Conférences de l’Hôtel de Ville 2009-2010/n°4

MERCREDI 13 JANVIER  2010   à 19 heures

Hôtel-de-Ville de Saint-Étienne, salle Aristide Briand (entrée libre et gratuite),

Yves Michaud, à propos de son dernier livre :« Qu’est-ce que le mérite » (Éditions François Bourin, 2009).

(© E. Fougere/Corbis)

Professeur des universités en philosophie et ancien directeur de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, à Paris, Yves Michaud a conçu et coordonné l’Université de tous les savoirs depuis 1998. Les 366 conférences de l’an 2000 sont parues en six grands volumes (Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que l’humain ?, Qu’est-ce que la société ?…), déclinés ensuite en vingt volumes de poche. Six autres volumes ont été publiés depuis 2001.

Parmi ses nombreux ouvrages : Hume et la fin de la philosophie aux Presses Universitaires de France (1983), L’Artiste et les commissaires (1989), Critères esthétiques et jugements de goût (1999) aux éditions Jacqueline Chambon ; L’Art à l’état gazeux, Essai sur le triomphe de l’esthétique, Stock (2003) ; La Philo 100% ado. Bayard Presse, (2003). La violence, Que sais-je, PUF (2004). Chirac dans le texte. La parole et l’impuissance. Stock, 2004. Précis de recomposition politique, Climats, 2006.

C’est pour comprendre le sens du mot « mérite », ce qu’il cache et ce qu’il révèle, qu’ Yves Michaud a écrit ce livre, réflexion approfondie sur quelques aspects essentiels autant qu’étranges de la société contemporaine : primes, vanités, people, VIP, Rolex …

« Le mérite, le travail, l’effort ont fait retour dans le discours politique et dans l’opinion. Il faut mériter son salaire ou sa promotion ; les rémunérations doivent être fixées au mérite et l’on promet aux élèves méritants des décorations sur le modèle des croix d’honneur du passé.

Mais ce retour est bizarre. Non seulement il se produit au milieu de revendications égalitaires toujours fortes, mais c’est aussi un drôle de mérite qui revient. Pas question de valeur morale, d’accomplissements humains, de bonnes actions, de vertu. On parle de travail, d’efforts – et surtout de rémunérations. Le mérite semble une sorte de droit à récompense financière – en tout cas quelque chose qui doit payer. »

Yves Michaud