livre, il en tire toutes les conséquences jusqu’aux plus éloignées. En répondant aux questions que nous nous posons sur la musique et sur les arts. Pourquoi partout où il y a de l’humanité, y a-t-il de la musique ? Pourquoi la musique nous fait-elle danser ? Et pourquoi nous émeut-elle parfois ? Qu’exprime la musique pure ? Représente-t-elle quelque chose ? Et qu’est-ce que la beauté ? Est-elle dans les choses ou en nous ? Pourquoi tous les êtres humains font-ils des images, des récits, des musiques ? Que nous disent du monde réel ces mondes imaginaires ?

francis wolffFrancis WOLFF est professeur de philosophie à l’École normale supérieure de Paris. Il est l’auteur, entre autres, de Logique de l’élément (PUF, 1980), Socrate (PUF, 1985), Aristote et la Politique (PUF, 1991), Dire le monde (PUF, 1997 et 2004), Philosophie de la corrida (Fayard, 2007), Notre humanité. D’Aristote aux neurosciences (Fayard , 2010).

La rencontre sera animée par Jean-François MINJARD, compositeur.

Conférence de l’Hôtel de ville 2015-2016 n°1

Mardi 6 octobre 2015 à 19h, Hôtel de ville, salle Aristide Briand

Corine PELLUCHON

à propos de son livre

« LES NOURRITURES. PHILOSOPHIE DU CORPS POLITIQUE »

aux Éditions du Seuil, L’Ordre philosophique (2015)

http://corine-pelluchon.fr

Pourquoi la prise en considération des enjeux environnementaux n’a-t-elle pas transformé la démocratie ? Pourquoi continuons-nous d’adopter des styles de vie qui ont un impact destructeur à la fois sur le plan écologique et social ? L’échec relatif des éthiques environnementales vient notamment de ce qu’elles n’ont pas su articuler l’écologie à une philosophie de l’existence, ni indiquer le chemin d’une possible rénovation de la démocratie. C’est à cette double tâche que s’attelle Corine Pelluchon. En envisageant tout ce dont nous vivons, non comme de simples ressources, mais comme des nourritures, elle pense l’habitation de la terre comme une cohabitation avec les autres hommes et les autres espèces. L’alimentation est le paradigme de cette phénoménologie du sentir qui part du plaisir attaché originairement au fait de vivre pour montrer que, dans nos gestes quotidiens, nous sommes déjà en rapport avec tous les vivants. La justice désigne alors le partage des nourritures. La force de ce livre consiste à tirer les conséquences politiques d’une telle philosophie, en proposant un nouveau contrat social inscrivant la question animale et l’écologie au cœur de la République et permettant à la démocratie de se réinventer.

Corine PelluchonCorine PELLUCHON est professeure à l’université de Franche-Comté. Spécialiste de philosophie politique et d’éthique appliquée, elle a notamment publié Leo Strauss, une autre raison, d’autres Lumières (Vrin, 2005, Prix François Furet 2006), L’Autonomie brisée (PUF, 2009) et Éléments pour une éthique de la vulnérabilité (Cerf, 2011, Grand Prix Moron de l’Académie française 2012).

Rencontre animée par Mireille Coulomb, professeure en classes préparatoires au Lycée Claude Fauriel de Saint-Étienne, et membre de l’association Aussitôt Dit.